Bâtiments vitrés : un « piège ‘ à  oiseaux souvent ignoré

Immeubles, passerelles, façades réfléchissantes, murs anti-bruit Le verre tient une place considérable dans l’architecture moderne. En France, ce sont des centaines de milliers d’oiseaux qui succombent après avoir heurté des surfaces vitrées…

Les métropoles modernes, fortement illuminées et parsemées de gratte-ciel, font énormément de victimes à  plumes. En Europe, le phénomène d’attraction des oiseaux migrateurs nocturnes par des sources de lumière est moins connu, mais bien réel…

La station ornithologique de Sempach, en Suisse, a fait une série de tests, en coopération avec des industriels du verre, pour développer des vitres absorbant le rayonnement UV. Les substances absorbant les UV seraient en effet perçues par les oiseaux…

D’apparition relativement moderne, le verre n’est pas pris en charge par les perceptions des oiseaux, même si, au cours des deux derniers siècles, merles, mésanges et martins-pêcheurs se sont de plus en plus adaptés au monde urbain…

La priorité est de rendre visibles les surfaces transparentes par des marquages, trames pointillées, lignes horizontales, verres colorés. L’autre solution consiste à  éviter les surfaces planes au profit de surfaces inclinées ou bombées, d’adopter des matériaux translucides plutôt que transparents, de garnir les baies de brise soleils, de plantes grimpantes ou de stores extérieurs, aux avantages à  la fois protecteurs et esthétiques.

Reste aussi à  réduire la pollution lumineuse. Comme les insectes, les oiseaux migrateurs sont attirés par la lumière lorsqu’ils volent la nuit dans des conditions météorologiques difficiles… Ils peuvent être attirés par le dôme de lumière d’une ville et y rester emprisonnés pendant des heures, jusqu’à  épuisement.

La solution est d’éviter le rayonnement vers le haut, de limiter l’éclairage au strict nécessaire en le ciblant de haut en bas afin de le concentrer sur des objectifs précis (routes, chemins, places). C’est le cas de Lyon et de Zà¼rich (Suisse), qui a lancé le Plan Lumière, alliant sécurité nocturne et sobriété lumineuse…

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Le salage des routes aurait un impact sur la vie aquatique

Selon un rapport* de l’Institut américain d’études géologiques (USGS), publié le 1er septembre dans la revue  »Environmental Science and Technology », le salage des routes, utilisé pour faire fondre la glace ou la neige, aurait un impact sur la biodiversité des cours d’eau.

La neige fondue, chargée en sel, s’écoule puis se retrouve dans les rivières et les lacs et impacte les espèces aquatiques…

Chaque hiver, environ un million de tonnes de sel seraient en moyenne déversées sur les routes françaises. En janvier dernier, Jean-Stéphane Devisse, du WWF France avait déjà  alerté de l’impact du sel pouvant affecter certaines espèces sensibles au taux de salinité, comme les saumons ou les crapauds.

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Le phénomène de « zones mortes » augmente dans les eaux côtières américaines

Plusieurs agences fédérales scientifiques et environnementales ont relevé plus de 300 zones hypoxiques (ou « mortes »), c’est-à -dire à  très faible taux d’oxygène, dans les eaux côtières américaines, provoquant l’asphyxie de la faune marine (poissons, crustacés).

D’après ce rapport (…), les incidents d’hypoxie auraient augmenté de « près de 30 fois » depuis les années 1960…

Le phénomène d’hypoxie, qui se produit surtout en été, est provoqué à  la fois par la pollution industrielle et le déversement dans les eaux de ruissellement des phosphates et des nitrates issus des engrais, ont expliqué les chercheurs. Cette accumulation de matières organiques provoque d’abord une prolifération d’algues et se décompose ensuite en microbes qui consument l’oxygène, ce qui tue les espèces marines.

Le premier incident a été repéré dans les années 1950 dans la baie de Chesapeake (est des Etats-Unis). Depuis les années 1980, l’hypoxie s’est répandue dans tout le golfe du Mexique – qui abrite l’une des plus importantes zones du monde – et dans les régions côtières de l’Atlantique. Selon le rapport, la zone au large de la côte de l’Oregon et de Washington est désormais la deuxième plus grande zone hypoxique « saisonnière » aux Etats-Unis et la troisième dans le monde, « avec des répercussions graves pour les écosystèmes et les ressources naturelles protégées, y compris la pêche commerciale ». La plus grande zone morte serait située en mer Baltique. Le Pacifique Nord et les côtes de l’Atlantique ont également connu la plus forte augmentation de zones hypoxiques depuis les années 1980. « Au cours des 20 dernières années, les zones mortes ont été multipliées par six sur les côtes du Pacifique où 37 zones présentent des faibles taux d’oxygène »…

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The dead sea: Global warming blamed for 40 per cent decline in the ocean’s phytoplankton

Microscopic life crucial to the marine food chain is dying out. The consequences could be catastrophic

The microscopic plants that support all life in the oceans are dying off at a dramatic rate, according to a study that has documented for the first time a disturbing and unprecedented change at the base of the marine food web.

