Mérou, garant des fonds riches

Des embâches

Le mérou brun (Epinephelus marginatus) commence sa maturité vers 4 ans, lorsque sa taille atteint 40 cm, il est alors femelle. Entre 9 et 12 ans, il devient mâle, d’une taille de 70 à  80 cm. Un couple ne suffit pas, la reproduction se fait en « harem ‘ avec un mâle dominant de grande taille (souvent de 20 ans et plus) et une dizaine de femelles. Souvent de belle taille  » l’un des plus gros poissons que les plongeurs ou les apnéïstes rencontrent sous l’eau  » et d’un comportement placide, voire même curieux, il constitue une cible assez facile pour les chasseurs sous-marins.

à  la résurrection

Décimé sur nos rivages, le mérou doit sa résurrection à  une poignée de passionnés du monde marin réunis dans le GEM (Groupe d’Etudes du Mérou). Après 15 ans de moratoire pour la chasse sous-marine et 5 ans pour la pêche à  l’hameçon, de jeunes individus sont observables un peu partout sur nos rivages. Sous le faisceau lumineux d’un réseau de scientifiques, le mérou n’apparaît plus comme une espèce isolée à  protéger mais comme une espèce emblématique des fonds riches : « Ce sont les prédateurs de haut niveau qui entretiennent la diversité du milieu. Là  où les mérous prospèrent, les espèces sont nombreuses, abondantes et les tailles variées ; Ils forment une espèce « parapluie ‘. Les protéger permet d’avoir un milieu marin en très bonne santé.

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Slow-Food – Le choix du consommateur

Créé il y a 20 ans en Italie, Slow Food est devenue une organisation internationale forte de 80.000 membres. Représenté dans plusieurs pays par des directions nationales (Italie, France, Allemagne, Royaume-Uni, USA, Japon, Suisse…) ou des groupements associatifs (plus de 850 convivia), ce mouvement est fondé sur le concept “d’éco-gastronomie”, soit la reconnaissance de liens très forts entre le contenu de nos assiettes et l’état de la planète.

Foires, marchés, dégustations, communications, rencontres avec les producteurs, tous les événements initiés par Slow Food sont destinés à  éduquer nos papilles, créer des “sentinelles” ou garde rapprochée autour de produits de qualité en voie de disparition, préserver et développer les productions artisanales remarquables en incitant le consommateur à  payer un “juste prix” pour une nourriture saine et de bon goà’t, respecter les produits de saison, issus de terroirs locaux… Grâce au sommet Terra Madre organisé en 2004, Slow Food a initié 300 projets de sauvegarde de la biodiversité et d’anciennes traditions de production.

Ciblé sur les questions relatives à  l’eau, la pêche et la consommation de poissons, Slow Fish (www.slowfish.it) a réuni près de 40.000 personnes lors de la dernière rencontre à  Gênes (4 au 7 Mai 2007). Une organisation hors pair qui permettait de “goà’ter” aux produits de la mer et d’aborder différents thèmes tels que : “le cycle de l’eau soutenable”, “ les ressources partagées”, “l’éthique de la protéïne”, “le développement soutenable dans les pays en voie de développement”, “les petits pêcheurs : gardiens de l’environnement côtier”… En outre, favoriser les échanges entre producteurs suscitent des coopérations. Ainsi, les femmes de pêcheurs Imraguens de Mauritanie ont pu améliorer la qualité sanitaire et le conditionnement de la “battarga” (oeufs de mulet séchés ou poutargue) grâce aux conseils de pêcheurs toscans, producteurs et transformateurs d’anguilles.

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Guide du littoral varois de Saint-Syr à  Saint-Raphaêl

Quand l’art et la culture s’inscrivent dans la découverte
et l’amour de notre environnement

Sous-marines, aériennes et terrestres,
vous connaissez leurs photos qui jalonnent « l’encre de mer ‘

Après « Les 100 belles plongées varoises ‘,
Alain Ponchon et Philippe Joachim sortent le

« Guide du littoral varois de Saint-Cyr à  Saint-Raphaêl ‘

une incitation à  découvrir, à  pied, à  palmes et sur roues,
les richesses de notre environnement varois.

