Copenhague : l’échec d’une pensée

Ce texte est émaillé de phrases d’autant plus grandiloquentes qu’elles sont moins contraignantes, alors qu’il fallait des objectifs datés et chiffrés, des trajectoires décrites jusqu’en 2020, 2030 et 2050, et un régime de respect des obligations et de sanctions en cas de défaillance. La rédaction du paragraphe 2 de ce texte constitue un exemple de phraséologie sans ambition ni engagement : « Nous devrions coopérer pour atteindre le pic des émissions nationales et globales le plus vite possible, en reconnaissant que le passage du pic sera plus éloigné dans les pays en développement et en gardant à  l’esprit que le développement social et économique et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement et qu’une stratégie de développement peu émettrice est indispensable au développement durable ‘. Tandis que les documents et les paroles des experts du Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) ne cessent d’affirmer que le pic puis le déclin des émissions mondiales doivent advenir entre 2013 et 2017, nos dirigeants mondiaux écrivent « le plus vite possible ‘, c’est-à -dire « nous verons plus tard ‘. De même, le segment de phrase qui contenait une référence explicite à  une division par deux des émissions globales en 2050 par rapport à  leur niveau de 1990, ce segment a disparu du texte final. Comme le disait le président Obama dans sa conférence de presse, vendredi 18 décembre, vers 23h00 : « Cet accord n’est pas juridiquement contraignant, et chacun fera chez soi les efforts nécessaires ‘. On ne saurait être plus franc sur la fin du Protocole de Kyoto et de tout engagement collectif, sur le mépris de l’ONU et du multilatéralisme, sur l’indifférence aux alertes des scientifiques. J’invite chacun à  lire cet « accord de Copenhague ‘ afin d’en déceler, à  chaque ligne et dans son ensemble, les marques de l’aveuglement à  la catastrophe, du nationaliste économique et énergétique, de la croyance désuète au « développement ‘, fut-il « durable ‘.

Le vocabulaire du « développement ‘, souvent équivalent à  celui de la « croissance ‘, est omniprésent dans tous les textes onusiens, notamment dans la Convention sur le Changement climatique et dans le Protocole de Kyoto. Il est la base de la partition de l’ensemble des pays en deux groupes : les « développés ‘ et les « en développement ‘. Fondée sur le PIB par habitant, cette partition renvoie à  une vision purement économique du bonheur des populations et de la santé des écosystèmes qui les soutiennent. On imagine ainsi un hit-parade des pays en ordre décroissant du PIB par habitant : les plus « riches ‘ en tête, puis les « grands émergents ‘, jusqu’aux « pays les moins avancés ‘ (PMA). Bien sà’r, ce classement ne tient aucun compte de l’état de l’environnement naturel du territoire de chaque pays, ni des prédations d’énergies, de matières ou de produits que les plus « riches ‘ effectuent au détriment des plus « pauvres ‘. Ces derniers n’ont donc qu’une seule image de l’avenir : rattraper le niveau de « développement ‘ des premiers dans une course perdue d’avance. A entendre les délégués à  Copenhague des pays africains, asiatiques ou sud-américains, leur obsession unique est de se doter eux-aussi des grattes-ciel, des routes et aéroports, des voitures, téléphones mobiles et autres exhibitions matérielles qui attestent de leur « développement ‘. Suggérer que 80% de ces « richesses ‘ proviennent du sous-sol à  partir de matières premières non-renouvelables, que les réserves de certaines de ces matières premières commencent à  s’épuiser, et que, par conséquent, c’est plutôt aux pays « développés ‘ de réduire leur consommation desdites matières afin de partager équitablement et sobrement ce qu’il en reste, dans une décroissance de leur empreinte écologique, et afin d’imaginer un autre modèle de prospérité fondée sur une économie de flux et non de stocks comme aujourd’hui, et vous passez instantanément pour un écolo régressif genre retour à  la bougie ou aux cavernes.
L’immense majorité des dirigeants, au Nord comme au Sud, croient encore que l’on peut multiplier sans limite les productions et consommations matérielles, alors que l’évidence géologique de la finitude du monde terrestre montre que cette croyance est un fantasme irréalisable et, hélas, une origine banale des guerres passées et futures. Copenhague est d’abord l’échec de cette pensée productiviste du « toujours plus ‘ pour les riches qui ne veulent pas baisser leur « niveau de vie ‘ et pour les pauvres qui espèrent vainement rattraper le niveau de vie des riches.