Scientists have discovered that the phytoplankton of the oceans has declined by about 40 per cent over the past century, with much of the loss occurring since the 1950s. They believe the change is linked with rising sea temperatures and global warming.

If the findings are confirmed by further studies it will represent the single biggest change to the global biosphere in modern times, even bigger than the destruction of the tropical rainforests and coral reefs, the scientists said yesterday.

<em>(La vie microscopique cruciale pour la chaine alimentaire marine est en cours d’extinction. Les catastrophes seraient catastrophiques.

Les plantes microscopiques à  la base de toute vie dans les océans disparaissent à  un rythme dramatique, révèle pour la première fois une étude sur les perturbations sans précédent qui affectent la base de la chaine alimentaire marine.

Les scientifiques ont découvert que le phytoplancton des océans a diminué de près de 40% depuis le siècle dernier, et particulièrement depuis les années cinquante. Ils pensent que ce changement est lié à  la hausse des températures de l’eau et du climat.

D’après les scientifiques, si ces résultats sont confirmés par des études futures, cela représentera le changement le plus important de notre époque affectant la biosphère, plus important que la destruction des forêts tropicales et des récifs coralliens…)
</em>

(Pour en savoir plus, cf. étude dans la revue Nature vol 466|29 July 2010)

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« La destruction d’un paysage unique »

.. Pour la première fois, on va installer directement sur l’eau une zone industrielle de 75 km2, qui va en permanence tourner et clignoter de lumières rouges, jaunes, blanches. Il faut mesurer la gravité de cette première. Cela va au-delà  d’un impact paysager classique : 140 éoliennes de 150 mètres de haut vont être visibles sur plus de 50 kilomètres de côte, au milieu d’un paysage de falaises de 80 mètres de haut…

Ce ne sont pas les paysagistes qui font le paysage, c’est l’économie, la politique, les décisions administratives…

Je vais demander que soient posés, in situ, sur la baie de Somme, au Tréport, sur les falaises de Dieppe, au cimetière marin de Varengeville, des panneaux illustrant, grandeur nature, l’impact des éoliennes. Je veux aider les gens à  se mobiliser et persuader les porteurs du projet qu’ils vont se rendre responsables de la destruction d’un paysage unique…

C’est un paysage puissant, né d’une économie et d’une agriculture très fortes, avec des champs et des forêts magnifiques, des éléments urbains épargnés par l’étalement. Sur la côte, ce décor façonné par l’homme s’arrête d’un coup pour s’ouvrir sur le vide. Les falaises créent une rupture totale entre une campagne très productive et l’horizon, l’infini, ce qui reste de vraie nature : une richesse gratuite et qui appartient à  tous… C’est ce que vont détruire les éoliennes.

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La soif de pétrole pousse le Brésil à  étendre sa frontière maritime

Le Brésil a pris les Nations unies de vitesse en réaffirmant ses droits sur une zone maritime potentiellement riche en pétrole, et ce sans attendre l’aval de l’organisation internationale. Cette manifestation d’indépendance a pris la forme discrète d’un décret paru le 4 septembre au Journal officiel…

Cela revient à  étendre la frontière maritime du Brésil jusqu’à  350 milles nautiques (648 km) de ses côtes. Le pays ajoute ainsi à  sa zone économique exclusive – 3,5 millions de km2 sur une largeur de 200 milles nautiques (370 km) – une superficie maritime de 960 000 km2…

Cette impatience répond à  un intérêt stratégique considéré comme vital : le besoin de protéger des convoitises extérieures les immenses réserves de brut que les découvertes effectuées depuis trois ans au large de ses côtes laissent imaginer, soit 50 milliards à  100 milliards de barils prouvés à  l’heure actuelle.

Ces gisements en eaux très profondes – à  plus de 7 000 mètres et sous une épaisse croà’te de sel de 2 000 mètres, d’où leur nom portugais de pré-sal (« avant le sel ») – pourraient faire du Brésil, en 2030, le 4e producteur mondial d’or noir…

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Polémique autour de la pêche certifiée « durable »

… Un article de la revue Nature remet sévèrement en cause le fonctionnement du Marine Stewardship Council (MSC), le principal label garantissant « une pêche durable et bien gérée » dans le monde….

Selon les auteurs, dont Daniel Pauly, l’écolabel « ne tient pas sa promesse », en apportant sa caution à  des pêcheries industrielles destructrices de l’environnement, et devrait être « radicalement réformé »…

Les auteurs citent le colin d’Alaska, le merlu du Pacifique, la légine Arctique, la pêche du krill en Antarctique…

Les signataires estiment que « les incitations du marché ont détourné le MSC de ses buts originels, en encourageant la certification d’entreprises toujours plus grandes et intensives en capitaux ». Le processus, qui coà’te plusieurs dizaines de milliers d’euros à  l’entreprise candidate, favorise les gros armements, au détriment des petits pêcheurs, en particulier ceux des pays en développement…

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Planteur de récifs

.. Comment faire revenir la faune sur les fonds plats et sableux des Landes ? Gérard Fourneau avait entendu parler des récifs artificiels que les Japonais installent apparemment avec succès autour de leur archipel.

