Calanques : Le Var dans la zone optimale d’adhésion

Une lettre du 4 décembre de la nouvelle ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet annonce le périmètre du Parc national méditerranéen. Pas de grosse surprise, mais une « petite victoire ‘ pour Jean-Pierre Giran qui ajoute : « Je me félicite de cette décision ‘. En effet, le député du Var s’était battu pour que le parc ne s’arrête pas aux frontières du département des Bouches-du-Rhône. Et il semble avoir été entendu. Certes le cœur du parc national n’englobe pas le Var. Mais ce qui est appelé la zone optimale d’adhésion pourra être rejoint par les communes de Saint-Cyr, Bandol et Six-Fours…

Voir en ligne : La Marseillaise 9/12/2010

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Calanques : les pêcheurs artisans sont inquiets…

Hier après-midi, le GIP Calanques avait invité les représentants de pêcheurs corses pour témoigner de la réussite de la réserve de Scandola, devant des prud’hommes pêcheurs des Bouches du Rhône et du Var.

Toute l’assemblée était d’accord sur l’intérêt général de cette réserve mais les prud’hommes ont rapidement montré qu’elle ne pouvait être comparée au projet du parc des Calanques. Seulement 85 ha d’eau marine sont strictement interdits à  la pêche professionnelle. Ils sont situés dans une zone exposée aux vents et éloignée des ports, donc rarement exploitée. Le statut du parc corse est « régional » et les pêcheurs sont partie prenante dans les prises de décision et la gestion.

Les prud’hommes de La Ciotat ont affirmé leur volonté de voir la création du Parc des Calanques. C’est un outil pour gérer un espace maritime de plus en plus convoité. Mais en l’état actuel du projet, l’ensemble des pêcheurs artisans des Prud’homies de Marseille, Cassis et La Ciotat ne se voient accorder qu’une voix au conseil d’administration, au même titre que les activités de loisirs. Echaudés par une Politique Commune des Pêches qui oscille entre productivisme et lobbies environnementalistes, sans considération des réalités de terrain, ils ne veulent pas se voir confisquer la gestion de leurs zone de travail. Par ailleurs, ils ne sont pas d’accord sur la délimitation actuelle des zones qui seraient interdites à  la pêche et qui représenteraient plus de 4000 ha ! Enfin, ils trouvent surprenant qu’à  l’intérieur d’un parc national, l’on puisse maintenir le rejet des boues rouges de Péchiney, l’émissaire de Cortiou et le rejet par l’armée de batteries au lithium…


Concernant le statut des Prud’homies méditerranéennes et leur implication dans les parc marins, l’on notera que :
- les Prud’homies sont déjà  des gestions « territoriales » et les règlements prud’homaux doivent être les seuls référents pour la réglementation de la pêche professionnelle dans l’enceinte du parc,
- elles représentent l’un des rares modèles de gestion des pêches et des territoires, existants dans le monde
- si ces zones littorales sont relativement riches, comparativement à  d’autres côtes, c’est qu’elles ont été gérées de longue date par les Prud’homies,
- les Prud’homies se sont impliquées, et ont joué un rôle moteur, dans la mise en place de plusieurs aires marines protégées [1],
- la mise en réserve de zones, interdites à  la pêche professionnelle, dépend de l’étendue des zones de pêche et des pêcheurs qui en vivent. Elle doit pouvoir tenir compte du changement des zones de concentration saisonnière des différentes espèces, ainsi que de l’impact du changement climatique,
- les prud’hommes jouent un rôle actif dans la gestion des zones marines, tant pour leur activité, que pour la protection de leurs territoires et la conciliation des usages, et leur intégration au processus est un préalable incontournable.

L’on remarquera que les expériences qui marchent se sont faites dans le temps, sur la base de constantes négociations et d’un partenariat effectif. Même si cela n’est pas compatible avec un « affichage » politique pour raison d’élection présidentielle (ou autres). même si cela remet en cause des « pourcentages » arbitrairement définis, sans considération de la nature des fonds et de l’étendue du plateau continental.


