« Le langage des signes ‘

Les articles économiques : « Logique industrielle – logique artisanale : quelle différenciation » et « L’administration des pêches : un enjeu territorial peu visible » ont été rédigés à  partir d’une analyse originale des pêches(Programme Pilote de Gestion. Etude IFREMER J. Bertrand, H. Rey, J. Catanzano, E. Tempier – 1993) qui met l’accent sur les dimensions qualitatives de ce secteur d’activité (le rapport aux hommes, aux territoires) et pas seulement sur les quantités pêchées. Cette étude s’inspire d’une méthode élaborée par César Centi en économie du travail(César Centi : « Critique du marché du travail. Fondements d’une économie politique comme science pratique » Thèse d’Etat 1991, CERS, Faculté économie, Université Aix-Marseille II) et fondée sur le « langage des signes ‘ ([Charles Peirce : Ecrits sur le signe, rassemblés traduits et commentés par G. Deledalle, Paris, Le Seuil, 1978)].

C’est ainsi qu’un même poisson prend un sens différent selon l’exploitant :

Objet matérialisé, présent dans la mer pour l’exploitant d’un grand métier. Ce poisson en tant qu’objet est susceptible d’être capté à  l’aide d’un chalut ou d’une senne.

– Animal considéré à  partir de son comportement (le poisson en acte) pour l’exploitant d’un petit métier qui cherche à  le piéger à  l’aide d’engins passifs, ou d’engins actifs de faible envergure.

Espèce capable de croître et de se reproduire selon certaines règles biologiques (le poisson en tant qu’interprétation) et susceptible d’être élevée et reproduite à  l’aide d’un dispositif, pour l’aquaculteur.

En référence à  la sémiotique de Peirce fondée sur la logique, il y a donc trois formes de signes de trois dimensions :

– la forme objet en tant que telle (dimension un),

– la forme acte (une mise en œuvre de quelque chose, dimension deux),

– la forme interprétant (une mise en œuvre en référence à  une loi, un code, dimension trois).

Les pratiques économiques sont considérées à  partir de leur construction formelle (objet, acte, interprétant) et non en référence à  des concepts donnés une fois pour toutes, dont l’inconvénient est de « figer ‘ un monde social en perpétuel mouvement.

Les pratiques économiques sont identifiées et agencées à  partir de :

– leur différenciation formelle. Comme il y a trois formes de poissons, il y a trois formes d’acheteurs, de produits

– leurs décompositions formelles successives. Chacune des formes d’exploitation technique (captation, piégeage, élevage) est à  nouveau décomposable en trois, ce qui permet d’identifier par exemple un piégeage régulier, différencié ou organisé.

– leur cohérence formelle. Par exemple, les poissons piégés dans leurs « comportements ‘ sont appréhendés dans des « terroirs maritimes ‘ (une zone en acte), commercialisés et négociés auprès d’une clientèle locale, elle-même appréciée par son mode de fréquentation des étals et par ses exigences (des acheteurs en acte)

En cela, il s’agit d’une construction logique et non d’une approche empirique dont le découpage serait arbitraire.

Dernier point, il n’y a pas de relation de causalité. Par exemple, entre les pratiques et les composantes qu’elles mettent en œuvre il n’y a que des présupposés. Ainsi, composantes et pratiques économiques gardent en permanence un statut « d’illustration formelle ‘ susceptible à  tout moment de changer, évoluer… Tel mode de piégeage « présuppose ‘ le comportement des poissons ciblés mais ces comportements peuvent changer, évoluer et faire échouer la capture.

Radicalement différente des méthodes habituelles, cette approche morphologique procure une vision détaillée des pratiques économiques, construite sur une base scientifique. En Méditerranées, 6 logiques de pêche (et 3 logiques de cultures marines) ont pu être différenciées sur la base de 27 pratiques, ainsi que 3 formes d’administration des pêches.

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éparpillée

Octobre déjà  et les vignes sont vertes,

le soleil luit comme un nouveau printemps,

l’oranger dévarié prépare

ses boutons aux côtés de

fruits murissant.

La bruyère dans le creux des

falaises est fleurie.

Les oiseaux loin d’affronter

l’hiver préparent une

nouvelle couvée.

La chatte prudente à 

revêtu sa fourrure,

douce et soyeuse,

mais ses nuits mystérieuses

ne quittent pas le ciel étoilé et la lune décroissante.