En 1996, il crée une association loi 1901  » Aquitaine Landes Récifs (ALR)  » regroupant des pêcheurs traditionnels et de surf casting, des plaisanciers, des plongeurs, des biologistes, tous mobilisés pour la protection de la faune avec le soutien de la région et du département. Sa mission : installer des récifs artificiels sur la côte landaise, favoriser le repeuplement et protéger la faune et la flore marines….

Depuis 1985, la région Languedoc-Roussillon a immergé plus de 40 000 m3 de récifs près d’Agde, Aigues-Mortes, Marseillan, Gruissan, Leucate, et du Barcarès. Sur la Côte bleue, près de Marseille et dans la baie du Prado, plus de 30 000 m3 de béton ont également été déposés dans le golfe du Lion ces dernières années. Avec des résultats probants dans les deux cas…

Trois sites de 16 hectares chacun ont été retenus : Capbreton, Soustons  » Vieux-Boucau, Messanges  » Moliets…

« A Capbreton, deux jours après il y avait des congres, des pageots, des ombrines et puis tout est arrivé. C’est le tacaud qui vient le plus vite », se souvient Gérard Fourneau. En 2007, vingt espèces de poissons ont été identifiées lors des vingt plongées effectuées sur les récifs de Capbreton où, pour la première fois, le chapon (Scorpaena scrofa) a pu être observé…

En novembre 2007, avec l’aide d’un patron pêcheur de Capbreton, une pêche expérimentale a été réalisée autour des récifs de Soustons  » Vieux-Boucau et Messanges  » Moliets.

« Nous avons mis trois filets de 400 mètres sur chaque récif… » Bilan : 160 kilos pêchés et 31 espèces recensées avec, aux trois premières places, le tacaud, le maigre et le griset (dorade grise)  » mais aussi de la baudroie, de la seiche, du saint-pierre, du grondin, du merlu, de la raie, de la bonite, du lieu, du bar

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Pierre Mollo est sur France Inter dimanche 29 aout de 14 à  15h

Pierre Mollo – biologiste, auteur de de « L’enjeu plancton » aux Editions
ECLM, animateur du site internet : plancton du monde – sera l’invité le dimanche 29 aout de 14h à  15 heures de l’émission de France Inter ‘in extremis » d’Isabelle Autissier

Vous pouvez l’écouter sur votre radio ou sur internet

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Agriculture : L’appétit des spéculateurs aura des conséquences sociales désastreuses

En Russie et en Europe les sécheresses provoquent un recul des productions de céréales. Si les phénomènes climatiques que connaissent l’Union européenne, la Russie et la Chine sont à  l’origine d’une baisse des productions, les répercussions économiques qu’elles entraînent pour les paysans sont, quant à  elles, provoquées par la forte dérégulation des marchés et une spéculation effrénée sur ces matières premières agricoles…

Force est de constater que depuis 2008, tout a été fait, au nom de la simplification de la politique agricole commune (PAC), pour réduire à  néant les outils européens existants de gestion des marchés alors qu’il fallait mieux maîtriser les marchés, réduire la dépendance aux importations de denrées alimentaires, entraver l’extension des agrocarburants au détriment des cultures vivrières, constituer des stocks d’urgence…

En France, la montée des prix frappe de plein fouet les éleveurs. Les régions de l’Ouest et de montagne, grandes productrices de lait et de viande, sont les plus fortement touchées. A l’inverse, les céréaliers français voient leurs revenus s’accroître considérablement alors même que plus d’un tiers des aides de la PAC  » 20 milliards d’euros sur 54 milliards  » leur sont déjà  alloués…

Les éleveurs qui ont opté pour des systèmes herbagers  » qui respectent l’environnement et leur apportent une plus grande autonomie pour l’alimentation du bétail  » seront les plus injustement touchés par l’augmentation des prix des céréales, et donc de l’alimentation animale, alors qu’ils sont parmi les moins aidés par les dispositifs publics.

La loi de modernisation de l’agriculture (LMA) ne fera qu’accentuer la dépendance des agriculteurs vis-à -vis des firmes agroalimentaires, malgré un faux discours sur la régulation des productions. C’est là  toute l’absurdité d’un système d’aides européennes essentiellement orientées vers la production intensive plutôt que vers le soutien des emplois dans l’agriculture durable. L’OMC, l’Union européenne et le gouvernement français continuent la politique du « laisser faire » au nom du libéralisme économique…

Nous demandons une modulation des aides compensatoires, afin qu’un quart des aides PAC 2010 aux céréaliers (5 milliards d’euros) soit redirigé vers les éleveurs et vers des politiques de coopération internationale.

Il est temps d’amorcer une transformation écologique et sociale de notre modèle agricole. Cela passe par un encadrement fort des marchés afin de garantir des prix justes pour les producteurs, tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs. La réforme de la PAC qui s’amorce constitue une opportunité unique pour remettre à  plat les orientations stratégiques de la politique agricole européenne. C’est un nouveau contrat entre la société et ses paysans qu’il nous faut construire…

José Bové, eurodéputé Europe Ecologie

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