PàŠCHEURS ET SCIENTIFIQUES : L’OBSERVATION DES MIGRATIONS DE POISSONS

Surprise de l’équipe du Parc Marin de la Côte Bleue quand un pêcheur professionnel de Carry le Rouet a apporté un « poisson lapin à  queue tronquée ‘ (Siganus luridus) piégé dans un filet monofilament à  rouget et soupe, dans des petits fonds de posidonies.

Originaire de la Mer Rouge, cet herbivore s’est introduit par le Canal de Suez après la seconde guerre mondiale. Il s’est adapté au régime alimentaire de la Méditerranée et peuple notamment les côtes d’Israêl et du Liban. Adepte des fonds rocheux, il a été observé en 2006 au large de la Sicile ; son apparition sur nos côtes était attendue des scientifiques. Ce spécimen constitue la première observation en Méditerranée nord-occidentale.

D’une taille de 20 cm, il a repris souffle dans l’aquarium
du Parc marin. Attention ! les épines de ses nageoires sont légèrement venimeuses.

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Lessepsian rabbitfish Siganus luridus reached the French Mediterranean coasts

The rabbitfish Siganus luridus (Rà¼ppell, 1829) is a species usually
found in the western Indian Ocean and Red Sea. Since the
opening of the Suez canal, between the Red Sea and the Mediterranean
in 1869, 309 species, called “Lessepsian” species, entered into
Mediterranean waters, including ~75 fish species (Galil, 2009).
Among them, two herbivorous fish species belonging to the Siganidae
family, Siganus luridus and S. rivulatus Forsskà¥l, 1775 have
become very common in most parts of the eastern Mediterranean
and strongly interact with native herbivorous fish species through
competition for food resources and habitat (Bariche et al., 2004)…

The 9th of July 2008, a professional fisherman (S. Piro) caught
a specimen of Siganus luridus in his gillnets (~200 m long, with a
mesh size of 13 mm usually used for captures of Mullus spp.) near
Sausset-les-pins (43°19,647 N – 005°07,698 E), at a depth of about
5-10 m in a site mostly characterized by rocky bottoms mixed with
Posidonia oceanica beds (Fig. 1). The fish measured 20.5 cm (TL)
(Fig. 2) and since his capture is maintained alive in the aquaria of
the Parc Marin de la Côte Bleue (its reference number is MNHN
2009-0148)…

Read the scientific article

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Arrivée sur les côtes méditerranéennes françaises du poisson-lapin lessepsien : Siganus luridus.

Deux individus de Siganus luridus (Rà¼ppell, 1829) ont été capturés
par des pêcheurs à  Sausset-les-Pins, à  proximité de Marseille,
le premier le 9 juillet et le second le 27 septembre 2008. Ceci
constitue une extension considérable de l’aire de distribution de
cette espèce lessepsienne en Méditerranée, où les populations les
plus nord-occidentales étaient connues en Sicile et dans le détroit
de Sicile. L’origine de ces individus n’est pas clairement établie,
bien qu’ils puissent être arrivés avec des eaux de ballast d’un bateau
venant de Méditerranée orientale, de mer Rouge ou du sud-ouest de
l’océan Indien. La possibilité d’une migration naturelle depuis une
population lointaine, comme celle de Sicile, est également discutée.

Pour lire :

l’article scientifique (en anglais)

Encart dans L’encre de mer n°16-17

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Saupe ou dorade : expérience gustative

Il y a comme un rideau de brume qui fausse la clarté.

Contact de l’air froid sur la mer encore tiède ?

Pâleur d’un soleil automnal ?

Engourdissement cérébral à  la faveur des heures travaillées ?

Sur l’étal, se poursuit la saison des dorades. Une jolie saupe les accompagne et la meilleure saison pour les saupes, c’est bien le début de l’automne…

Les deux poissons, juste vidés mais non écaillés, cuisent au four simplement : quelques grains de gros sel, un filet d’huile d’olive.

A la dégustation, l’assiette est assaisonnée à  nouveau avec du sel et de l’huile d’olive. Les écailles en bonne carapace ont laissé les poissons cuire dans leur coque naturelle. La consistance de la dorade domine : une chair assez ferme qui dans la bouche se détache en morceaux arrondis : rien d’anguleux ou brisant qui heurterait le palais. Mais le goà’t est si fin qu’on le cherche parfois, surtout vers la fin ! Alors que la saupe dont la chair est plus molle s’affirme par un petit goà’t iodé incomparable… Ah, cette belle aristocrate que dédaignent nos fins gourmets ! L’ont-ils goà’tée au moins ?

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Clappage en mer : nos pratiques n’intègrent pas la vie planctonique à  la base de la vie marine…

A propos d’un article sur les clappages en mer -rejet en mer des boues et vases draguées dans les ports- force est de constater que le lien entre les connaissances scientifiques sur la vie marine (et notamment l‘importance de la biodiversité planctonique) et les usages en mer n’est pas évident. C’est pourtant là , au fond de nos mers et de nos océans, que se trame le départ de la vie marine et que se produit 50 % de notre oxygène. Alors, la mer, est-ce toujours un réservoir opportun pour nos déchets quotidiens ?

