« Pêcheurs du monde ‘ : festival international de films à  Lorient


Cry seaFilm de Cafi Mohamud et Luca Cusani

Les premiers plans nous emmènent au plus près des gestes des pêcheurs qui travaillent sur les pirogues. D’emblée, nous sommes avec eux. Mais en plusieurs séquences dynamiques, le message devient plus global. C’est le même élan qui conduit à  développer la technologie à  l’extrême, concentrer les armements pour traquer les moindres bancs et être compétitifs sur l’ensemble des marchés, négocier des accords sur les zones de pêche jusqu’à  ce qu’elles se vident comme peau de chagrin…

Au Sénégal, les pêcheurs sont confrontés à  la rareté, la pauvreté, l’exil parfois. Au Nord, les ports se vident, les pêcheurs désertent le secteur. L’équation est faussée : la spirale productiviste se déconnecte peu à  peu du rythme de renouvellement des ressources. Dans ce film, Nord et Sud sont réunis autour d’un même constat : il faut amorcer une autre forme de développement. Si le raisonnement prévaut, les images restent humaines et belles, c’est la vie et l’espoir qui palpitent sous l’œil du réalisateur.

Kayar l'enfance prise aux filets (photo Zideo prod.2009)
Kayar, l’enfance prise aux filets
Film de Thomas Grand

Dans ce port de pêche du Sénégal où 25.000 pêcheurs tentent de survivre, les enfants sont embarqués très jeunes. « C’est un schéma unique, les pères dès l’âge de 45 ans prennent leur retraite. La pêche est la seule activité envisagée, elle doit rapporter immédiatement et c’est aux enfants, dès l’âge de 12 ans, à  prendre la relève ‘ Une situation d’autant plus difficile que les eaux largement surexploitées par les grandes flottilles internationales (600 bateaux au large de l’Afrique et une centaine environ au large de l’Espagne) rapportent peu, et que la commune manque cruellement de moyens et d’infrastructures en matière d’éducation, de sports, de santé, de culture

Lamine Niasse, membre du jury (photo de Sophie H. Marty)
« Le film pose la question de l’accumulation de la vie et des premières années. Si on s’intéressait à  une nouvelle génération d’enfants pour un mieux-être et une meilleure éducation. Prendre les moyens que les enfants de pêcheurs puissent sortir de la plage et choisir leur métier, Leur laisser un bon socle d’éducation Ce film, pour avoir mis le doigt sur ces réalités, a reçu un accueil extraordinaire des Sénégalais : 10.000 personnes l’ont vu sur un grand écran gonflable en plein air ». Etait-ce le passé colonial ou la peur de perdre nos richesses matérielles ? A Lorient aussi, le film dérange Et c’est Lamine Niasse qui nous réconcilie avec nous-mêmes : « Il faut faire confiance aux gens qui vivent au Sénégal. Nous ne sommes pas restés les bras croisés, nous donnons la main à  tous ceux qui se battent dans le monde, au niveau de chaque peuple pour se libérer ‘


Le jour de la méduse
Film de François Reinhardt

« Dans cette pêche, le danger on s’en fiche dans cette pêche c’est chacun pour soi ‘ Pendant quelques jours, la ville se transforme en camps retranché, c’est très difficile. « Personne ne peut charger les filets avant le coup d’envoi, ça ne dure qu’une journée mais on peut se faire un paquet de fric ‘ Le port est fermé depuis 8 à  10 jours, les bateaux sont coincés à  quai « on fait que se mettre la pression, la rumeur dit 3h ou 5h PM dans les ports du nord 4 bateaux auraient coulé, y aurait des morts mais tout le monde s’en fout Il faut faire très attention tant qu’on n’est pas sorti du port ‘ Plus de 800 bateaux sortent « Au fur et à  mesure qu’on avance le bateau fait remonter les méduses, faut pas se précipiter ‘ C’est comme trouver une aiguille dans une botte de foin. Sous la coque peut-être une fortune, tout dépend du nez du patron. « C’est un boulot dur mais on est très unis et comme je leur donne un bon salaire, ils reviendront chaque année ‘

Brigitte Peignard, réalisatrice de Niodor (photo Sophie H. Marty)Niodiorfilm de Brigitte Peignard