Au total 1200 photos et 384 pages pour approcher
l’âme des forêts, oiseaux, cétacés, biotopes marins
et communes de nos rivages méditerranéens.

Lieux de vente : FNAC, Décathlon, librairies maritimes du littoral et bureaux de poste du littoral

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Thonaille – thons, germons, espadons, grandes castagnoles

Chacun va son train, chacun a son coin dans cet univers compté. Jean-Claude, « l’ancien ‘, veille à  la passerelle pour ces 4 heures de route. A ses côtés, recroquevillée sur sa petite couchette, Aline la jolie capitaine complète un pan de nuit. David, le tout jeune matelot s’est installé sur le frigo. Sandrine, co-équipière, somnole dans la cabine ; à  ses oreilles des écouteurs amortissent le ronflement puissant qui perce la cloison.

A bonne allure le filet sort de la cale, à  l’horizontale, guidé par des mains agiles. Quand les yeux experts ont pressenti l’embrouille – celle d’un flotteur pris dans la nappe – nos deux marins bondissent vers la poupe saisissant à  pleine main la toile pour la freiner dans son envol.

Criant : « Arrière ‘ à  l’homme qui manoeuvre dans la cabine, ils s’arc-boutent en un seul élan avant de démêler prestement ce drôle d’imbroglio.

Le corps se plie au rythme du métier, tout comme ces tranches de vie égrenées tout au long de la journée. Pièce de théâtre bien naturelle, changement de décor quand en pleine nuit, au milieu de la mer, il faut clore le convivial repas, ranger, tout protéger. Dans 3 heures au plus, le filet traversera le pont, remontant avec lui des flopés d’eau, parfois de la carnasse, quelques méduses, des raies pastenagues et surtout de beaux poissons : thons, espadons, germons et de grandes castagnoles.

Temps d’action joyeuse et physique pour la calée et la levée, le démaillage, le glaçage, les multiples lavages du pont et puis des habits protecteurs : les bottes, les salopettes, les gants et les manchons. Demi repos quand le bateau flotte accroché entre le noir du ciel, le noir de l’eau, à  ses 4 kilomètres juste immergés de mailles et de flotteurs, de hauts signaux luminescents. Les voix des radios relaient celle des machines comme des étoiles lointaines qui nous rappellent au monde humain.

Sur le temps du retour et dans la clarté matinale s’allège la vigilance. Reste à  réparer les dégâts du filet. Le butin est moyen, on compte un peu mais pas à  la virée. Hier était mieux et que sera demain ? Le vent décide, le mistral tout soudain commande, notre route est détournée plus au nord, ce soir le bateau restera au port tandis que nos marins profiteront avec bonheur d’une vraie nuit dans un vrai lit.

* A bord de l’Orchidée – 13m20, 270 cv – avec Aline Espana, patron pêcheur à  Port de Bouc.

Pour en savoir plus sur la technique de la thonaille…

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Préservation et conservation des herbiers à  Posidonia Oceanica

Ce guide, rédigé par un collectif d’experts français et italiens, sous la coordination du GIS Posidonie et avec la participation de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, fait le point des connaissances sur Posidonia oceanica et sur les herbiers qu’elle constitue.
_ A travers des études de cas concrets, il synthétise les informations permettant de répondre de façon optimale aux différents problèmes de préservation et de conservation des herbiers de Posidonie auxquels sont confrontés gestionnaires et décideurs, acteurs de la gestion du littoral.

le site du RAMOGE

Télécharger le guide Posidonia Oceanica sur le site du RAMOGE : pdf – (3.8 Mo)

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Dentis

Denti au four : Le denti, comme le pagre, je le cuis au four avec rien ! Du poivre dans les ouïes  » c’est un vieux qui m’a dit ça  » et un peu d’huile d’olive. Je laisse le foie et les œufs, je les présente à  côté du poisson au moment de servir.

Denti grillé à  la grecque : le poisson est vidé, écaillé et entaillé tous les 5 cm. Farci de laurier, recouvert de feuilles de marjolaine, il est mis à  mariner dans de l’huile d’olive additionné d’un jus de citron avant d’être grillé des 2 côtés. Si le poisson est très gros, on finira la cuisson au four. On arrosera du jus de marinade avant de servir.