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Opération anti-pollution en Méditerranée: deux navires en flagrant délit

… « Chaque année, 150.000 tonnes sont rejetées en Méditerranée… c’est l’équivalent de dix Erika et de deux Prestige »…
Selon la préfecture maritime, 250 pollutions orphelines dont 180 d’hydrocarbures ont été dénombrées en 2008 en Méditerranée. Pour 2009, le décompte révèle 190 pollutions dont 100 d’hydrocarbures. Dans l’ensemble des eaux françaises, ce sont entre 350 et 450 pollutions qui sont enregistrées et entre 6 et 10 flagrants délits constatés….
Depuis 2003, la justice a condamné douze armateurs à  des amendes avoisinant 5 millions d’euros. Trois dossiers sont actuellement en cours d’instruction. Le 2 septembre, le tribunal correctionnel de Marseille a condamné à  600.000 euros d’amende le capitaine et l’armateur de l' »Eurika » pour un déballastage sauvage au large de Porquerolles.
Pour les deux navires concernés, les déballastages auraient eu lieu pour l’un à  180 km au sud de Toulon, et l’autre la nuit entre Toulon et le Cap Corse…
NDLR : les hydrocarbures détruisent la biodiversité planctonique qui est à  la racine de la vie marine.
Pour en savoir plus sur le plancton
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Pour une intégration des Prud’homies dans le système national de représentation professionnelle par les comités des pêches

« Longtemps écartées de la représentation professionnelle pour cause de productivisme dominant, les Prud’homies de pêche de Méditerranée attendent de leur Ministre de tutelle d’être intégrées en tant qu’organisations qualifiées siégeant de droit dans les comités des pêches.

Par leur gestion des pêches et des territoires, les Prud’homies on su maintenir l’activité artisanale des communautés de pêcheurs tout au long du littoral et s’inscrire dans l’avenir en participant à  la valorisation littorale de régions spécialisées dans des fonctions touristiques et résidentielles.

Par ce moyen, il sera enfin possible de relier les gestions locales aux décisions prises aux niveaux national et européen. »

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filigrane de l’espace

Ridée la mer d’Est sous les nuages,
rayées les feuilles agitées du palmier,
quadrillées les immeubles résidentiels qui surplombent la baie,
élancées les tiges touffues des cyprès,
morcelées les écailles des grands pins,
filigrane de l’espace hachuré, découpé sous nos regards pressés,
l’hiver à  pas comptés infiltre la douceur automnale.
Secrètement, les bà’ches de l’âme se consument
et leur chaleur conjuguée aux pâles rayons qui s’infiltrent
redonne vigueur aux déliés d’une plume
trempée dans l’eau de mer.

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Règlements commentés de la Prud’homie de Saint-Raphaêl

Dans les règlements de la Prud’homie de pêche de Saint-Raphaêl, l’on peut observer les points suivant :

1°) Il s’agit d’une décision démocratique concernant la pêche sur un territoire bien délimité et qui concerne tous les pêcheurs travaillant sur la zone : la communauté de pêcheurs concernée mais également les pêcheurs étrangers à  la prud’homie.

2°) Une dynamique de « partage » au sein d’une flottille qui doit rester artisanale et relativement homogène : répartir l’exercice de la pêche sur le territoire et éviter les conflits :

* les engins autorisés sont listés, les « grands métiers » n’ont pas cours car le chalutage est interdit au même titre que les arts trainants (les grandes sennes ne sont plus utilisées depuis longtemps, ou alors de façon très ponctuelle), les limitations de capture empêchent le développement de techniques intensives spécialisées et incitent à  la polyvalence des pêcheurs pour des techniques diversifiées,

* l’intensité de capture est plafonnée par bateau (longueur totale des filets utilisés, nombre maximal de casiers ou d’hameçons pour les palangres) et par métier,

* certains métiers exercés sur des postes de pêche bien identifiés donnent lieu à  un tirage au sort entre les patrons pêcheurs lorsqu’ils sont en compétition pour les mêmes postes. Les pêcheurs régulièrement embarqués sont prioritaires sur les autres. Le calage se fait perpendiculairement à  la côte pour ne pas gêner les autres postes,

* les engins sont signalés et identifiés par des signaux visibles et marqués au nom du bateau,

* certains engins plus dépendants des conditions spatio-temporelles (filets de postes, petits filets dérivants…) sont prioritaires sur d’autres,

* pour certains métiers, une distance dans le calage des engins doit être respectée afin de ne pas gêner l’efficacité du piégeage,

3°) Un développement « durable » pour assurer dans le temps la vie de la communauté de pêcheurs : préserver le renouvellement de la ressource sur le territoire :

* l’intensité de capture est plafonnée globalement (longueur totale des filets utilisés, nombre maximal de casiers ou d’hameçons pour les palangres) et par métier,

* sont protégés, par des règlements, les zones de frayères des rascasses, les langoustes et homards grainés, les juvéniles (taille minimale des mailles et hameçons),

* sont plafonnés les temps de trempage des engins dans l’eau afin d’éviter le rejet inutile de captures qui seraient abimées

* des périodes de pêche sont prévues pour certaines pêches côtières afin de laisser reposer les fonds.

