Amazonie: le Brésil s’engage à  réduire la déforestation de 70% d’ici à  2018

Le gouvernement brésilien a annoncé lundi un plan national sur les changements climatiques dans lequel il se fixe comme objectif, pour la première fois, de réduire de 70% la déforestation d’ici à  2018.
Le Brésil est considéré comme le quatrième principal émetteur de gaz à  effet de serre et la déforestation représente 75% de ces émissions.
C’est la première fois que les autorités du Brésil, qui possède la plus grande forêt tropicale du monde, surnommée le « poumon de la planète », acceptent de se fixer des objectifs précis de réduction des déboisements.
« Avec la seule réduction de la déforestation en Amazonie, le plan prévoit que
4,8 milliards de tonnes de C02 en moins seront émises d’ici à  2018 (dans
l’atmosphère), ce qui est supérieur aux efforts annoncés par tous les pays
riches »…
Le Brésil a l’intention par le biais de ce plan d' »augmenter le nombre de contribuables au Fonds pour l’Amazonie » créé par Lula en aoà’t dernier et destiné à  recevoir des dons du monde entier pour lutter
contre la déforestation. En septembre dernier, la Norvège a fait don d’un milliard de dollars à  ce fonds…
Si la déforestation se maintient au rythme actuel, « à  partir
de 2040 la végétation amazonienne pourrait devenir une sorte de savane qui n’arrivera plus à  absorber le C02 mais en sera un émetteur ».
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« Pour une pêche artisanale durable ‘

La pêche artisanale : un poids considérable : 10% des protéines au niveau mondial, 25 millions de personnes employées dans la pêche et 70 millions dans des activités connexes, sans compter les millions de pêcheurs hors statistiques. 90% des emplois dans la pêche, des moyens de subsistance notamment pour les plus pauvres

Un contexte de faillite économique, sociale environnementale : la pêche artisanale subit les effets de la crise financière, du renchérissement du pétrole, des tsunamis, des tempêtes et des changements des écosystèmes

Une déclaration commune : Les 106 représentants de pêcheurs artisans de 37 pays réunis dans un atelier préparatoire rédigent une déclaration qui sera adoptée par les participants à  la conférence pour faire reconnaître et sécuriser les conditions d’accès aux ressources, la valorisation des produits, et les droits de l’homme.

Un consensus pour l’avenir : les 2 Forums mondiaux des pêcheurs artisans, les ONG (organisations non gouvernementales) présentes et les participants demandent à  ce que la pêche artisanale devienne un thème permanent du Comité des pêches de la FAO([Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Food and Agriculture Organisation of the United Nations))] (le COFI).

Le fruit d’une convergence extraordinaire : Ce qui s’est passé à  Bangkok est l’expérience et le résultat de vingt-cinq années de militantisme. En 1984, quelques organisations de pêcheurs dans le monde, notamment en Inde et en Asie du Sud-est où les problèmes étaient particulièrement aigus, décidèrent d’une réunion parallèle à  la Conférence de la FAO, ciblée alors sur la pêche industrielle. De là  naquit ICSF(International Collective Support of Fisheries – Collectif d’appui aux travailleurs de la pêche) , une ONG internationale, et de nombreuses réunions furent organisées à  travers le monde sur la petite pêche et l’avenir des communautés de pêcheurs. En 1997, à  New Delhi, un rassemblement mondial des représentants des pêcheurs artisans décida d’une organisation globale. La France, grâce à  l’implication du Collectif Pêche et Développement, accueillit l’assemblée constitutive du Forum mondial des pêcheurs artisans en octobre 2000 à  Loctudy, en Bretagne. Après huit jours de débats intenses, l’accord mondial tant attendu ne put se faire et deux Forums émergèrent de la discorde : le WFFP et le WFF([ Forum mondial des populations de pêcheurs et Forum mondial des travailleurs de la pêche)]. Tandis qu’une partie des initiateurs de ce mouvement s’évertuaient à  constituer des regroupements de pêcheurs, d’autres se sont investis dans les ONGs et d’autres dans des organisations inter-gouvernementales, dont la FAO. C’est le côté extraordinaire de cette convergence qui explique ce qui s’est passé à  Bangkok. Les responsables du futur devront garder en mémoire cette nécessité de s’organiser à  tous les niveaux (communautés de pêcheurs, ONGs, organisations gouvernementales et intergouvernementales). Il faut une certaine constance dans l’effort, même lorsque tout paraît compromis