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Logique industrielle  » logique artisanale : quelle différenciation ?

Photo Robert Vialle
Au mois d’aoà’t à  Marseille, accrochage entre les armateurs des thoniers méditerranéens et Greenpeace qui dénonce le non-respect des quotas de thon rouge. Quelle différence demandent certains lecteurs entre ces thoniers et les thonailleurs, ces petits métiers du large évoqués dans L’encre de mer n°2 ? La même différence qu’entre les « grands métiers ‘ qui relèvent d’une logique industrielle et les « petits métiers ‘ qui relèvent d’une logique artisanale.

Souvent, pour le profane, cette différence est mal perçue. Elle est pourtant manifeste tant au niveau du rapport au produit et à  la ressource que du rapport au travail et au tissu social Nous sommes en fait dans deux mondes différents, portant des approches différentes du territoire et du métier de pêcheur. Faisons un tour rapide de ces différences avant d’en déduire les politiques possibles. :

* L’offre de produits : les patrons des grands métiers choisissent, conservent et trient leurs produits en fonction des gammes existantes , en un temps donné, sur les différents marchés de gros (poissons blancs divers destinées à  la consommation humaine, différentes catégories de thons, sardines ou anchois destinées, en fonction de la qualité et de la taille, à  la consommation humaine, en frais ou en conserve, ou à  la consommation animale). Ceux des petits métiers s’adaptent en permanence à  des produits spécifiques destinés à  satisfaire des demandes particulières, comme les merlus « matures et noyés ‘ des fileyeurs qui constituent des produits de base des poissonneries, les apports « divers et d’extrême fraîcheur ‘ vendus au jour le jour sur le quai (souvent des produits de luxe pour une clientèle locale), les anguilles vertes vivantes destinées à  des entreprises d’élevage Les premiers traitent un produit indépendamment de son origine quand les autres s’attachent à  ses débouchés spécifiques.

Photo Alain Ponchon
* L’exploitation technique de la ressource : par leurs procédés techniques de repérage, de captation (par encerclement pour les sennes, de filtration pour le chalutage) et de sélection, les entrepreneurs des grands métiers considèrent les poissons comme des quantités d’objets quelconques, présents à  un moment donné dans la mer (tels stocks de thons rouges).

Ceux des petits métiers adaptent en permanence leurs techniques de repérage, de piégeage (filets, palangres, casiers, lignes, petits engins traînants ou encerclants) et de sélection de poissons aux comportements
spécifiques : déplacements de merlus au large du plateau continental, faibles migrations littorales d’espèces diversifiées, migrations cycliques des anguilles entre la mer et les étangs. Il s’agit donc pour eux de s’adapter techniquement aux écosystèmes qui produisent ces comportements et non d’en faire abstraction.

* L’exploitation des zones : l’indifférence des grands métiers aux caractéristiques propres aux produits se retrouve dans leur rapport à  l’ espace de pêche. Ne présentent d’intérêt que des caractéristiques générales de l’espace : quantité de poissons à  extraire, fonds ou hauteurs d’eau accessibles au chalutage ou aux sennes

Par contre, les patrons des petits métiers modulent constamment la durée d’occupation et les engins de pêche en fonction des spécificités des terroirs maritimes tels que les zones de passage du merlu au large du plateau, les zones littorales d’habitats ou de chasse La conception, la configuration, les dimensions des engins, le mode et la durée de calage, le balisage dépendent des caractéristiques et de la fiabilité de ces terroirs.

Photo Alain Ponchon
* Commercialisation et acheteurs : les exploitants des grands métiers écoulent les poissons auprès de réseaux étendus, par le biais de structures commerciales (criée, halle à  marée, organisation de producteurs, entreprise de mareyage) qui concentrent diverses catégories d’acheteurs. A l’inverse, ceux des petits métiers prêtent une attention constante aux exigences d’une clientèle que ce soit par leur engagement auprès d’un mareyeur spécialisé, d’un écailleur ou d’un poissonnier, ou par une vente directe auprès d’une clientèle locale.

* Travail et équipage : en matière d’emploi, les grands métiers sont guidés par les nécessités d’un travail assez mécanisé et hiérarchisé. Sont requises des compétences bien définies et délimitées. Pour les petits métiers, le tableau diffère vraiment. Domine un savoir-faire spécifique , inscrit dans l’histoire d’un territoire, avec des relations familiales et personnelles. On est loin des rapports salariaux classiques.