Une seconde thèse peut aussi nous aider à  comprendre l’échec de Copenhague, au-delà  des explications plus ou moins justes de la défense des intérêts nationaux (Obama, par exemple, pouvait-il oublier la pression de ses lobbies automobiles, charbonniers et pétroliers, ainsi que ses fragiles projets de loi sur la santé et sur l’énergie). Lorsqu’autant de leaders mondiaux se réunissent, il s’agit de ne pas perdre la face. L’affichage public d’un engagement écologique considéré comme excessif par les autres ruinerait votre image. Peu importe de savoir si cet engagement est exactement fidèle aux constats et conseils du GIEC qui nous décrit l’urgence et l’importance de la catastrophe climatique, ce qui compte alors est moins la vérité scientifique à  laquelle on croit peut-être en son for intérieur que l’opinion des autres sur les propositions que vous formulerez. Ainsi, la posture européenne décrite dans le « paquet énergie-climat ‘ de décembre 2008 était-elle : nous sommes prêts à  réduire de 30% nos émissions à  l’horizon 2020 (par rapport à  1990) à  condition que les autres fassent un effort de réduction comparable. Sinon, nous ne ferons que -20%. Cette posture en miroir, si elle n’est pas comprise de tous, implique une évolution par le bas des engagements de chacun. Elle se retrouve dans de nombreuses situations sociales, dont on comprends alors pourquoi elles évoluent si lentement dans des régimes où l’opinion des uns dépend de l’opinion des autres. L’atmosphère n’a pas cette subtilité. Elle se moque bien des échanges d’opinions et des promotions d’images de soi. Elle enregistre sans émotion les concentrations de gaz à  effet de serre qui perturbent sa composition. Elle ne négocie pas.

Yves COCHET

Mathématicien, ancien Ministre de l’Environnement, Député de la 11e circonscription de Paris.

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Activités – Interactions – Dispositifs d’encadrement — Référentiel pour la gestion dans les sites Natura 2000 en mer

– Référentiel rédigé pour l’Agence des Aires Marines Protégées à  propos de la pêche professionnelle : son activité, son cadre de réglementation, le détail des techniques et de leurs interactions possibles avec les espèces et habitats protégées au titre de Natura 2000 en mer.

Référentiel pêche professionnelle

Référentiel concernant les cultures marines

Référentiel concernant les sports et loisirs

Les habitats et espèces Natura 2000

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Carte des zones maritimes sous juridiction française (Source SHOM)

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Le chant des baleines bleues devient de plus en plus grave

Les raisons pour lesquelles les baleines « chantent » restent mal comprises. Mais ce n’est pas tout : voilà  qu’on découvre que les baleines bleues chantent aujourd’hui dans une tonalité plus grave que dans les années 1960… sans que personne ne comprenne véritablement pourquoi. De mystère en mystère, c’est ainsi, parfois, que la connaissance progresse.

Des populations en voie de reconstitution

On estime qu’il existe dans le monde entre treize et quinze espèces de baleines (ou cétacés à  fanons), réparties en trois familles : les baleines grises, les rorquals (auxquels appartient la baleine bleue) et les baleines franches, ainsi nommées car plus lentes, donc plus faciles à  capturer que les autres.

Toutes ont été chassées à  l’extrême, à  tel point que certaines espèces, baleine bleue et baleine à  bosse en tête, étaient quasiment décimées dans les années 1960. Après vingt ans de lutte, l’interdiction totale de la chasse commerciale à  la baleine est entrée en vigueur en 1986.