« La pêche artisanale, une majorité qui ne peut être ignorée par les politiques et l’administration. Il faut des lois pour protéger la petite pêche par rapport à  la grande pêche et protéger la ressource, il faut une volonté politique Aux Caraïbes, plus de 182.000 personnes sont directement ou indirectement concernées par la pêche artisanale Le Pacifique Sud comprend 22 états et territoires insulaires, 30.000 îles, 70 récifs coralliens, 4000 espèces, 30 espèces de mammifères. La consommation de poissons est très élevée (50 à  175 kg/pers/an). Nous sommes passé d’une économie de subsistance à  une économie d’échange, et nous subissons les effets du changement climatique, de la croissance démographique, de la pêche illégaleIl nous faut mieux comprendre les grands espaces et réduire notre impact sur les écosystèmes, promouvoir les règles coutumières

La FAO aurait pu nous inviter avant. La pêche artisanale doit continuer en Amérique Latine. Nous sommes une population qui dispose de territoires, d’une activité économique et d’une culture pour assurer ses moyens de subsistance et fournir un approvisionnement en produits de la mer. Notre activité est la mieux adaptée pour une pêche durable et riche d’une expression socio-culturelle. Il faut consolider nos droits territoriaux, éviter le déplacement des communautés engendré par la détérioration de l’eau ou des activités concurrentes, suspendre l’octroi de concessions pour l’aquaculture industrielle, développer des pêches sélectives plutôt que des pêches chalutières qui détruisent les zones côtières. Nous ne voulons pas de QIT (quotas individuels transmissibles) qui ne garantissent pas la durabilité et la viabilité de la ressource halieutiques. Il n’y a plus de frontières, nous devons continuer à  nous serrer les coudes

Comment reconnaître ce qui fait partie des moyens d’existence et de la culture quand les 2 sont liés ? Dans les communautés artisanales de pêcheurs, il y a un alignement des hommes sur la loi de la nature et de l’eau plutôt que sur le grand capital. Le paradigme économique est fondé sur la valeur mais quelle valeur ?

Nous sommes les témoins directs des effets de la logique économique. Le paradigme économique met en avant le très grand profit alors que la diversité et la biodiversité sont enracinées dans la petite échelle, L’importance des savoirs locaux est à  revitaliser dans le paradigme universitaire des chercheurs. Les dispositifs culturels de pêches artisanales existent depuis des générations, Il faut une politique pour rendre visible ces systèmes de savoir. Les peuples indigènes ont une voix forte car
liée à  une culture pérenne par rapport à  la ressource et aux générations à  venir.

Inventer des modes de gestion adaptés : la pêche artisanale est difficile à  gérer (sites de débarquement nombreux et dispersés, apports diversifiés avec des vulnérabilités différentes, fort impact des pollutions en zones côtières, peu de moyens financiers pour la gestion des pêcheries, ressource partagée) Il faut des aménagements sans données préalables, des évaluations comme dans le secteur rural, des indicateurs pour évaluer l’interaction entre les espèces, des modèles socio-économiques formels

Apprendre en faisant : Par rapport à  l’idée simpliste d’un droit de pêche octroyé à  quelques personnes pour protéger les ressources, une forme unique de droit, achetable et dommageable pour les pêcheries artisanales, cette conférence peut marquer le moment où l’on a arrêté de se référer à  un concept simpliste tel que les QIT (quota individuel transmissible) pour considérer les multiples formes de droit liées à  la pêche.