* Mobilisation professionnelle : il n’est guère étonnant d’observer parallèlement que, dans les grands métiers, la représentation des intérêts économiques du secteur incombe à  des spécialistes entourés d’une équipe performante. Pour les petits métiers, l’on est en présence d’une organisation inscrite dans l’histoire et très soucieuse des intérêts du territoire dans lequel elle s’inscrit : répartition des zones et périodes par métier

Photo Alain Ponchon

Ces comportements différents face aux produits et aux hommes se révèlent également dans la gestion économique. Osons pénétrer cette matière plus ésotérique !

* Valorisation et résultat des ventes :

S’adressant à  un très large marché (même mondial !), les exploitants des grands métiers se fondent sur des « prix concurrentiels ‘, c’est-à -dire que les exploitants sont individuellement dans l’incapacité de les modifier. Il en résulte qu’ils ne peuvent augmenter leur profit qu’en augmentant les quantités pêchées et débarquées. Il n’en va pas de même pour les petits métiers. Les relations privilégiées qu’ils entretiennent avec le territoire et le produit font qu’ils peuvent négocier leurs prix en fonction des besoins de la clientèle et du maintien de relations commerciales. La quantité pêchée n’est pas pour eux une contrainte absolue.

Photo Philippe Joachim
* Rentabilisation de l’exploitation : tenus de s’équiper en matériel pour pêcher le plus possible, les grands métiers ont une gestion dominée par les coà’ts fixes de ces équipements. Une fois acquis, il faut les rentabiliser, augmenter la « productivité ‘ de l’équipage et parer à  la concurrence en adoptant la dernière technologie la plus performante, donc augmenter à  nouveau les coà’ts fixes, etc. Les petits métiers s’appuient sur le savoir-faire de l’équipage. Du coup, leurs frais sont dominés par le salaire, soit un coà’t variable . Le progrès n’est pas absent mais il est surtout fondé sur l’amélioration de la pratique des pêcheurs, leurs modes de capture

* Rentabilisation des capitaux : une part non négligeable des coà’ts des grands métiers ne sont pas directement liés aux opérations de capture (assurance, frais financiers), ce qui pousse les exploitants à  maximiser les temps de sortie en mer, disposer d’une représentation professionnelle très au fait des gains financiers possibles. A-contrario, les patrons des petits métiers adaptent leur temps de sortie aux gains attendus et s’impliquent dans l’organisation territoriale de la pêche afin de rentabiliser au mieux les opportunités de sortie en mer

Ainsi, la logique « dé-territorialisée ‘ des grands métiers met en œuvre des composantes productives (produit, ressource, espace, acheteurs, travailleurs) sans grande considération de leurs liens éventuels avec des territoires. Domine le prisme de la « quantité ‘ : c’est elle qui est rentable et qui dirige les transformations de ce type de pêche. Elle s’oppose de façon frontale à  toute politique de « quotas ‘.

La logique « territorialisée ‘ des petits métiers se construit sur la base du lien entre les composantes productives et leurs territoires. Axée sur la « durée ‘ cette logique productive cherche à  s’adapter au mieux aux comportements des composantes. Disons que la quantité cède le pas à  « des qualités spécifiques

A une autre échelle, on retrouve cette question de territoire dans le financement de l’activité selon que l’armement, de par sa structure, est inféodé au secteur de la pêche ou non : là  où une société d’armement industriel recourt à  différents investisseurs rémunérés sur la base de leurs placements, le pêcheur artisan doit compter sur son apport personnel, complété de prêts bancaires quand il peut justifier de ses qualités professionnelles.

Le premier doit être compétitif sur le marché des capitaux, le deuxième cherche à  rentabiliser son entreprise de pêche dans la durée, en thésaurisant les excédents de gains et en investissant au fur et à  mesure des bénéfices.