Pour voir les projets dans le détail :

Projet de Charte
Annexes
Réglementations
Dossier de presse
synthèse

Pour voir le dossier de presse concernant cette réunion :

Dossier de presse : Calanques – Scandola
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Le parc des Calanques vu d’en haut

Dans un document confidentiel, la ministre de l’écologie dicte sa feuille de route au préfet de Région…

Des « arbitrages sur le projet ‘ qui définissent les marges de manœuvre consenties par le gouvernement aux acteurs locaux…

ce parc exemplaire « doit constituer un gage de crédibilité de l’Etat dans la mise en œuvre du Grenelle de la mer ‘. Alors la ministre met la pression : elle demande explicitement au Préfet de « finaliser les discussions ‘ sur la base des orientations qu’elle lui donne, « en les adaptant légèrement si nécessaire ‘. Les éventuels compromis ne devront donc affecter « ni le caractère marin du parc ‘ ni ses « principes fondateurs ‘…

« Il est nécessaire de maintenir le périmètre marin y compris celui englobant l’archipel de Frioul ‘, pose d’emblée la ministre. Pas de quoi faciliter la position de Guy Teissier (UMP), président du GIP (Groupement d’intérêt public) qui a annoncé, vendredi dernier lors d’une réunion publique sur l’île, la décision d’exclure la rade Sud de l’archipel et toute la rade de Marseille du cœur de parc…

Toujours dans la logique du Grenelle, 10% du cœur marin devra être préservé de tout prélèvement, estime le gouvernement. Dans le reste du cœur de parc, la pêche pourra continuer à  s’exercer à  l’exception du chalutage « benthique ou pélagique ‘…


Note de L’encre de mer : Curieux qu’une Ministre de l’Environnement compte en « pourcentages absolus » à  propos de zones marines, sans aucune considération du fond, et du plateau continental. Qu’en Provence, le plateau soit très limité, tout comme les zones de pêche évidemment, cela n’importe guère. Les pêcheurs artisans, interdits de thonaille, se reportent sur la zone littorale que l’Etat veut mettre sous cloche, pour affichage politique.

10%, nonobstant la connaissance des fonds, cela sonne un peu creux…

En Bretagne, le plateau continental n’a pas le même statut puisqu’il sert de décharge. Les pêcheurs dénoncent ces projets de clapage, mais qu’en dit la Ministre de l’environnement ?

Voir en ligne : La Marseillaise

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Terra Madre célèbre sa journée du 10 décembre

Pour célébrer le Jour de Terra Madre 2010, nous étions au Castellet, au restaurant « Le Pied de nez » de Benjamin Lagorce [1].

Petit débat autour du film de Coline Serreau :« Solutions locales pour un désordre global« , suivi d’un vernissage pour des tableaux humoristiques de Michel JEAN et d’un apéritif dinatoire « divin ».

Les producteurs avaient apportés vins, légumes, cèpes, charcuterie, fromages de chèvre, pain, miel… avec lesquels le cuisinier a fait des merveilles…

Michel JEAN et l’un de ses tableaux

Quelques points forts qui ont traversé notre débat

– Artisans pêcheurs, agriculteurs et éleveurs locaux doivent continuer à  fournir notre alimentation : une alimentation de proximité, saine, goà’teuse et rémunératrice pour les producteurs

– L’accès à  la terre et aux zones de pêche doit être préservé.

De plus en plus de terres agricoles sont déclassées et destinées à  la construction, ce qui a pour effet d’augmenter le prix du foncier, en général. Bon nombre de terres sont « en friche », probablement dans l’attente de leur déclassement. En Provence, il y a des jeunes prêts à  s’installer, un marché grand et ouvert mais une très grande difficulté pour trouver des terres, à  un prix abordable.