Maximiser les synergies et atténuer les impacts négatifs du fait de l’interdépendance avec les autres secteurs (difficultés d’accès aux côtes et plages par rapport au tourisme, à  l’agriculture, aux investissements sur les eaux intérieures,), attribuer une valeur à  la pêche artisanale dans son rôle d’emploi, de sécurité alimentaire, de culture, considérer la cohérence des investissements propices à  un développement
multisectoriel (gestion de l’eau)

Pour sortir de la pauvreté, un consensus international, avec des démarches intégrées complémentaires, est nécessaire. L’aspect ressource ne suffit pas, il faut l’éducation ou la culture. Les droits juridiques et coutumiers des personnes qui vivent de la pêche doivent être respectés par les politiques et l’administration. Mais la fixation des droits ne suffit pas quand il y a des risques plus immédiats par rapport à  la marginalisation, la maladie, la perte d’engins Plus les gens se sentent sà’rs, plus ils investissent dans le métier, la gouvernance. Les droits civiques et politiques sont liés aux droits économiques et socio-culturels, il n’y a pas de famine dans les pays indépendants, démocratiques avec la liberté de la presse…

Comment combiner économiquement modernité et valeurs traditionnelles, la place des femmes ? Dans le contexte de l’Afrique, les femmes préfinancent les activités de pêche malgré leurs maigres moyens et valorisent les produits par rapport aux besoins quotidiens, elles contribuent à  80% dans l’éducation et la santé des enfants. Chaque femme est une ONG environnementale
à  elle toute seule, Le rôle de la femme et sa reconnaissance, il faut « l’arracher ‘ ! Parce que l’attention est portée sur l’économique, sont mal perçus les moyens de subsistance, l’enracinement des femmes dans la nature, leur vision dans la durée, leur souci par rapport à  l’avenir des enfants. Autant nous avons donné la vie aux hommes, autant nous tenons à  leur vie ‘

Ne pas diviser le monde entre ceux qui sont cooptés et ceux qui sont rejetés : Partout dans le monde, les échanges mondiaux fondés sur la compétitivité des produits déstructurent les pêcheries artisanales. Les pêcheurs artisans européens sont concurrencés directement par les produits de pêcheurs du sud dont les droits économiques et sociaux minimum ne sont pas assurés. L’étiquetage des produits par des écolabels peut devenir une exclusion pour la vente en supermarché ou sur les marchés internationaux. Il faut différencier les produits de la pêche artisanale

Pêcheurs artisans, nous ne sommes pas un problème ! Les bateaux industriels prennent en un jour ce qu’on ne prend pas en un an. Les aquaculteurs industriels abusent, ils veulent pêcher le krill pour alimenter leurs élevage, cela fera disparaître les baleines Le commerce mondial, lié à  la pêche et l’aquaculture industrielles, et fondé sur le transport maritime, n’intègre pas les coà’ts sur l’environnement (rejets, interaction entre espèces, pression sur les espèces fourrages, rythmes de capture, rejets de CO2 par le transport maritime, pollution des installations aquacoles) La gestion de la ressource est une opportunité pour la pêche artisanale, une solution gagnant-gagnant pour l’environnement, un partenariat productif.

La pêche artisanale est la solution d’avenir pour la pêche, c’est la colonne vertébrale : faire preuve de passion pour des rapports plus humains et plus proches de la nature, lutter pour l’avenir, le notre et celui des poissons, embrasser de face nos défis, utiliser l’artillerie accumulée, notre arme de coopération massive !

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En route vers Bang Taboon…

La montée du niveau de l’eau qui peut devenir très grave en raison du réchauffement climatique ne semble par effrayer notre guide du SEAFDEC(Southeast Asian Fisheries Development Center, centre de développement des pêches du sud-est asiatique) . Elle vit elle-même dans une petite ferme artisanale où son père élève de façon extensive des crevettes. Il ne leur donne ni nourriture, ni médicament. C’est la marée montante retenue par une écluse qui apporte les petites crevettes et les nutriments pour toute la chaîne alimentaire. Autant dire qu’elle vit sur l’eau, avec l’eau et de l’eau. Néanmoins nous dit-elle, comme si cela allait du soi, ses parents aidés par tout le village, ont déjà  dà’ surélever leur ferme une fois depuis sa naissance. Il y a deux raisons selon elle : les pilotis finissent par s’enfoncer et la mer à  tendance à  monter. Ils ont d’ailleurs fait de gros travaux collectifs pour consolider les murs des accès à  la mer. Elle est tellement habituée à  vivre en symbiose avec l’eau que cela lui semble naturel et elle n’en éprouve pas d’angoisse particulière.