En 1987, sur cette île du Siné Saloum au Sénégal, une pointe s’est cassée. Les terres de culture et la mangrove sont salinisées. Avec la pression des ONG, les femmes se sentent responsables, elles avaient l’habitude de couper les branches pour pêcher les huîtres.
« Quand elles sont réunies, ces femmes, qu’elles chantent, c’est le cœur pour moi qui bat et qui exprime leur tristesse. Je suis touchée par la façon dont les femmes prennent leur vie en mains ‘

Alain Le Sann, Président du Festival

Festival « Pêcheurs du monde ‘

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Zones humides : leur préservation se justifie économiquement

… Véritables zones de transition entre le milieu terrestre et le milieu aquatique, les zones humides jouent un rôle important dans la régulation des débits des cours d’eau et l’épuration des eaux. Elles abritent par ailleurs une faune et une flore spécifiques notamment de nombreuses espèces rares ou menacées. Cependant, l’extraction de matériaux, le drainage agricole ou encore l’urbanisation en auraient détruit les deux tiers en 30 ans en France…

Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, l’Etat s’est donc engagé à  en acquérir 20.000 hectares via le Conservatoire du littoral et les Agences de l’eau…. L’acquisition et l’entretien de ces superficies coà’teront entre 200 et 300 millions d’euros sur les 50 prochaines années (…) mais les bénéfices correspondants, actualisés sur 50 ans, s’élèveraient entre 400 et 1.400 millions d’euros…

Un hectare de zone humide permettrait d’économiser entre 37 et 617 euro par an au titre de la lutte contre les inondations, entre 45 et 150 euro/an pour le soutien des débits d’étiage dans les cours d’eau en été et entre 15 et 11.3001euros/an pour l’épuration de l’eau… Il faut ajouter les bénéfices liés à  la pêche (80 à  120 €/an), la chasse (230 à  330 €/an), la navigation/plaisance (15 €/an), le canoê/kayak (28 €/an) et surtout la valeur sociale (usages récréatifs, biodiversité) attribuée à  ces zones humides (de 200 à  1.600 €/an)… Dans le cas des tourbières, la valeur du stockage de carbone est estimée à  1.728€/ha/an… Pour une zone humide quelconque une étude réalisée en 1999 a estimé cette valeur à  150 €/ha/an par an…

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Exposition : Biodiversités

… Articulée autour de 5 grands pôles : biodiversités urbaine, rurale, forestière, aquatique et invisible, l’exposition permettra de sensibiliser le public sur la richesse et la fragilité de ces écosystèmes emblématiques. Et de découvrir les programmes de recherche nationaux et internationaux menés par les scientifiques aux quatre coins de la planète pour mieux les connaitre, les préserver et étudier leur devenir…

Chaque après-midi, des conférences seront données par des scientifiques pour découvrir leurs disciplines et leurs métiers. En matinée, des films seront projetés pour approfondir certains thèmes…

Horaires d’ouverture :
En semaine de 9h à  18h
Samedi et dimanche de 10h à  19h
Grand public-Entrée libre

Renseignements / inscriptions scolaires, centres de loisirs : 01 44 96 53 58

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De l’importance d’évaluer les bénéfices de la biodiversité à  l’échelle locale…

Le dernier rapport du groupe d’étude  »Economie des écosystèmes et de la biodiversité » insiste sur la nécessité de prendre en compte les services liés aux écosystèmes dans les politiques locales pour des raisons aussi bien économiques que sociales….

Les résultats complets de l’étude devraient être présentés lors de la dixième Conférence des parties (COP 10) de la Convention sur la diversité biologique, qui aura lieu en octobre prochain à  Nagoya.

Il souligne notre dépendance à  la nature et va plus loin en démontrant comment les services fournis par les écosystèmes constituent des solutions rentables pour les politiques locales. Car faire la liste des services rendus par la nature (alimentation, eau potable, matières premières médicinales, régulation du climat et de l’air, modération des événements climatiques extrêmes, prévention de l’érosion des sols et maintien de la fertilité des sols, pollinisation) ne semble pas suffire, il s’agit de démontrer (…) en quoi la nature  »peut permettre aux municipalités de réaliser des économies, de booster les économies locales, d’accroître la qualité de vie et de sécuriser les moyens d’existence »…

Comme le rachat et la restauration du bassin versant pour 2 milliards de dollars qui a permis à  la ville de New York d’obtenir une source d’eau potable quand l’investissement dans une usine de prétraitement de l’eau aurait coà’té 7 milliards.