Tu peux le dire que la petite pêche n’a rien à  voir avec ce qui s’est passé à  Marseille

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En complément de cet article :

Administration des pêches : un enjeu territorial peu visible

Méthodologie : le langage des signes

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Le Nobel d’économie récompense deux Américains pour des travaux sur la « gouvernance économique »

Le prix Nobel d’économie a été attribué aux Américains Elinor Ostrom, première femme récompensée depuis la naissance de ce prix en 1969, et Oliver Williamson pour leurs travaux sur « la gouvernance économique », lundi 12 octobre. Leurs travaux sont particulièrement dans l’air du temps, en plein débat sur la meilleure organisation des marchés financiers et de l’économie mondiale mais aussi sur la protection de l’environnement et des ressources naturelles, un domaine essentiel des travaux d’Elinor Ostrom. « Ils veulent comprendre des organisations qui ne sont pas des marchés (…) et ils montrent comment ces institutions résolvent les conflits », a salué Tore Ellingsen, membre du comité Nobel, lors de l’annonce du prix à  la presse.

Elinor Ostrom, de l’Université d’Indiana, est récompensée par le comité « pour avoir démontré comment les biens communs peuvent être efficacement gérés par des associations d’usagers ». Elle a « remis en cause l’idée classique selon laquelle la propriété commune est mal gérée et doit être prise en main par les autorités publiques ou le marché », salue le comité, qui sacre pour la première fois une femme depuis sa première attribution en 1969. En se fondant sur de nombreuses études sur la gestion par des groupes d’usagers des ressources en poissons, en élevage, les forêts ou les lacs, la lauréate américaine a montré que leur organisation était souvent meilleure que ne le croit la théorie économique, souligne le comité.

Oliver Williamson, né en 1932 et enseignant à  l’université de Californie de Berkeley, a été récompensé pour « son analyse de la gouvernance économique, notamment les frontières de l’entreprise ». Sa théorie explique que l’entreprise s’est imposée comme modèle économique dominant parce qu’elle facilite la gestion des conflits et réduit les coà’ts grâce à  la hiérarchie, mieux que les marchés où dominent souvent les négociations et les désaccords. L’inconvénient, souligné par la théorie de l’organisation de Williamson, est que l’autorité peut être abusée, observe le comité Nobel.

Elinor Ostrom est la première femme à  être récompensée par le Nobel d’économie. Le Nobel d’Economie est une chasse gardée américaine, avec désormais quarante-cinq lauréats sur un total de soixante-quatre. Cette saison 2009 est également très américaine, avec onze lauréats sur treize venant des Etats-Unis, la sensation étant venue, vendredi 9 octobre, à  Oslo du Nobel de la paix attribué à  Barack Obama.

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La Prud’homie de La Ciotat dépose une plainte pour pollution auprès de la Gendarmerie maritime

Ci joint les photos des engins que les pêcheurs récupèrent dans leurs filets depuis quelques années dans la zone méditerranéennes comprise entre le Cap Sicié et l’ïle de Riou…

Il y a de quoi se poser des questions quant à  l’impact sur le milieu , car après avoir décortiqué ces objets nous avons découvert des batteries au lithium, des circuits imprimés, des composants électroniques, des câbles électriques par centaines de mètres.Tout cela abandonné au fond.Compte tenu du grand nombre d engins remontés, il faut admettre que le fond en est farci.
D’après les Affaires Maritimes, il s agirait d’engins de la Marine.

La prud homie de pêche de La Ciotat demande plus d’information à  ce sujet :
– A quoi ça sert ?
– Quel est l impact sur le milieu ?
– Est-ce légal d abandonner tout cela en mer ?

La Marine, si c est son oeuvre, se doit de montrer l’exemple .
Notre ministre J.L BORLO, nous a demandé, lors du Grenelle de la mer, de signaler les problèmes rencontrés sur, ou sous, le plan d eau.
C’est ce que fait aujourd’hui le conseil des prud’hommes en déposant une plainte pour pollution marine auprès de la gendarmerie maritime.

A quoi bon parler de protection d’un côté si l’on détruit de l’autre en toute impunité ?

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espérance

Ils sont légions, sombres et vengeurs

s’avancent dans un ciel d’azur à  peine adouci d’un voile rosé floconneux.

Masses opaques frémissantes,

insensibles au bruissement des feuilles,

aux vols épars des grands goélands,

à  la mer en mouvement qui entre dans la baie.

A l’approche du but, s’enflamment

outrageusement, porteurs de souffrance éperdue,

fuite infinie de nos failles enfermées.

Quand au fond de l’écran pointe un soleil irradiant,

l’élan impitoyable et féroce

prend couleur de bêtes immondes et cocasses.