Recette marseillaise du denti farci, en croà’te de sel : Je vide le poisson par les ouïes, et si possible je le rince à  l’eau de mer. Je remplis le ventre avec des fruits de mer vivants, au choix : des moules dont j’ai brossé la coquille pour enlever la barbe, des crevettes si l’on aime, des bulots, des clams, du corail d’oursin Je prépare une pâte avec du gros sel (1 kg par kg de poisson) et du blanc d’œuf (1 à  2 blancs d’œuf par kg de sel). Sur un plat à  four, avec la pâte, je fais un petit nid dans lequel je mets le poisson. Je recouvre de pâte. On peut faire la forme d’un poisson. Quand la pâte a changé de couleur, le poisson est cuit. Il reste à  casser la croute avec un petit marteau ou une cuillère. Les écailles adhèrent à  la pâte mais elles ont gardé l’humidité du poisson. Les fruits de mer ont craché leur jus, ça a aromatisé entièrement la chair du denti C’est un régal !

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Que vivent la thonaille et la petite pêche de Méditerranée française

Motion signée par Pêche et Développement, Coordination des pêcheurs de l’Etang de Berre et de la Région, UIPMPM (Union Intersyndicale des Petits Métiers de Pêche Méditerranéenne) et les Prud’homies méditerranéennes d’Antibes, Bandol, Cannes, Carqueiranne, Grau d’Agde, Gruissan, La Seyne sur mer, Martigues, Palavas, Saint-Raphaêl, Salins d’Hyères (section de Toulon), Sanary.

Ils sont 60 bateaux répartis sur notre littoral, entre Port-Vendres et Menton, une des branches dynamiques de ce qui reste de la petite pêche méditerranéenne française : 2.500 pêcheurs sur les 18.000 pêcheurs français quand l’Espagne comptabilise 55.800 pêcheurs, l’Italie 42.000

De mai à  octobre, avec des bateaux un peu plus grands (10-18m) que les traditionnels pointus, ils s’éloignent des côtes pour pêcher au filet maillant des thons, parfois des germons, des espadons, de grandes castagnoles ; une pêche rentable opérée au large quand le littoral se peuple de navires de plaisance.

Rien à  redire contre ce métier qui procure un produit d’excellente qualité, sans décimer les stocks (300 tonnes par an pour 35 à  60 bateaux) ([Les poissons font 21 kg en moyenne (14/30 kg). Pas de pêche sur les zones de frayères. Par comparaison, les apports déclarés sont de 6200 t pour 34 senneurs.)] , sans nuire à  l’environnement (Pêche très sélective, capture quasi-exceptionnelle de dauphins (l’espèce pléthorique de dauphins bleus et blancs), pas de capture d’espèces protégées (tortue, oiseaux), aucun rapport avec certaines techniques industrielles de capture de thons ou certaines pratiques intensives de filets dérivants telles qu’elles se pratiquaient dans le Pacifique.). Tous ceux qui l’ont observé de près  » scientifiques, environnementalistes  » sont unanimes : « On n’a rien contre la thonaille ‘. De là  à  l’affirmer publiquement « C’est un problème politique Il n’est pas question de revenir contre l’interdiction de filets dérivants qui constitue une victoire médiatique des environnementalistes ‘. A cela il faut ajouter un mélange des genres avec des pratiques industrielles, la crainte d’un précédent qui ouvrirait une brèche à  d’autres pêches dommageables pour les mammifères marins, le travail en sous-main de lobbies concurrents

En attendant la Commission Européenne peine à  accorder un statut à  ces filets à  thons « qui ne dérivent pas ‘ comme l’ont montré ces pêcheurs. Pas de statut pour la thonaille : pas d’exception prévue pour le moment par l’ICCAT pour des captures inférieures à  30 kgs comme c’est le cas pour d’autres pêches ([L’ICCAT (ou CICTA : Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique) prévoit un statut dérogatoire pour les canneurs, les ligneurs, ou pour la capture en Mer Adriatique de thons destinés à  l’élevage. )]. Et le métier reste une cible médiatique qui sert à  masquer d’autres intérêts : la semaine dernière, une association environnementaliste américaine, Océana, n’a eu de cesse d’harceler les bateaux en pêche au risque de provoquer une collision et en refusant tout contact radio ([ L’an dernier, cette même association a diffusé un rapport sur la thonaille en refusant tout contact avec la profession. )]. Excédés, les pêcheurs ont fini par encercler le bateau afin d’obliger le capitaine à  s’expliquer. Celui-ci a retrouvé sa voix pour appeler à  l’aide sur le canal 16