Ou encore, la protection et la restauration des mangroves dans les régions côtières du nord du Vietnam (1,1 million de dollars depuis 1994) contre une estimation de 7,3 millions de dollars par an pour l’entretien de digues) ont permis aux collectivités locales, où plus de 70 % de la population est menacée par les catastrophes naturelles, de mieux se protéger…

Les agriculteurs peuvent ne pas être au courant des alternatives qui permettent une utilisation plus durable des terres. Une fois que les avantages d’un écosystème ont été identifiés, les dirigeants locaux peuvent partager ce qu’ils ont appris, offrant des conseils sur l’atténuation des catastrophes, les pratiques de pêche, la conservation de l’eau »

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Upwelling du Benguale : un courant froid qui concentre la vie marine

Brève vidéo à  propos de l’expédition de TARA

Pour sa débuter sa deuxième année d’expédition, Tara analyse l’impact sur le phytoplancton des remontées d’eaux froides des profondeurs le long de la côte Ouest de l’Afrique. Un phénomène qui s’inscrit dans le cadre du courant froid océanique qui coule depuis l’Afrique du Sud et remonte les côtes africaines, vers le Nord-Nord-Ouest pour rejoindre un courant chaud équatorial.

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L’élevage des thons rouges

Les thons adultes ont été capturés il y a trois ans et vivent en mer dans des cages… Première victoire. 60 millions d’œufs fécondés récupérés et placés dans des bassins à  terre. L’étape qui suit est périlleuse : l’eau doit être limpide car la moindre impureté à  la surface empêche les larves de remonter pour avaler une bulle d’air qui gonfle leur vessie natatoire… Les poissons ont grandi jusqu’à  atteindre 20 grammes puis ils sont morts sans doute mais ils ont vécu 4 fois plus longtemps que lors de la dernière expérience. Ce qui pêche encore c’est de cuisiner de quoi satisfaire le régime alimentaire des larves. On est encore loin de la réussite des japonais qui se sont lancés dans l’aventure dans les années 70. C’est leur troisième génération de reproducteurs, de thons nés en captivité… D’après leurs publications scientifiques ils produisent des thons de 100 kilo en 4 ans. Avec des pertes tout de même considérables : 30 000 juvéniles sur des dizaines de millions d’œufs…

Pour élever ce seigneur des mers, il faut l’alimenter : <b> 10 kilo de poissons pour produire un kilo de thon rouge</b>…

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Gestes verts pour la mer

Evitez les huiles solaires pour protéger votre peau : c’est l’un des conseils de la campagne éco geste et Inf’eau mer. Les huiles forment un écran à  la surface de la mer et elles compromettent la photosynthèse nécessaire à  la vie des plantes marines. Alors qu’un lait lui est soluble dans l’eau….

Jetez l’ancre dans des zones sableuses et relevez-là  à  l’aplomb du bateau pour éviter de saccager les posidonies, ne tirez pas la chasse en pleine mer mais vidangez au port…

Ainsi en est-il des conseils transmis cet été sur la côte Méditerranéenne par ces ambassadeurs un peu particuliers….

38 millions de touristes se pressent sur le littoral Paca en été. Plus de 5 millions de déchets de surface entre Toulon et Nice. Une boite en carton peut mettre jusqu’à  5 mois pour se dégrader, jusqu’à  3 ans pour un mégot de cigarette. 200 ans pour une boisson en canette et 400 pour le pastique…

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Les océans en apnée

Les océans sont en manque d’oxygène. 10% des fonds marins sont touchés d’après les chercheurs de l’IRD, l’Institut de recherche pour le développement….

Les océans sont obligés d’avaler des quantités considérables de nutriments : lessivages des sols agricoles, rejets des eaux usées apportent au milieu marin de l’azote. Il provoque une prolifération du phytoplancton : lorsque ce dernier meurt, sa décomposition consomme de l’oxygène. D’où l’apparition de zones mortes dans la mer. A ce phénomène s’ajoute le réchauffement des eaux de surface. Cette chaleur limite la capacité de l’eau à  absorber de l’oxygène…

Ces zones mortes sont chargées en gaz carbonique, gaz à  effet de serre, et en oxyde nitreux dont le pouvoir réchauffant est 300 fois supérieur à  celui du C02. Imaginons qu’elles finissent par remonter à  la surface : les gaz vont s’échapper dans l’atmosphère.