Respecté par la plupart des pays – à  l’exception notable du Japon, de la Norvège et de l’Islande -, cet accord international a permis aux populations (celles de la baleine à  bosse notamment) de commencer à  se reconstituer. La plupart des espèces vivant en haute mer, leurs effectifs restent toutefois difficiles à  évaluer avec précision.

Seule certitude : dans l’océan, optiquement peu pénétrable mais acoustiquement très porteur, la communication sonore joue un rôle essentiel. Parmi les cétacés, les dauphins ont développé un système d’écholocation couvrant les hautes et très hautes fréquences (de 20 à  150 kilohertz), tandis que les baleines utilisent plutôt les basses fréquences (de 12 hertz à  8 kilohertz) pour émettre cris et grognements.

Le chant des baleines, quant à  lui, a longtemps été considéré comme la spécialité de la baleine à  bosse : aucune autre espèce ne le pratique de manière si variée et si continue. Mais les progrès réalisés ces dernières années en matière d’enregistrements sous-marins ont permis de confirmer que d’autres espèces de baleines se livraient, elles aussi, à  cette activité vocale.

Parmi elles, Balaenoptera musculus, plus couramment appelée baleine bleue, ou rorqual bleu : le plus gros de tous les mammifères (25 m de long en moyenne), et peut-être de tous les animaux ayant jamais existé sur Terre. D’où, sans doute, l’impressionnante puissance de son chant (près de 190 décibels, soit plus qu’un avion de ligne à  réaction), qui se propage sur de très grandes distances : une centaine de kilomètres au moins, parfois beaucoup plus s’il trouve dans l’océan des chenaux acoustiques, qui forment des canaux naturels de communication sous-marine.

Stratégies reproductives

Pourquoi les mâles – car eux seuls sont concernés – ont-ils des chants d’une telle portée ? Comme la plupart des rorquals, la baleine bleue, que l’on trouve dans tous les océans du globe, se nourrit l’été dans les régions polaires et se reproduit l’hiver dans des régions plus tempérées. Au cours de l’année, ses représentants parcourent donc des milliers de kilomètres, et se trouvent souvent très éloignés les uns des autres.

La plupart des chercheurs s’accordent à  penser que la puissance de leurs chants a pour fonction première de constituer un système de communication performant, faute de quoi mâles et femelles auraient bien du mal à  se retrouver à  la saison des amours.

Ces chants leur permettent-ils également de signaler leur identité et leur position géographique ? Etant souvent émis de façon répétée, selon des « patrons » d’émissions spécifiques, représentent-ils une forme de communication essentielle aux activités sociales des baleines, comme chez les mammifères terrestres et les oiseaux ? Les hypothèses sont nombreuses, mais leur confirmation reste à  venir. C’est dans ce contexte que les Américains Mark McDonald (de la société WhaleAcoustics, spécialisée dans l’enregistrement des baleines) et John Hildebrand (Institut d’océanographie Scripps, université de Californie, San Diego), en comparant les centaines de chants enregistrés depuis les années 1960, ont découvert que les baleines bleues émettaient dans des tonalités de plus en plus graves. Le phénomène, affirment-ils dans la revue Endangered Species Research, est identique dans tous les océans du globe, constant et relativement régulier.

Le phrasé et les unités de base qui composent le chant sont restés inchangés, seule la fréquence a baissé. Alors qu’elle était il y a quarante ans d’environ 22 Hz, elle est aujourd’hui tombée à  15 Hz chez la population du Pacifique nord-est, celle qu’ils ont le mieux étudiée, soit une baisse de 32 %.

Faut-il pour expliquer cette évolution invoquer la pollution sonore des océans ? Ou bien la dynamique des populations (réduits à  quelques centaines dans les années 1960, les effectifs de la baleine bleue, déclarée espèce protégée en 1966, seraient remontés à  plus de 5 000 individus), qui autorise les mâles à  chanter plus grave et moins fort ? Ou encore de nouvelles stratégies reproductives, les femelles trouvant désormais les chants graves plus attractifs ? Et Mark McDonald de constater : « Nous n’avons pas la réponse. Nous avons juste un grand nombre de données. »
Catherine Vincent

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La stratégie maritime arrive quand les caisses sont vides

JEAN-CLAUDE HAZERA EST RéDACTEUR EN CHEF AUX « ECHOS ‘.

Le gouvernement se dépense pour redonner à  la France la politique maritime qu’elle mérite : déplacement du Premier ministre à  Brest le 2 décembre pour clore les Assises de la mer organisées par « Le Marin ‘ et « Les Echos ‘ avec le cluster maritime français, conseil interministériel le 8 décembre, Livre bleu dessinant une stratégie maritime nationale, grandes manoeuvres diplomatiques pour conforter le deuxième espace maritime mondial (grâce aux DOM-TOM) Les professions maritimes, conscientes que la France est « une puissance maritime qui s’ignore ‘, sont sensibles à  ces attentions. Mais cette reconnaissance intervient à  un moment où la principale préoccupation de l’Etat redevient – par force -de fermer les vannes de la dépense. Au pays de Colbert, les caisses sont vides. Il y a quelques mois, les discours du Premier ministre alignaient les promesses de millions et de milliards au nom de la relance. Celui qu’il a prononcé le 2 à  Brest était remarquablement avare du moindre engagement financier, de même que les décisions du 8 décembre.

L’économie maritime, qui représente déjà  près de 320.000 emplois directs – plus que l’automobile -n’a pas seulement besoin d’argent pour se développer, c’est sà’r ! Elle espère aussi des décisions. Un exemple. Quand le Premier ministre déplore que la France importe 85 % des produits de la mer qu’elle mange, il sait que cela tient notamment à  la stagnation de l’aquaculture par manque de sites. S’ils autorisent de nouvelles exploitations, le coà’t pour les politiques ne se mesure pas en euros mais en voix aux élections. Le projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche va tenter des schémas régionaux de développement négociés avec les professionnels et les associations pour débloquer la situation. A suivre.

De même les pêcheurs ont avant tout besoin qu’on les autorise à  pêcher. Prompts à  se révolter, ils sont pour le moment sous le charme de leur ministre. Bruno Le Maire, ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, leur propose d’être « à  la tête ‘ de la réforme européenne de la politique commune de la pêche qui commence. Avant d’annoncer la position française, il a réuni la base et promet de continuer à  l’écouter. Les pêcheurs ont compris, expliquent-ils, que les poissons sont menacés de disparition et qu’il faut gérer les quantités pêchées. Ce qu’ils veulent c’est être associés aux décisions des scientifiques et des fonctionnaires au niveau de chaque « pêcherie ‘. Et ils refusent catégoriquement les quotas de pêche suggérés à  Bruxelles, qu’on pourrait vendre et acheter sur un marché. Tout cela a été entendu par le gouvernement.

De même, les énergies marines – un grand rêve pour demain -ne réclament pas encore trop d’argent. Pour le moment, il leur faut de l’aide à  la recherche-développement. Confirmée le 8, l’installation à  Brest d’une grande plate-forme technologique avec l’Ifremer pour chef de file répond à  cette attente. Les premiers projets réalisables à  court terme, c’est-à -dire les implantations d’éoliennes en mer, ont besoin, comme l’aquaculture, de sites, donc de prises de risque politique face aux réticences des riverains. Le Premier ministre s’est contenté de confirmer des objectifs ambitieux – 6.000 mégawatts en mer d’ici à  2020. Le comité interministériel a décidé des appels d’offres début 2010 « sur les zones favorables ‘. C’est peut-être le début d’un vrai processus de décision. Cela dit, en imaginant ce point clarifié, l’éolien en mer va-t-il se développer à  vive allure sans qu’on parle argent ?

Le bleu de la mer a beaucoup d’arguments à  faire valoir dans une période où le vert a le vent en poupe. Mais la rentabilité de beaucoup d’activités demande de sérieux coups de pouce financiers. Ils peuvent être parfaitement justifiés par l’intérêt national et celui de la nature. Encore faut-il que les fonds soient disponibles.

Demain l’éolien pourrait être flottant, donc plus éloigné du regard des riverains. On captera aussi peut-être l’énergie des courants, de la houle ou des différences de température entre la surface et le fond. Le coà’t de tout ceci, aggravé par l’éloignement et les problèmes de maintenance est incertain mais cher. A Brest, Philippe Germa, directeur général de Natixis Environnement et Infrastructures, parlait sans faire hurler personne d’un coà’t doublé par rapport à  la terre et sextuplé par rapport au nucléaire. Pour que les mégawatts bleus soient au rendez-vous, il faudra donc prévoir des prix de rachat de l’électricité généreux, répartis sur les factures de tous les consommateurs ou payés par l’Etat.

Côté pêche, on ne parle pas d’argent pour le moment. Tout est calme tant que personne ne brandit l’épouvantail du prix du carburant. Mais, pour que notre pêche devienne vraiment « durable ‘ il faudra remplacer les chalutiers actuels qui sont – en partie à  cause de l’absurdité des réglementations -des sabots surmotorisés dépensant beaucoup de carburant. Mais quand Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne, évoque devant le ministre de la Pêche ce nécessaire renouvellement de la flotte, il ne lui cache pas qu’il y a un sérieux problème de fonds propres. Qui paiera ?

Dernier exemple : les fameuses « autoroutes de la mer ‘, qui pourraient limiter le nombre de camions sur les routes en les transportant d’Espagne ou du Portugal jusque sur les côtes de l’Atlantique, ou de la côte méditerranéenne vers l’Italie. Pour qu’autoroute il y ait, il faudrait que l’argent public finance les bateaux comme il finance des routes, quitte à  en confier l’exploitation au privé, ont clairement dit les opérateurs présents à  Brest. Prudent, le Premier ministre s’est gardé d’évoquer ces projets potentiellement coà’teux. Signe des temps.

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Les années des pêcheurs passent et se ressemblent

éric Villain dresse un bilan plutôt mitigé de l’exercice 2009. Premier prud’homme de Balagne, il représente les vingt-six pêcheurs de la région…

(…) la météo n’a pas toujours été clémente..

La baisse des stocks de langoustes… « Lorsque j’ai commencé mon activité il y a trente ans, je posais un kilomètre de filets à  poisson et deux kilomètres de filets à  langouste. Pour s’en sortir, un pêcheur multiplie ces chiffres par trois ou quatre aujourd’hui ‘…

« Les dauphins sont de plus en plus nombreux et chassent sur les mêmes niches écologiques que nous : les filets sont pour eux une véritable aubaine, ils n’ont qu’à  se servir…  « De plus, aucune indemnisation n’est prévue comme lorsque les sangliers ou les lapins ravagent des cultures car le tursiops (dauphin) est une espèce protégée ‘…

Malgré des temps difficiles, le premier prud’homme n’oublie pas qu’un nouveau pêcheur s’installe chaque année en Balagne. « C’est formidable ! Même si nous en voudrions toujours plus car beaucoup partent à  la retraite ‘…

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Plus d’une espèce sur cinq de poissons d’eau douce menacée en France métropolitaine

Selon la première édition de Liste rouge nationale de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) des espèces menacées consacrée aux  »Poissons d’eau douce de France métropolitaine », plus d’une espèce de poissons d’eau douce sur cinq est menacée de disparition dans l’Hexagone, sur les 69 espèces analysées parmi les 95 espèces recensées en métropole.

Cette nouvelle étude, publiée le 16 décembre a été élaborée par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec la Société française d’ichtyologie et l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques.

Sur les 69 espèces de poissons d’eau douce du territoire métropolitain, 15 d’entre elles sont menacées de disparition. Parmi ces espèces, l’UICN recense les poissons migrateurs comme le Saumon atlantique  »malgré d’importants efforts de restauration », l’Esturgeon européen et l’Anguille européenne classés  »En danger critique d’extinction », exposés notamment à  de nombreux polluants et pesticides.

Selon l’UICN, la dégradation et la destruction des milieux naturels, la pollution constituent ainsi les principales menaces pour les poissons d’eau douce de France métropolitaine. L’extraction de granulats entraîne la destruction des habitats pour des espèces comme la Lamproie de rivière, classée dans la catégorie  »Vulnérable », ou la Sofie,  »Quasi menacée », qui privilégient les cours d’eau à  galets ou à  graviers pour leur reproduction. L’assèchement et le curage hivernal des zones humides altèrent l’habitat naturel de la Loche d’étang, classée  »En danger », et le drainage agricole des prairies humides réduit les périodes de crues, modifiant ainsi les conditions favorables à  la reproduction du Brochet, classé  »Vulnérable ».

Les deux grands migrateurs l’Esturgeon européen et l’Anguille européenne font également l’objet de braconnage. Pour cette dernière, la pêche est réglementée mais reste un facteur de menace, aggravé par un braconnage important lié au coà’t élevé de ses alevins, nommés civelles. L’Esturgeon européen a lui aussi longtemps fait l’objet du braconnage, pour le prélèvement de ses œufs destinés à  la production de caviar. Sa pêche est strictement interdite, mais l’espèce demeure victime de captures accidentelles, liées en particulier au chalutage en mer, explique l’UICN.

Par ailleurs, l’UICN précise qu »’en raison d’un manque de connaissances ou de changements récents survenus dans la dénomination scientifique de certaines espèces », près d’un tiers des poissons d’eau douce (22 espèces sur les 69 évaluées) ont dà’ être placés dans la catégorie  »Données insuffisantes ».

Rachida Boughriet

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A propos de la Conférence de Copenhague…


Une vidéo sur la conférence de Copenhague et un article sur l’impact de la mondialisation de l’environnement d’Actu-Environnement, montre, d’une part, que la « finitude » du renouvellement des ressources marines est généralisable à  l’ensemble des ressources naturelles et, d’autre part, que la mondialisation est bonne pour la croissance mais non pour l’environnement.

Ces deux observations méritent de repenser les bases de notre compétitivité, soit encore nos modes de développement et nos choix de société. « Le hiatus est toujours le même : comment injecter la solidarité qu’exige une cause commune dans un système fondé sur la théorie des avantages comparatifs et donc sur la seule compétition ? » interroge un professeur d’économie de La Sorbonne. Mais de quelle compétitivité parle t-on ?

Les mesures politiques mises en oeuvre privilégient-elles la compétitivité de grandes entreprises de dimension internationale, celle de grands groupes d’acteurs (ou pays), ou encore celle de territoires régionaux ?

La mondialisation est une conséquence directe d’une compétitivité exacerbée entre multinationales qui jouent sur l’intensification et la spécialisation des échanges, sans considération des territoires économiques, sociaux, culturels et environnementaux… Or l’enjeu environnemental suppose d’une part la réduction des échanges à  l’échelle mondiale, et d’autre part le rapprochement des activités humaines des territoires régionaux et locaux, plus proches des spécificités des écosystèmes. L’on retrouve là  une question abordée par L’encre de mer à  propos de la réforme de la politique européenne des pêches ; comme quoi la pêche n’est pas si éloignée de ce qui se joue à  l’échelle planétaire…

Quelques points relevés dans la vidéo sur Copenhague :

 » – Est venu le temps d’un monde fini où nous sommes assignés à  résidence. Il n’y a plus de nature au sens classique, toute nature est aux mains des hommes… Ce qui suppose à  la fois un développement durable et un développement planétaire…
– La balise au Groênland a perdu 1m sur 3m d’épaisseur en 30 ans…
– Il y a eu une prise de conscience du public quand il a fait un lien entre les catastrophes et l’évolution du climat…
– Les pronostics sont d’une élévation de température de 2° avant 2100… Cette question ne se résoudra pas toute seule…
– Nos modes de fabrication utilisent des matériaux chers en énergie grise, avec de fortes émissions de CO² (ciment, brique, verre…). Les coquillages sont des modèles de bio-ciment, produits à  température ambiante et fixateur de CO² (un modèle gagnant-gagnant). Nous devons apprendre des coquillages pour nos matériaux de demain…
– Aujourd’hui, nous mesurons les émissions de CO² et gaz à  effet de serre. Le traité de Kyoto a été négocié sans que ces émissions soient mesurées à  l’époque… »

Quelques points relévés dans l’article sur « La mondialisation est-elle bonne pour l’environnement ?« 

– S’il est une nouvelle forme de mondialisation qui émergera au cours du XXIème siècle, ce sera bien celle des réfugiés écologiques, ces migrants incarnent le contrecoup de la mondialisation économique qui a renforcé la dérive de l’effet de serre.

– La mondialisation est bonne pour la croissance, mais pas pour l’environnement… D’une part, l’augmentation en volume du commerce entraîne automatiquement plus de pollution. D’autre part, ce sont surtout les consommateurs du Nord qui touchent le dividende environnemental de la spécialisation, tandis que la pollution se poursuit chez les producteurs du Sud. Ainsi, le Japon et les nouveaux pays industrialisés asiatiques ont reporté le coà’t en pollution et en dégradation des ressources naturelles de leur industrialisation sur les pays producteurs de matières premières au bas de l’échelle de la spécialisation internationale. L’horizon de temps qui permettrait aux « perdants sales ‘ de se transformer en « gagnants propres ‘ reste indéterminé. Et, entre temps, les gaz à  effet de serre s’accumulent…

– L’internationalisation croissante des échanges suscite des craintes de « dumping environnemental ‘ via la délocalisation des industries les plus polluantes vers des pays aux normes environnementales sinon inexistantes, du moins plus souples. Le débat sur la conformité des écolabels ou d’une taxe verte avec les règles du commerce international est devenu récurrent…

– Alors, puisque les marchandises circulent selon les règles du libre-échange, les hommes exilés de leur terre par la dévastation des cyclones, la montée des océans ou l’avancée du désert pourront-ils, eux aussi, se voir reconnaître un droit à  la mobilité ?… Une avocate pose la question de la nationalité des personnes dont le territoire a disparu. Celles-ci seront un milliard en 2050, dans le scénario le plus pessimiste… Il reste donc à  créer un statut d’éco-réfugié, aussi pertinent désormais que celui de réfugié politique.
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Algues vertes: les agriculteurs bretons veulent agir

…Les agriculteurs bretons veulent « prendre leurs responsabilités » et participer activement à  la lutte contre les marées vertes, a expliqué le président de CAP Bretagne, un nouveau comité régional créé pour développer « une agriculture positive » et « produire durablement dans le respect de l’environnement »…

Pour réduire les nitrates, les agriculteurs proposent notamment d’agir sur les engrais en modifiant les pratiques de fertilisation et d’épandage, mais aussi sur les rejets en implantant des unités collectives de méthanisation pour transformer les lisiers et fumiers.

Le plan, qui représente un investissement de 60 millions d’euros sur cinq ans, concerne les zones de Lannion (170 exploitations agricoles sur 12.000 hectares, essentiellement des élevages de vaches laitières) et Saint Brieuc (1.900 petites exploitations sur 65.000 hectares)…

La Bretagne est la première région agricole française, avec 145.000 emplois dans l’agriculture et l’agroalimentaire. Chaque année, entre 50.000 et 80.000 tonnes d’algues vertes se déposent sur le littoral breton, selon des estimations.

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Environnement: la Commission se félicite du vote du Parlement européen sur la directive relative à  la stratégie pour le milieu marin

La Commission européenne se félicite du vote du Parlement européen en deuxième lecture sur la directive relative à  la protection du milieu marin…

L’objectif de cet accord est de parvenir à  un bon état écologique du milieu marin dans l’Union européenne à  l’horizon 2020 . Il confirme l’engagement ferme de toutes les institutions de l’Union européenne en faveur d’une meilleure protection des mers et océans d’Europe…

Lorsque la directive sera en vigueur, les états membres seront tenus de veiller à  ce que les eaux marines de l’Union européenne soient écologiquement saines d’ici 2020 au plus tard. Parallèlement à  d’autres actes législatifs dans le domaine de l’eau, tels que la directive-cadre sur l’eau, la directive relative à  la stratégie pour le milieu marin fournira un cadre global à  la protection de l’eau pendant toute la durée de son cycle…

Les écosystèmes marins sont une source importante de biodiversité et jouent un rôle déterminant dans la formation des profils météorologiques et climatiques qui affectent nos vies. Ils fournissent toute une série de biens et de services essentiels, notamment dans les domaines de l’énergie solaire et de l’absorption du carbone. Le milieu marin exerce une influence importante sur la qualité de vie et le bien-être social, et sa conservation est indispensable à  la prospérité économique des régions maritimes et de l’Union européenne dans son ensemble.

Cependant, le milieu marin se détériore rapidement en Europe. Les pressions exercées sur les ressources naturelles marines et la demande de services écologiques marins sont souvent trop élevées. Le milieu marin de l’UE est menacé , notamment, par les effets du changement climatique, la pêche commerciale, l’introduction d’espèces exotiques, la pollution et l’introduction de substances dangereuses liées au transport maritime, la prospection pétrolière et gazière, les déversements d’hydrocarbures, l’enrichissement en substances nutritives provenant de l’agriculture et les eaux urbaines résiduaires non traitées, les déchets en mer et le bruit.

Les eaux marines européennes couvrent environ trois millions de kilomètres carrés, soit une superficie équivalant à  la totalité des terres émergées d’Europe . Bien que certaines mesures contribuent indirectement à  sa protection, rien n’a été fait jusqu’ici pour protéger le milieu marin en général.

C’est pourquoi la Commission a proposé, au mois d’octobre 2005, une stratégie thématique sur le milieu marin (IP/05/1335). L’entrée en vigueur de la directive représentera la plus grande extension de la couverture territoriale de la législation communautaire en matière d’environnement…

L’objectif principal de la directive sur la stratégie pour le milieu marin est de parvenir à  des eaux marines écologiquement saines d’ici 2020. Cet objectif pourra être atteint par la création de régions et de sous-régions marines, qui seront gérées par les états membres d’une manière intégrée, sur la base de critères environnementaux…

Les états membres devront d’abord évaluer l’état de l’environnement et les principales pressions dans leurs régions marines respectives, puis déterminer ce qui peut être considéré comme un bon état écologique, avant d’établir des objectifs, des indicateurs et des programmes de surveillance. Des programmes de mesures devront être élaborés d’ici 2015 afin que l’objectif d’un bon état écologique puisse être atteint d’ici 2020.

Une contribution importante du Parlement européen à  la directive comprend l’obligation pour les états membres d’ établir des zones de protection marine . Les états membres partageant une région marine devront coopérer afin que leurs stratégies marines soient cohérentes et coordonnées. Ils mettront également tout en œuvre pour coordonner leurs activités avec les pays non membres de l’UE d’une même région marine, y compris par les conventions marines régionales.

Les stratégies marines appliqueront une approche fondée sur les écosystèmes à  la gestion des activités humaines afin que la pression collective de telles activités soit maintenue à  des niveaux acceptables. L’objectif est de veiller à  ce que toutes les eaux marines  » dans leur diversité écologique  » restent dynamiques, propres, saines et productives…

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