Exemplaire dans sa démarche ([Avec l’appui financier des collectivités locales, la Coordination des thonailleurs a su initier une étude et un suivi scientifiques, expérimenter et utiliser des répulsifs bien avant que cette pratique ne se généralise, encadrer la flottille (permis de pêche spécial, déclaration de capture, limitation des longueurs de filets et des temps de sortie), adopter un moratoire d’un mois sur la zone du Sanctuaire pour les mammifères marins en mer ligurienne (période où les petits dauphins naviguent en tous sens et pourraient se faire prendre), organiser un recours juridique devant l’Union Européenne. Par souci de transparence, la Coordination des thonailleurs répond à  toutes les questions, transmet les données scientifiques, organise l’embarquement d’observateurs
)
], cette petite communauté interpelle aujourd’hui tous ceux « environnementalistes, scientifiques, politiques – qui par leur silence ou leurs décisions vont construire l’avenir :

– Va-t-on, contre le bon sens, interdire un métier séculaire pour des calculs politiques et médiatiques qui restent conjoncturels ?
– Que dire d’une Europe qui ne pourrait concevoir des pêcheries régionales spécifiques, bien gérées et bien encadrées, et qui suivrait sans discernement les lobbies productivistes ou médiatiques ?
– Si la thonaille devait être définitivement interdite, que fera t-on des thonailleurs ? Laissera t-on cet effort de pêche se reporter sur le littoral et risquer une pression accrue et dommageable sur d’autres espèces et sur des territoires souvent exigus ? Ou alors va-t-on prendre la décision de sabrer, à  coups d’indemnités, un pan essentiel de cette petite pêche méditerranéenne pour laisser la place  » toute la place  » à  l’industrie des loisirs nautiques et à  la pêche industrielle ?
– Sans la veille des pêcheurs professionnels sur l’eau, qui alertera sur les dommages causés à  l’environnement marin ?

Guerre d’usure contre ces hommes qui résistent depuis 9 ans pour sauver leur métier, le temps est une arme redoutable puisqu’il entame notre capacité à  réagir face à  une question récurrente. Que dire d’une humanité lassée qui ne saurait revenir sur des positions injustes, des principes mal établis ?

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Démarche qualité varoise

La démarche qualité initiée par le Comité Local des pêches du Var prend vie.

Première étape, les pêcheurs volontaires répartis sur l’ensemble du littoral varois ont réalisé un recueil : recueil des savoir-faire concernant chaque technique de pêche, des savoir être pour respecter le travail des confrères et des usages souvent codifiés par des règlements prud’homaux. Ce guide de « bonnes pratiques ‘, témoin de leur attachement au milieu marin, différencie les règles essentielles, à  respecter obligatoirement, des conseils de bon aloi.

Deuxième étape : recherche d’un organisme certificateur qui officialisera la démarche.

Pour plus d’information contacter Manon Ranc
Comité local des pêches du Var : T. 04 94 94 46 53

«Je pêche à  la palangre du poisson vivant, très prisé et très bon. De gros poissons. J’ai soutenu cette démarche à  1000 pour 100. Elle fédère tous les pêcheurs : au plus on est solidaire, au plus on est fort ; nous sommes tous participants d’une même croisière, même avec des techniques variées, des bateaux différents. L’équilibre fragile de la pêche et de la vente vient de la complémentarité, nous sommes tous interdépendants. Je ne l’avais pas compris tout de suite. Nous passons d’une image de prédateur inconsidéré à  une démarche de gestionnaire : nos techniques sont référencées dans un cahier des charges C’est une éthique que nous mettons en avant. Nous nous démarquons de la pêche industrielle et de l’aquaculture en protégeant, différenciant et labellisant le poisson local et sauvage. Nous mettons en valeur notre vie.’

Pierre Morera, palangrier varois

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La politique : le tabouret des riches ?