Remarques :

– Ce mode de développement permet à  une communauté de pêcheurs artisans de vivre de la pêche à  partir d’un territoire car les produits sont directement valorisés sur un marché local bien achalandé. Cette dynamique fondée sur la diversité des techniques exercées par des pêcheurs polyvalents, les limites d’absorption du marché local et la gestion collective de l’activité sur le territoire font que les pêcheurs ne cherchent pas à  maximiser leurs captures jusqu’aux limites du territoire. Leur objectif est « de bien en vivre et en laisser à  leurs enfants » ; ils peuvent laisser reposer leurs pierres ou les espèces par des pratiques alternatives ; ils peuvent gérer individuellement leur activité sans se sentir lésés par les autres…

– Il s’intègre relativement à  la spécialisation touristique et résidentielle des communes concernées, et de la région en général. Le petit port de pêche et le marché local situés en plein coeur de la vieille ville de Saint-Raphaêl contribuent à  l’animation portuaire tout en donnant un ancrage culturel au site. La Prud’homie tente de préserver le renouvellement des ressources et de maintenir les conditions d’exercice dans la bande littorale malgré l’explosion des activités nautiques (25000 bateaux de plaisance dans le Var et 250 pêcheurs professionnels), de la pêche récréative et de la plongée. Ce faisant, elle contribue fortement à  la valorisation littorale (création d’un cantonnement de pêche interdit à  toute pêche professionnelle et récréative, participation aux sites Natura 2000…), à  la conciliation des usages (plan de gestion varois, commissions nautiques portuaires…).

Ce modèle a t-il des fragilités ? Tant que la réglementation se fait par le haut, il est difficile de prévoir les prochaines mesures… Déjà , la déréglementation du chalutage qui peut se faire à  1,5 milles des côtes lorsque le plateau continental est étroit (mesures techniques en Méditerranée 2006) expose les fonds de la prud’homie à  des incursions intempestives. La Prud’homie a interdit le chalutage sur son territoire mais quels moyens de contrôle sont mis en place pour surveiller ce territoire spécifique ? Si des droits de pêche devaient être conférés à  de grands armements (senneurs…) ou des techniques intensives, la question se poserait à  nouveau pour ce type de flottille dont l’impact environnemental pourrait être fort préjudiciable à  ce petit « jardin » cultivé depuis des décennies par les communautés de pêcheurs artisans.

Ce modèle serait-il généralisable à  l’ensemble de la Région ? Fruit du hasard, de l’histoire et des conditions environnementales, cette Prud’homie « colle » avec la réglementation européenne actuelle qui « tombe » d’en-haut : peu de pêcheurs à  la thonaille à  reconvertir, pas de petits engins traînants à  justifier et organiser en plan de gestion, des tailles de mailles et d’hameçons qui correspondent peu ou prou… Par ailleurs, les caractéristiques de cette Prud’homie ne sont pas directement transposables : une flottille homogène avec l’absence de « grands métiers », un littoral relativement étendu par rapport à  la communauté de pêcheurs qui a permis de « geler » une zone en cantonnement de pêche et de limiter par là -même la pression de la pêche récréative, une côte un peu moins ventée que dans d’autres prud’homies exposées au mistral, un marché local constant… Une gestion régionale des pêches, cohérente avec une spécialisation orientée vers des fonctions touristiques et résidentielles, se fera avec les communautés de pêcheurs, au cas par cas, et non en vertu de pourcentages globaux et de mesures généralistes.

Pour lire les règlements :
règlementation prud’homale st raphael

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temps calme, mer belle, peu agitée

La chatte ce matin est au centre du monde,

sur la table, perchée,

coup de langue vigoureux sur sa patte allongée,

surveille d’un côté le ciel étiré sous les teintes de parme et de rosé,

regard avisé sur ses pensionnaires attablés,

se lève à  mon approche en quête, oui bien sà’r,

de caresses et d’assise où se lover,

ronronnant,

les pattes repliées sous son doux pelage,

les griffes par moments acérées, mais point trop,

ce serait la rupture,

sans discussions,

sans solutions.

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Temps calme, mer belle, peu agitée…

c’est le temps des dorades – royales of course –

levée mirifique de la calée, panachée de grands sars et de quelques marbrés,

au goà’t sauvage de la marée.

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