En arrivant à  Bang Taboon, nous nous arrêtons pour visiter un des nombreux ports de pêches qui se nichent dans chaque repli du fleuve. Celui-ci est important, peut-être deux cents bateaux de 10 à  25 mètres occupent tout l’espace. Les plus petits pratiquent les arts dormants, lignes, filets, nasses pliantes, ceux d’une quinzaine de mètres sont des bolincheurs([Senne tournante et coulissante pour la capture d’espèces pélagiques (qui vivent à  partir de la surface))]. , les plus grands des chalutiers et des caseyeurs. Ces derniers sont faciles à  identifier car ils semblent sur le point de chavirer dans le port tant le nombre de casiers est important dans les hauts. Beaucoup de monde s’agite dans ce port, pourtant nous ne sommes certainement pas à  une heure cruciale comme celle du départ en mer, de l’arrivée des bateaux ou de la vente

Puis nous prenons une pirogue d’une dizaine de mètres à  l’embouchure de la rivière de Bang Taboon pour sortir en mer

L’air est chaud, humide.
Grande est la baie qui s’ouvre devant nous, un large estuaire où l’eau calme, riche et colorée de la rivière se mélange doucement à  la mer. Ce grand champ fertile se borde d’une côte longiligne, évasée, boisée. Les caps lointains se profilent dans la brume tiédie à  plus de 5 milles. Des parcs à  perte de vue, cernés de bambous, se partagent tout l’espace. En leur centre, une drôle de hutte ou maisonnette perchée sur pilotis, un site de vigie nocturne pour la manne qui se prépare à  quelques mètres en-dessous.

Ensemencés de jeunes coques,
ces jardins livrés aux pêcheurs produisent de bonnes récoltes.
La marée basse découvre ces
coquillages enfouis qui s’offrent aux mains des pêcheurs juchés sur des skis. Plus au large, les pieux sont hauts, costauds, concentrés.
Ils affrontent la houle
qui s’en vient et supportent
des filières à  huîtres nourries
par les ondes salines.


Sur le retour, en remontant la rivière, nous avons vu des cages aquacoles pour des espèces locales, sans compter quelques chalutiers destinés au large, et puis des barques nanties de casiers. Dans cette région littorale préservée du tourisme et de l’urbanisation, la productivité d’une baie consacrée aux produits de la mer semble considérable, un choix judicieux pour un peuple dense, friand de ces fruits nourrissants.

De retour au port nous allons voir une mangrove « pédagogique ‘ où nous sommes invités à  planter symboliquement quelques jeunes pousses de palétuvier. Cette zone de plusieurs centaines de mètres de large semble très riche, à  la fois pour la faune, la flore et les habitants marins qui semblent se trouver dans une sorte d’écloserie et de nurserie de plein air. Il n’est pas étonnant de constater l’implantation de tant de structures d’animaux filtreurs un peu plus loin en mer. Toute cette baie, terrestre et maritime, est complètement dédiée aux pêcheurs artisans à  petite échelle. En repartant, nous apercevons quelques tours en pleine mangrove. Ce sont des hôtels qui commencent à  s’installer. Espérons que les pêcheurs Thaï et leur gouvernement sauront protéger ce véritable trésor qui ne se trouve qu’à  quatre-vingt kilomètres de Bangkok

« La mangrove joue un rôle sur la turbidité de l’eau, c’est un récif barrière qui protège les berges. Nous oublions que nous faisons partie de la nature. En la détruisant, nous nous détruisons. Si l’on coupe un cours d’eau par une route, il faut qu’il trouve son chemin ailleurs. On a construit là  où il ne fallait pas alors la nature reprend ses droits, ça fait des dégâts humains. La mangrove, c’est comme un bassin de décantation qui régénère et apure l’eau de ruissellement. Elle est pleine de crabes, d’oiseaux marins ; les poissons viennent s’y reproduire. Une partie des produits de la mer s’y nourrit. Il y a des fistules sous les feuilles qui nourrissent les larves que mangent les petits poissons avant de repartir à  la mer »

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Crevettes

Crevettes grises

On les trouve quand il fait froid. Pour les préparer en velouté, faites revenir de l’oignon dans de l’huile, ajoutez de l’ail et du persil, puis les crevettes grises (500 à  600 g). Mouillez avec un verre de vin blanc et un litre d’eau. Broyez au mixer et tamisez. Certains préparent le bouillon avec des légumes (blanc de poireaux, carottes, tomates)

Crevettes roses

Elles se pêchent à  l’automne quand le temps se rafraîchit. On les fait revenir à  la poêle, qu’elles deviennent bien roses. C’est délicieux.