Cf. Collectif Terres fertiles

On notera qu’en mer aussi la pression est forte. Outre le développement d’activités littorales et maritimes (nautisme, loisirs, éoliennes, clappage, activités portuaires…), l’engagement politique de la France de mettre un pourcentage d’aires marines en réserve se traduit par la multiplication de projets locaux. L’avenir de la pêche artisanale se joue sur une corde raide : d’une part, il est indispensable de réguler l’ensemble des activités maritimes dans la bordure littorale, ce que la gestion d’aires marines protégées devrait permettre a-priori, d’autre part, il est nécessaire de ne pas trop rogner les zones de pêche dans une région où le plateau continental est très étroit et la pêche artisanale ciblée sur des concentrations saisonnières « mouvantes » des différentes espèces.

– La qualité des terres et des mers doit être préservée, elle passe par une analyse régulière des sols et du plancton.

Méconnaissance de la vie qui se joue, à  l’échelle microscopique, dans nos terres et nos mers, il nous faut repartir du vivant et des pratiques ancestrales qui l’ont préservé pendant des siècles.

Pour exemple, l’on remarquera que l’observation planctonique n’est pas prévue dans les programmes de recherche des sites Natura 2000 en mer. Quand on sait qu’une observation régulière du plancton permet de voir les déséquilibres, de rechercher les causes, et d’intervenir avant que toute la chaîne alimentaire ne soit « impactée », c’est un oubli surprenant.

Pour en savoir plus sur Terra Madre, la Journée qui lui est consacrée, et les 7 piliers qui la fondent [2] , voir la Newletter n°5 de Slow-Food France

Parmi les producteurs, il y avait :
Boucherie Kamal
– Maraichers : Pierre Zoubkoff de St-Cyr sur mer et Thierry Valarino de la Cadière qui vendent en AMAP,
– Fromagers Luc Falcot de Cuges les pins qui élève des chèvres du Rove pour la fameuse « brousse du Rove » , Claudie Bruna de Signes qui vend ses fromages notamment à  Gamm’Vert d’Ollioules, et Jérome Magnaldi de la Cadière d’Azur,
– Miel : Olivier Paxe de Ste Anne du Castellet,
– Vignerons : Corinne et Bernard Aimar pour les Moulins de la Roque, Agnès Henry pour le Domaine de la Tour du Bon, Jean Luc Poinsot pour la Badiane, Jean Baptiste Dutheil pour le Château Sainte Anne, Daniel Ravier pour le Domaine Tempier, Patrice Malfatto pour un vin bio à  La Cadière, Cédric Gravier pour le Domaine de La Suffrene et Jean Marie Castell, pour le Domaine Castell-Reynoard
Benjamin Lagorce
Photo S. Marty
Consciencieuse et accueillante, la serveuse du Pied de nez
Photo S. Marty
Le « chef » du Pied de nez
Photo S. Marty

Pour voir les photos de la soirée prise par S. Marty

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Sauver l’anguille européenne : une priorité mais pas sans les pêcheurs professionnels !

Sur avis du Groupe d’examen scientifique CITES de l’Union Européenne, le Comité CITES vient de fixer un quota nul d’exportation hors de l’Union européenne pour les civelles (alevins de l’anguille européenne). Cette décision touche principalement la France, qui constitue le principal pays producteur. Le WWF-France et le CONAPPED [1] considèrent que cet arbitrage est un coup d’épée dans l’eau.

Outre le fait qu’il ne sera d’aucune efficacité pour enrayer le déclin de l’espèce, considérée en danger critique d’extinction, il met gravement en danger toute une profession qui joue un rôle essentiel de veille écologique sur des milieux aquatiques fragilisés. Les pêcheurs professionnels ne doivent pas devenir les boucs émissaires de ce déclin constaté depuis les années 1960.