C’est déjà  arrivé dans les années 70 au large de la Namibie… où les populations de sardines ont disparu. Une catastrophe pour les pêcheurs. S’il se produit au large du Pérou, il provoquera la disparition de la plus grande pêcherie du monde.

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La politique commune de la pêche en chiffres – 2010

Pour les amateurs de chiffres et de tableaux, l’on remarquera notamment  :

– la protection environnementale traitée en premier lieu avec les quotas, les plans de gestion pluriannuels 2009, les zones d’interdiction du chalutage et la diminution de la flotte de pêche entre 1992 et 2009,

– le nombre étonnant de chalutiers italiens (4 208) compte tenu de la situation méditerranéenne de ce pays,

– l’importance de l’Espagne avec un quart de l’emploi à  la pêche, 15,84% de la production halieutique et aquacole, 26,3% des subventions européennes 2007-2013,

– la prédominance de la production halieutique et aquacole chinoise (qui serait liée à  de fausses données d’après D. Pauly ndlr), soit 32,8% de la production mondiale en tonnes de poids vif,

– l’importance de la zone Atlantique Nord-Est qui concentre 72,7% des captures européennes (la Méditerranée en comptabilise 10,2%),

– les coquillages (huîtres, moules et palourdes) représentent 50% en tonnage et 27% en valeur des espèces aquacoles produites en UE,

– avec 23 organisations de producteurs de pêche en France, les 33 prud’homies méditerranéennes ne sont pas comptabilisées,

– le chiffre d’affaire du secteur de la transformation (23 milliards d’euros) est le triple de celui de la pêche,

– l’UE importe pour 16,5 milliards d’euros et exporte pour 2,9 milliards d’euros de produits de la pêche et de l’aquaculture.

– la consommation de produits de la mer est de 16,4 kg par personne et par an au niveau mondial, de 22,3 kg/personne/an en UE, et de 35,3 kg/personne/an en France, avec une prédilection française pour le thon, les moules et le saumon (malgré sa qualité douteuse et l’impact environnemental de son élevage)…

Rapport à  télécharger :
La politique commune de la pêche en chiffres – 2010

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Vers un bon état écologique des mers de l’UE

Dans le cadre de la directive  »Stratégie pour le milieu marin », la Commission européenne a défini les onze critères permettant aux Etats membres d’évaluer l’état environnemental et sanitaire des mers et atteindre leurs objectifs d’ici 2020…

Les critères doivent ainsi aider les 27 pays de l’UE à  élaborer des stratégies marines visant la propreté des eaux, la préservation des écosystèmes et l’exploitation durable des biens et services maritimes dans leurs régions marines. La mer Baltique, l’Atlantique du Nord-Est, la mer Méditerranée et la mer Noire sont concernées par le texte…

Parmi ces critères figurent ;
– le maintien de la biodiversité (biomasse des populations, répartition des espèces, état des habitats),
– la lutte contre les espèces non indigènes et/ou envahissantes
– l’eutrophisation,
– la bonne santé des stocks de pêche (poissons et crustacés) dont le thon rouge ou le cabillaud menacés…
– le niveau d’intégrité des fonds marins,
– les macrodéchets
– le niveau de concentration des contaminants (substances dangereuses),
– l’impact des sources sonores sous-marines
–  l’impact de l’énergie thermique,
–  l’impact des champs électromagnétiques
–  l’impact de la lumière…

La loi Grenelle 2 du 13 juillet transcrit la directive en droit français…

La directive demande également aux Etats membres, d’évaluer, d’ici le 15 juillet 2012, l’état du milieu marin, et des pressions et impacts auxquels il est soumis… Des programmes de mesures devront en outre être élaborés d’ici 2015 pour parvenir au bon état écologique en 2020…

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<em>Rappelons que la directive  »Stratégie pour le milieu marin » (DCSMM) a été présentée en octobre 2005 par la Commission, puis adoptée par le Parlement et le Conseil de l’UE en juin 2008. Le texte a été entériné suite à  la publication en 2003 par le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) d’un rapport scientifique qui concluait que  »la surexploitation, la pollution dues aux activités humaines ou les changements climatiques menaçaient la biodiversité et la qualité du milieu marin ».
Cette directive constitue donc le volet environnemental de la politique maritime intégrée de l’UE. Elle vise à  réduire les pressions des activités humaines et atteindre un bon état environnemental et sanitaire des mers d’ici à  10 ans. Les eaux côtières et les zones marines protégées font également partie de son champ d’application.</em>

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