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L’absence de réponse à  la hauteur des défis environnementaux coà’tera cher selon l’OCDE

Une analyse de l’OCDE sur les différentes études relatives aux coà’ts de l’inaction rappelle les conséquences économiques que pourrait engendrer un manque d’ambition en matière de protection de l’environnement.

Alors que la crise économique et financière fait craindre un ralentissement des investissements dans la protection de l’environnement, l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) publie une analyse de plusieurs études dédiées aux coà’ts de l’inaction. La publication révèle que l’absence de mesures ou l’introduction de mesures qui ne sont pas suffisamment ambitieuses peut engendrer des coà’ts économiques considérables.

Ainsi, l’OCDE rappelle que les estimations des coà’ts économiques du changement climatique récemment réalisées peuvent atteindre 14,4 % d’équivalent de perte de consommation par habitant lorsque les impacts marchands et non marchands sont pris en compte. En effet, la baisse des rendements agricoles, l’élévation du niveau des mers et la prévalence accrue de certaines maladies infectieuses sont de nature à  perturber considérablement les économies. Pour l’OCDE il ne fait guère de doute que le changement climatique pourrait avoir des conséquences très importantes pour l’économie mondiale et en particulier dans les pays non membres de l’OCDE.

La pollution atmosphérique aura elle aussi des conséquences économiques du fait qu’elle peut entraîner une baisse des rendements agricoles, une dégradation du capital physique et des répercussions plus générales sur la santé des écosystèmes. Selon une étude européenne, le fait de ne pas appliquer la « Stratégie thématique sur la pollution atmosphérique ‘ de la Commission représenterait un coà’t de quelque 0,35 à  1 % du PIB de l’UE25 en 2020.

Les impacts liés aux activités industrielles telles que marées noires et contamination des sols peuvent déjà  donner lieu à  des coà’ts de l’inaction non négligeables. L’expérience acquise en Europe et aux états-Unis montre que la dépollution ou la remise en état d’écosystèmes endommagés peut coà’ter plusieurs milliards d’euros.
C’est le cas également des catastrophes naturelles même si elles ne sont pas totalement attribuables à  des facteurs environnementaux. La Banque mondiale a ainsi estimé que le coà’t des catastrophes naturelles pouvait représenter pas moins de 13 % du PIB annuel pour les pays les plus pauvres.

La gestion non durable des ressources naturelles aura également des répercussions économiques majeures : une étude réalisée en 2005 a par exemple conclu qu’une gestion inefficiente des pêcheries de thon rouge de l’Atlantique risquait d’entraîner une baisse des rendements représentant une valeur actualisée de 1 à  3 milliards USD.

Des études encore incomplètes mais éloquentes

Si ces études traduisent en valeurs financières la dégradation des écosystèmes, elles n’en restent pas moins difficiles à  réaliser. Des incertitudes et des difficultés méthodologiques ne permettent pas d’estimer précisément le coà’t de l’inaction : certains coà’ts sont d’ores et déjà  répercutés directement dans les dépenses des pouvoirs publics ou sur les marchés même s’ils ne sont pas directement perçus comme des coà’ts de l’inaction à  proprement parler. C’est le cas par exemple des effets de la contamination des sites sur les prix de l’immobilier dans le voisinage, des répercussions de la pollution de l’air sur les rendements agricoles ou encore du coà’t de l’assurance dommages dans les zones côtières.

L’OCDE fait également preuve de prudence en rappelant que ces estimations ne permettent pas de hiérarchiser les domaines dans lesquels il est nécessaire de renforcer les politiques environnementales existantes ou d’en mettre en place de nouvelles. L’organisme estime que cela devra passer par une comparaison des coà’ts liés à  l’inaction avec ceux liés à  l’action.