En effet, bien au-delà  de la pêche, les causes du déclin de l’anguille sont multiples : disparition des zones humides, fragmentation des habitats par l’édification d’obstacles aux migrations du poisson, contamination et pollution des milieux, turbinage, maladies, parasitisme ou encore introduction d’espèces envahissantes. Toutes ces perturbations ont conduit à  une importante dégradation de la qualité des habitats essentiels de l’espèce, mais également à  une réduction de 50 % des zones historiquement colonisées par l’anguille depuis le début du 20ème siècle. Cette décision européenne qui ne tient pas compte des efforts consentis par la profession depuis de nombreuses années, d’autant que les dernières mesures d’encadrement et de réduction [2] de la pression de pêche appliquées depuis le 1er janvier 2009 sont particulièrement drastiques. En intervenant directement sur l’équilibre économique des quelque 800 entreprises concernées, sans leur laisser le temps de s’adapter, le programme européen de repeuplement visant à  enrayer le déclin de l’espèce risque de ne jamais voir le jour. Les pêcheries disparaîtront les unes après les autres, compromettant ainsi l’approvisionnement des programmes des autres Etats membres désireux de reconstituer le stock d’anguilles. Afin de permettre à  la filière de s’adapter, en accord avec les obligations communautaires et nationales et les principes du développement durable, le WWF-France et le CONAPPED demandent :
- l’attribution à  la France d’un quota d’exportation hors Europe tant qu’un programme de repeuplement européen compatible avec la viabilité de la filière ne sera pas mis en oeuvre ;
- la mise en oeuvre de plans d’accompagnement et de sortie d’activité d’une partie de la pêcherie ;
- la mise en oeuvre d’un dispositif de traçabilité des civelles de repeuplement en Europe, à  l’image du système développé en France depuis 2009 ;
- un contrôle et une évaluation de l’efficacité des mesures mises en oeuvre dans les plans nationaux de gestion.

Contacts presse CONAPPED : M. Philippe BOISNEAU (Président) : 06 11 29 11 64 Mme Sylvie SICOT (Communication) : 02 40 04 64 08

Contacts presse : Camille Lajus  » Responsable presse : 01 55 25 84 61  » 06 15 39 24 95 / clajus@wwf.fr Pauline Dame  » Attachée de presse : 01 55 25 84 70  » pdame@wwf.fr

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communiqué de presse

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dossier

Notes

[1] Comité National de la Pêche Professionnelle en Eau Douce

[2] Cette réglementation est mise en oeuvre depuis le 1er janvier 2009 dans le cadre du plan français de gestion de l’anguille, conformément au Règlement (CE) n° 1100/2007

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Carnon : au gangui, ils attrapent le jol

« … Aux Quatre-Canaux, l’un des trois postes tirés en juin à  la prud’homie, les marins ont mouillé le gangui et attendent le jol, ce petit poisson argenté qui va si bien en friture, « fariné pourquoi pas ‘, et que premiers froids sévères et vent virant au Nord poussent vers la mer. Encore faut-il que le courant y mette du sien…

Accroché à  des chaînes aux piles du pont, lesté au fond de l’eau, le long ensemble – deux bras et une nasse à  la maille fine – paraît mollement ballotté en attendant la bascule de ce courant rétif… « Quand on vient pêcher le jol, lâche Didier Daynac, c’est qu’on est en perdition à  la mer, histoire de gagner quatre sous. ‘..

Quand les eaux refroidissent à  cette époque, expliquent les deux hommes, le jol se promène, entre et sort des étangs par le grau, vers la mer, jusqu’à  sa sortie définitive lorsque les étangs deviennent très froids. ‘ Il siffle alors la fin de la pêche au gangui propre à  la géographie de ce littoral… »

Note de L’encre de mer : ce gangui est un filet fixe posté dans les canaux. A différencier du gangui, petit engin traînant utilisé dans le Var.

Voir en ligne : Midi Libre

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D’importantes compagnies chinoises se ruent sur les ressources marines et le marché africain des produits de la pêche

La compagnie de pêche China Fishery Group, spécialisée dans la pêche au chalut pour les petits pélagiques et la production de farine et d’huile de poisson, a commencé à  pêcher en octobre dans les eaux mauritaniennes pour des espèces telles que le chinchard et la sardine, et espère que l’Afrique va devenir non seulement une source de poissons pour la compagnie, mais également un marché pour ses produits. Le directeur général de la compagnie a dit que le continent pourrait représenter entre 20 et 30 pourcents des ventes totales de la compagnie dans 3 ou 4 ans, alors qu’il représente actuellement moins de 7%.