L’astre aveuglant, enfanté d’entre les monts

domine de sa splendeur l’onde assagie,

mordorée, l’ombre des feuillus et leurs

cimes envolés sur des mâts rectilignes,

l’armée d’agresseurs qui pâlit sous l’éclat confondant

et le jour vainqueur a réchauffé nos âmes

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Delta du Niger: les pétroliers « doivent rendre des comptes », selon Amnesty PARIS (AFP)

Les compagnies occidentales exploitant les hydrocarbures du delta du Niger au Nigeria, telles que Shell, « doivent rendre des comptes » en terme de dégradations de l’environnement et de non respect des droits humains, a estimé vendredi à  Paris Amnesty International…
Celestine AkpoBari Nkabari, militant des droits du peuple ogoni, est venu témoigner à  Paris de ces conséquences dévastatrices.
« Les populations locales du delta du Niger vivent dans des conditions inhumaines. L’air que nous respirons, les terres sur laquelle nous vivons, l’eau que nous buvions ont été pollués et nous avons été privées de leurs moyens de subsistance alors que nous vivions traditionnellement de la pêche et de l’agriculture. Il ne nous reste que la faim, la pauvreté et des maladies étranges ».
« Les compagnies pétrolières ne nous ont apporté que destructions et malheurs, nous voulons qu’elles quittent nos terres mais auparavant il faut qu’elles réparent les dégâts »…
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Pour suivre le procès de l’Erika en appel : un roman de série noire

… et pourtant c’est courant dans le transport international

plaident l’armateur et le gestionnaire de la société chargée de l’entretien de l’Erika :

«Parfois M Savarese a une société dont il est l’unique actionnaire. Si, à  un moment, le Président lui demande le nom des sociétés qu’il possédait, M Savarese ne s’en souvient même plus ! « Nous faisions ces montages sur les conseils des avocats et des experts comptables ». « Tout le monde fait comme cela ».
Autre question : pourquoi pas un pavillon italien pour l’Erika ?
« Non ! Pour un armateur, sur le marché, c’est voué à  l’échec. Dans la concurrence, à  l’époque, le pavillon maltais était le mieux ! »‘

«Quant au gestionnaire, il sait que M Savarese a acheté des navires qu’il gère, mais il affirme qu’il n’en connait pas le propriétaire. « La réalité du transport maritime est connue mondialement. Il y a des groupes cotés à  New York, mais on ne sait pas qui est derrière. C’est une honte, ici, en France, il y a des gens qui ne veulent pas comprendre ! » Ceci lui vaut un rappel du Président : « Nous devons vous réinterroger, c’est la loi française ». …’

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Possible aggravation de la pollution de la réserve naturelle des Coussouls de Crau

Un mois après la rupture, le 7 aoà’t, d’un pipeline au coeur de la réserve naturelle des Coussouls de Crau (Bouches-du-Rhône), les conséquences déjà  désastreuses de la destruction d’un écosystème unique en Europe pourraient se doubler d’une pollution de la nappe phréatique…

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Faut-il laisser-faire l’appropriation du vivant ou choisir son mode de développement ? Suite…

Pour voir le début de l’article…

Construire l’Europe à  partir de la compétitivité de régions spécialisées plutôt que celle de firmes multinationales ou de grands groupes d’acteurs, l’idée est séduisante. Chacun redéfinit sa place et son rôle sur la base d’une culture originelle, d’une organisation sociale, d’un territoire spécifique. En toile de fond domine la préservation de notre environnement mais intégrée à  nos développements économiques régionaux, en somme un développement durable à  l’échelle des hommes, de leurs cultures, de leurs territoires…

Un chemin qui n’est pourtant pas si facile. Là  où le capital fonctionne immédiatement, par intérêt financier, en faisant fi des barrières géographiques, culturelles, sociales, territoriales, il nous faut ici apprendre à  travailler conjointement, dans la même direction, entre régions, et au sein de chaque région entre secteurs, avec les collectivités territoriales, les organisations professionnelles, les associations, les citoyens. Un mouvement qui n’a rien d’automatique ou évident, chaque région arrive avec son histoire, ses réflexes de survie autocentrés ou décentrés… Souvent, les dimensions locales sont si traversées des logiques financières capitalistes que les contradictions occupent tout l’espace et gênent la visibilité, la progression.

Il nous faut donc construire nos propres choix et les moyens d’y parvenir : un chemin imaginatif qui ouvre un autre futur que celui des bobbies silliconnées et des rappeurs révoltés que nous offrons à  nos enfants.

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