Il n’en demeure pas moins que ces estimations aussi incomplètes soient-elles sont suffisamment éloquentes et démontrent que des politiques de l’environnement insuffisamment rigoureuses dans certains domaines peuvent agir comme un frein puissant à  la productivité et à  la croissance économique.

F.ROUSSEL

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En Alaska, la fièvre de l’or noir divise la communauté des Esquimaux Inupiats

… C’est là , dans ce grand nord de l’Alaska, à  quelques kilomètres de la frontière canadienne, que Sarah Palin, la gouverneure de l’Etat et colistière républicaine de John McCain, veut creuser le sol pour en faire jaillir le pétrole. Bienvenue dans la « zone 1002 », l’Artic National Wildlife Refuge (ANWR). Ce parc, dont la seule présence humaine se limite aux quelque 300Esquimaux Inupiats du village de Kaktovik, divise les défenseurs de l’environnement et les partisans d’une exploitation des ressources de la réserve…
A terme, l’ANWR pourrait fournir un million de barils par jour pendant une trentaine d’années, soit l’équivalent d’un peu moins de 4% des importations américaines…
Ces propos scandalisent les organisations écologiques. « Il faudra sept à  dix ans de travaux avant d’obtenir les premières gouttes de cet or noir et la baisse du prix à  la pompe ne sera que de quelques cents… Nous serons toujours dépendants du pétrole avec en plus de nouveaux pipelines, des nuisances qui bouleversent l’équilibre de la région et un risque accru pour l’Alaska de devenir un théâtre de pollution majeure. » …
A Nuiqsut, premier village inupiat situé à  une heure d’avion, la querelle est dépassée… Voilà  un peu plus de dix ans que les 450 habitants ont accepté de louer leurs terres aux compagnies pétrolières. Dix ans d’exploitation payée environ 5 000 dollars de royalties par famille et par trimestre, en sus du gaz gratuit. Et de l’essence à  très bas prix (3,75 dollars le gallon)…
Au total, au moins 6 000 puits ont été forés dans cette région… deux plates-formes off shore British Petroleum ont vu le jour et 2 000 kilomètres de pipeline ont poussé en plein air, formant un des plus grands complexes industriels au monde…
D’après les sociétés exploitantes, il y aurait une centaine de fuites toxiques par an ; des poissons contiendraient des taux élevés de PCB; des terres seraient chargées de baryum, de chlorate et de benzène ; la faune sauvage diminuerait, gênée par la pollution sonore des installations et les pipelines…
… Sans compter les répercussions sanitaires et sociales depuis l’arrivée du pétrole. L’asthme, dà’ aux fumées toxiques, touche pratiquement un membre par foyer. Le nombre de dysfonctionnements de la thyroïde est élevé. D’autres indicateurs renvoient l’image d’une communauté sous tension : vandalisme, violence domestique, abus d’alcool et de drogue sont en hausse constante…
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La France se dote d’une plate-forme d’essais pour les dispositifs exploitant l’énergie marine

…Pendant des années, les énergies marines – tirées notamment des courants et des vagues – sont restées, en France, les oubliées des énergies renouvelables…

L’annonce, jeudi 25 septembre, du lancement en 2010, au large du Croisic (Loire-Atlantique), d’une plate-forme d’essais en mer destinée à  tester des procédés de récupération de l’énergie houlomotrice est le signe d’un intérêt croissant des pouvoirs publics. ..

En juillet, EDF avait déjà  annoncé le lancement d’un projet pilote de production d’électricité à  partir de l’énergie des courants, qui prendra, à  l’horizon 2011, la forme d’une « ferme » de trois à  six hydroliennes (des sortes d’éoliennes sous-marines), située au large de Paimpol (Côtes-d’Armor)…

Le Site d’expérimentation en mer pour la récupération de l’énergie des vagues (Sem-Rev), dont la création a été annoncée jeudi à  l’Ecole centrale de Nantes, qui pilote le projet, sera le deuxième du genre au monde. Les îles Orcades, à  la pointe septentrionale de l’Ecosse, accueillent depuis 2003 le seul existant à  ce jour : l’European Marine Energy Center (EMEC), qui dispose de deux sites d’essais, l’un pour les courants, l’autre pour les vagues…