China Fishery Group compte investir en Afrique en ouvrant des usines de traitement du poisson en Mauritanie, et elle est à  l’affà’t d’autres acquisitions possibles qui l’aideraient à  augmenter sa flotille de pêche. Actuellement, China Fishery Group exploite une flotte d’environ 80 bateaux de pêche et vend la plus grande partie de ses captures sur le marché chinois. Par cette expansion en Mauritanie, China Fishery Group obtient l’accès à  de nouvelles zones de pêche, lui permettant de faire pêcher ses navires pendant la saison creuse dans le Pacifique sud, où ils pêchent habituellement, et ce sans devoir consentir d’investissements trop importants, ajoute le directeur général. China Fishery Group est également en relation avec la compagnie Pacific Andes, un autre géant de pêche. Après un accord avec un agent mauritanien de pêche, Pacific Andes a envoyé deux de ses chalutiers congélateurs en Mauritanie avec la possibilité d’augmenter ce nombre de bateaux à  cinq. Pacific Andes a aussi envoyé en Mauritanie le La Fayette, bateau-usine qui sera approvisionné par ses propres chalutiers frigorifiques utilisant de l’eau de mer (RSW) aussi bien que par d’autres chalutiers européens, provenant d’Irlande et d’Ecosse, utilisant la technique du chalutage en boeuf. Le directeur général de Pacific Andes a souligné que la société avait décidé d’augmenter fortement sa présence dans la capture et la distribution africaines, parce que Pacific Andes pense que l’Afrique a un potentiel de croissance élevé, supérieure même à  celui de la Chine. La Mauritanie est également proche des marchés africains importants pour les petits pélagiques congelés, tels que le Ghana ou le Nigéria.

Sources FIS World News, 26 November 2010

China Fishery Group website, financial information, prospects and outlook 2010

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L’hippocampe, un poisson unique en son genre

Un très beau film, avec des prises de vue magnifiques, sur les hippocampes de nos mers et lagunes sur ARTE

Le premier site visité est la lagune de Thau, sous l’oeil « masqué » de Patrick Louisy.

Visible sur internet. Rediffusion le 10 déc 2010 à  14h

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Ces boues polluées qui entrent dans la chaîne alimentaire…

I. Un bilan inquiétant

- l’importance des volumes dragués en France : 37,4 millions de m3, essentiellement dans les 7 grands ports maritimes [1] sur 180 zones
- l’immersion de 85% des sédiments
- le rejet de 4200 tonnes de métaux lourds, de 600 kg de PCB et de TBT, avec des franchissements de seuils importants,
- le suivi incomplet de certains rejets (PCB et HAP), totalement insuffisant pour d’autres contaminants (HCB, g-HCH, DDT, cyanures, fluorures et étain) et nul (ou non diffusé) pour les substances rédioactives…

Voir : Bilan 2008 des dragages en France (source Enquête « Dragage 2008 ‘ Analyse des données. Juillet 2010 CETMEF)

2. Un impact sur la santé des êtres vivants marins et sur la nôtre

Métaux lourds, DDT, PCB, TBT, éléments radio-actifs… se concentrent chez les animaux en fin de chaîne alimentaire, ou filtreurs, et passent progressivement chez l’homme qui en consomme. « Des effets sont observés sur la reproduction ou mortalité de certaines espèces marines… Les poissons stockent dans leurs viscères et dans leurs muscles divers polluants organiques et organo-métalliques stables.. ». Sans compter la présence de nombreux germes pathogènes dans les ports.

Cf. notamment l’interdiction de la pêche à  la sardine et autres espèces en Baie de Seine ou en Manche, ou encore aux Antilles (chlordécone).