1959 : Etait-ce l’organisation prud’homale, les côtes de Méditerranée française ont échappé à  l’industrialisation de la pêche de la fin du 19ème siècle. L’art halieutique nourrit des populations de pêcheurs sur l’ensemble du littoral. Sous la conjonction de plusieurs facteurs, les pouvoirs publics malgré l’opposition des prud’homies et le résultat du référendum qu’elles ont organisé, déréglementent le secteur. La brèche est ouverte, celle d’une compétition ouverte fondée sur des bases financières et technologiques, et destinée à  conquérir de nouveaux marchés. Une nouvelle logique émerge autour de la production de masse, et de ses dérives quand les produits sont périssables et à  forte variabilité. La petite pêche se réorganise autour de communautés restreintes, spécialisées sur certains créneaux : vente directe de « poissons nobles ou d’extrême fraîcheur ‘, circuits commerciaux propres à  des espèces spécifiques.

Fin des années 80 : Redistribution des cartes sur l’échiquier européen avec pour mot d’ordre de réduire la surcapacité. Jeu des pouvoirs et des instances : les petits et gros bateaux des façades françaises sont mis dans le même moule réglementaire : on casse des pointus pour construire des chalutiers et des thoniers.

Années 90 : La Commission se penche soudain sur les techniques les plus artisanales de Méditerranée : hauteur des filets, taille des hameçons, mailles des filets Elle fait un amalgame des règlements des pays concernés et fixe des normes générales quels que soient la morphologie des territoires, la taille des communautés de pêcheurs, les conditions météorologiques, les usages et règlements locaux Règlement inapplicable et inappliqué face à  la diversité des rades et des baies, et à  ces conjonctions très particulières de l’homme, de ses techniques et de son champ d’action. Pêcheurs et prud’hommes se battent contre cette généralisation meurtrière : raisonnement par technique, par espèce, par biotope où l’homme n’a plus sa place. Ils se battent aussi pour ne pas travailler en fraude. Dans un milieu difficilement contrôlable, le braconnage est la pire des solutions. Pendant ce temps-là , l’écart se creuse entre grands et petits métiers qui travaillent pourtant sur des ressources et des zones communes.

Septembre 2006 : Le Conseil des Ministres européens doit voter la refonte de ce texte. Est encore prévue l’interdiction des filets à  thons, sous prétexte que les prises accessoires de mammifères, dans d’autres pays, sont inadmissibles. Laissera t-on une porte ouverte aux ganguis traditionnels de la Prud’homie de Toulon et à  leur juste appréciation de leur impact sur les herbiers ? Pensera t-on à  la hauteur de nos « battudes trémaillées ‘, ces filets mixtes qui permettent de prendre des poissons de passage sur des zones de pêche grandes comme des mouchoirs de poche ? Aura-t-on ajusté la taille des hameçons à  la gueule des poissons matures (dorade rose et espadon) ? Ce n’est pas faute de le dire, de sensibiliser politiques et scientifiques, de mobiliser la profession mais vient un temps où monter sur un tabouret pour se faire entendre à  Paris et à  Bruxelles nécessite trop d’argent, de disponibilité et d’organisation pour des marins-pêcheurs de métier. Vient le temps où les dirigeants doivent se pencher sur leur base pour comprendre ce qui marche bien, ce qui est porteur d’avenir, et voir précisément comment le soutenir Autrement l’Europe continuera à  se construire avec ceux qui ont les moyens de faire du lobbying : une Europe des grands intérêts financiers et non une Europe des régions spécialisées autour de leurs savoir-faire et de leurs terroirs spécifiques.

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L’administration des pêches : un enjeu territorial peu visible

L’administration du secteur de la pêche, par les pouvoirs publics, conduit à  des transformations généralisées et importantes de cette activité. L’administration « productiviste ‘ mise en œuvre depuis les années soixante, en Méditerranée, explique la fracture actuelle entre grands et petits métiers. Dans le contexte européen, la petite pêche devrait retrouver une place importante en contribuant favorablement à  la spécialisation touristique et résidentielle du littoral, mais les structures institutionnelles et les politiques sectorielles héritées de l’ancien modèle contrecarrent quelque peu cette nouvelle dynamique…

Pour lire la suite :

L’administration des pêches : un enjeu territorial peu visible (pdf – 88.7 ko)

Pour en savoir plus sur la méthodologie

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