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Les glaciers des Pyrénées auront tous disparu avant 2050

Les 21 glaciers encore existant dans les Pyrénées auront tous disparu avant 2050 en raison du réchauffement climatique…
« La montée progressive de la température –un total de 0,9 degré celsius de 1890 jusqu’à  maintenant– confirme que les glaciers pyrénéens disparaîtront avant 2050″…
« Entre 1880 et 1980, au moins 94 glaciers ont disparu dans la Péninsule ibérique et des années 80 jusqu’à  nos jours, 17 autres glaciers ont disparu »…
Tous les glaciers existants ou récemment disparus dans la péninsule ibérique se sont formés durant une « petite période glacière » qui a duré de 1300 à  1860 avec une période de forte expansion des glaciers située entre 1645 et 1710…
Il n’existe aujourd’hui plus que 21 glaciers, tous dans les Pyrénées, dont 10 côté espagnol et 11 côté français, qui occupent une surface totale de 450 hectares…
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L’océan Arctique fond et s’ouvre ainsi à  la navigation

La fonte des glaces de l’océan Arctique, qui pourrait atteindre cet été un nouveau record, est constatée par les satellites, mais également par les navires de plus en plus nombreux qui sillonnent ses eaux pendant la période estivale…
Ce phénomène est particulièrement suivi pour les « passages » du Nord-Est et du Nord-Ouest, qui pourraient à  terme devenir des routes maritimes importantes, faisant économiser aux cargos plus de 5.000 km entre l’Atlantique et l’Asie…
Celui du Nord-Est, le long des côtes de la Sibérie, est à  peu près dégagé au vu des images satellites. Quant aux deux voies du passage du Nord-ouest, la branche sud est ouverte depuis plus d’un mois, celle plus au nord l’a été récemment…
L’Arctique devient libre de glaces l’été, confirment ainsi les navigateurs. « On peut s’attendre à  ce que cette situation perdure, voire s’amplifie avec l’effet de serre »…
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Baleines: polémique autour d’une étude japonaise sur les petits rorquals

Une polémique a pris corps autour d’une récente étude japonaise selon laquelle les petits rorquals maigrissent, les défenseurs des baleines y voyant un moyen détourné de justifier la chasse aux cétacés, pourtant interdite.

Pour l’organisation écologiste Greenpeace, l’Institut de recherche sur les cétacés, auteur de l’étude, cherche d’abord à  motiver l’existence de campagnes baleinières à  but « scientifique », car ce type de pêche mené par le Japon est toléré par la Commission baleinière internationale (CBI), qui proscrit la chasse commerciale.

Greenpeace a dénoncé le mode opératoire de ces chercheurs qui ont notamment autopsié les corps de 4.500 petits rorquals abattus par les pêcheurs japonais.

« Il n’est pas nécessaire de tuer des baleines pour les étudier. La pêche +scientifique+ n’est qu’une pêche commerciale qui ne dit pas son nom », a affirmé John Hocevar, océanographe à  Greenpeace.

Selon Greenpeace, des méthodes plus modernes peuvent permettre de comptabiliser les baleines et mesurer leur épaisseur de graisse sans les tuer.

L’enquête publiée cet été indique que les petits rorquals de l’Antarctique, aussi appelés baleines de Minke, voient peu à  peu fondre la couche de graisse qui les protège du froid. Ces cétacés ont en moyenne perdu 9% de graisse en 18 ans, soit 17 kilogrammes de moins chaque année, en raison d’une pénurie de krills, ces minuscules crustacés dont les rorquals se nourrissent.

La diminution des krills est due au réchauffement climatique, mais aussi au fait qu’ils font également le délice des baleines à  bosse et d’autres cétacés prédateurs, selon l’étude de l’Institut, soutenu par les pouvoirs publics japonais et partie prenante des campagnes baleinières nippones.

Pour Greenpeace, les auteurs de l’étude cherchent ainsi à  justifier une reprise de la pêche à  la baleine à  bosse, dont le Japon avait prévu cet hiver d’en chasser 50 dans l’Antarctique. Mais il avait dà’ renoncer face à  la levée de bouclier des défenseurs des cétacés, parmi lesquels le gouvernement australien.

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