Voir notamment Menus toxiques, une enquête sur les substances chimiques présentes dans notre alimentation, une étude mentionnée par Aquablog. Cette étude est édifiante et les poissons (surtout saumon d’élevage) et crustacés n’en sortent pas indemnes…

Voir également article du Monde de ce jour

3. Des boues et sédiments de dragage à  considérer et traiter en tant que « déchets »

« Le dragage et le clapage conduisent à  redisperser des substances accumulées durant des années, voire des décennies, engendrant parfois des flux importants de toxicité ».

Cette immersion de boues contaminées n’est pas compatible avec les directives européennes : les Directives sur l’eau et la stratégie en milieu maritime qui prévoient d’atteindre en 2015 et 2020 un bon état écologique des masses d’eau côtières et des milieux marins.

France Nature Environnement demande, avec le soutien de Robin des Bois, que l’Etat mette en place un programme sur 5 ans pour arrêter l’immersion de boues et que la filière française s’adapte sur le modèle de ce qui existe déjà  ailleurs, ou même dans certains ports français.

Voir le dossier de presse de France nature environnement « Boues de dragage : la grande omerta »

3. L’implication des professionnels de la mer : pêcheurs, conchyliculteurs…

Voir la liste d’articles sur le site du Comité local des pêches du Guilvinec

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Quand la voie prud’homale sert d’exemple…

Ce 1er décembre 2010 s’est réuni le Comité de programmation du Groupe FEP varois pour voter les projets à  financer, et sélectionner de nouveaux projets à  venir. Au cours de cette longue réunion ont été présentés différents axes (études scientifiques, pescatourisme, portail internet, livre, bornes touristiques…) dont le compte-rendu sera prochainement disponible.

Concernant la communication de L’encre de mer, les prud’hommes présents ont manifesté leur soutien à  L’encre de mer : revue et site internet. « Une revue et un site internet pas comme les autres… une revue qui change l’image du pêcheur… qui est envoyée aux élus et à  la Commission à  Bruxelles… qui est connue dans le monde de la pêche… qui part facilement auprès du grand public lors de manifestations… »

L’équipe de rédaction tient à  remercier ces prud’hommes pour leur soutien « inconditionnel » à  L’encre de mer tout en remarquant que la démarche a été inspirée par la voie prud’homale : avancer posément, avec des articles de fond et sur la base de notre propre conviction, même si cela ne colle pas toujours à  l’actualité. Accepter un décalage fréquent avec le sentiment que l’on avance plus sà’rement en prenant le temps de la réflexion, et en s’appuyant sur le ressenti plutôt que le réactif, respecter profondément la parole de l’autre, sa cohérence et sa culture jusqu’à  prendre le temps de retranscrire mot à  mot ses explications…

C’est un pari audacieux qui n’est pas « rentable » dans notre monde actuel, et qui n’aurait pu voir le jour sans l’appui presqu’inconditionnel des collectivités territoriales : Région PACA, Département du Var et récemment Toulon-Provence-Méditerranée [1] ainsi que l’Etat et le FEP dans le cadre du Groupe FEP varois.

C’est une démarche engagée depuis 5 années à  laquelle se sont associés toutes les personnes interviewées, nous accordant tout leur temps (et leur patience sà’rement) pour nous faire réellement comprendre et sentir le message qu’elles avaient à  transmettre. Il est rare qu’après cela ne se soient pas tissés des liens d’amitié et établie une relation de confiance et de reconnaissance mutuelle.

C’est un partage d’équipe où chacun se sent libre de poursuivre son propre chemin, heureux finalement de pouvoir croiser nos modes d’expression (peintures, photos, textes), et ce qu’ils véhiculent au-delà  des mots.

A notre façon, nous donnons corps et voix aux témoignages d’hommes en prise avec la nature. La sagesse prud’homale dont ils héritent, tout comme leur liberté d’agir alliée au respect des cycles saisonniers, forcent nos traits, nos avancées. Qu’ils en soient remerciés !

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