Eolienne : Les pêcheurs bretons montent au créneau…

Le lieu d’implantation des éoliennes au large de Saint-Brieuc et de Saint-Malo sera connu dans moins d’un mois. Une partie des représentants des pêcheurs des deux zones militent en faveur d’un site plus éloigné de la côte…

« Nous venons de faire réaliser une étude, avec le soutien financier du Conseil régional de Bretagne. Elle démontre que 150 bateaux spécialisés dans la coquille Saint-Jacques y travaillent au quotidien, auxquels s’ajoutent 36 chalutiers ‘. Un travail qui serait compliqué par les éoliennes, autour desquelles la pêche est interdite…  Les deux emplacements prévus actuellement sont situés à  une dizaine de kilomètres au large de Saint-Brieuc et de Saint-Malo. Nous souhaitons une seule zone de 75 km2 de surface, à  20 kilomètres du littoral pour l’implantation de 80 mâts environ… »

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Eoliennes : En Europe, déjà  un millier d’installations en mer

Les fermes éoliennes actuellement en construction vont tripler la capacité de production de ce secteur en Europe. La Grande-Bretagne, numéro un européen, porte 60 % des nouveaux chantiers…

Aujourd’hui, neuf pays exploitent un millier d’éoliennes dans une grosse quarantaine de fermes…

Comme le Danemark, le Royaume-Uni possède de nombreux sites en eau peu profonde et balayés par des vents réguliers. Au-delà  de leurs atouts littoraux, les pays du Nord ont su mettre en place un cadre législatif et économique avantageux…

L’Association européenne de l’énergie éolienne (Ewea) s’est fixé comme objectif d’installer 40.000 mégawatts d’ici à  2020. En 2030, elle table même sur 100.000 mégawatts, ce qui comblerait 10 % de la demande d’électricité des vingt-sept pays européens. Cette feuille de route est très ambitieuse ..

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Au large de Gênes, les dauphins ne dorment que d’un oeil

Deux ou trois fois par semaine, été comme hiver, Fulvio s’embarque pour aller à  la rencontre de ses amis dauphins: il les compte, les photographie et les observe pour le projet « Dauphins métropolitains » de l’aquarium de Gênes, l’un des plus grands d’Europe.

Aujourd’hui, