Un vent de fronde souffle sur la pêche côtière

Depuis quelques semaines, la pêche côtière française manifeste son inquiétude face à  l’avenir. Blocage de ports, occupation de locaux, dépôts de licences, La pêche artisanale pose des questions concernant notamment la gestion des pêcheries (quotas de pêche) et la commercialisation des produits (vente directe).

La pêche côtière est l’activité la plus importante dans de nombreuses régions européennes et tout particulièrement en France. Alors que la grande pêche ou bientôt la pêche hauturière fait ou va faire partie de la mémoire maritime, l’unique activité à  résister à  l’épreuve du temps et des économies d’énergie est bien la pêche côtière pratiquée sur le plateau continental. Pourtant, c’est encore la pêche au large qui contre vents et marées incarne toujours les activités halieutiques et qui reste aux commandes du secteur. Dans de nombreux ports, les embarcations de grande taille ont disparu de la flottille. « Concarneau voit partir ses hauturiers : ici le Kerleven ‘ : la légende d’une photo de Béatrice Le Grand dans un article de Ouest-France : « Encore 225 navires à  la casse ‘.

En France, plus de 80% des embarcations de pêche ont une longueur inférieure à  12 mètres. A l’exception de la Belgique et de la Hollande, la petite pêche domine dans l’ensemble européen ainsi qu’en Norvège, la plus grande puissance halieutique du continent. Pourtant, l’image véhiculée sur la pêche est une activité pratiquée par de « gros » bateaux. Or, ceux-ci ne représentent qu’une part infime des flottilles nationales pour des activités souvent très ciblées comme la pêche au thon pour les senneurs, la pêche dans les grands fonds pour les chalutiers, la pêche des poissons blancs et petits pélagiques pour la transformation (filet congelé, surimi, farine,).

Les pêcheurs artisans côtiers ne se reconnaissent pas dans ces activités de type industriel. Les métiers de la petite pêche sont généralement polyvalents et ils ciblent différentes espèces en fonction de la saison. Ils commercialisent uniquement des produits pour la vente en frais, des produits de qualité à  forte valeur marchande.

Le Royaume-Uni a fait un choix. En décembre 2008, le gouvernement britannique a débloqué 5 millions de livres £ pour favoriser le départ des petits pêcheurs en vue de protéger le « gagne-pain ‘ des autres pêcheurs ! La fédération des organisations de pêcheurs anglais (NFFO) accuse le manque de « fair play » du Ministère à  l’égard du secteur de la petite pêche. Certains parlent d’une politique de pêche « expéditive », et beaucoup pensent que les mesures prises vont aboutir à  l’affaiblissement de la pêche artisanale, et même à  sa disparition dans certains ports. Au profit de quel secteur ?

Philippe FAVRELIERE

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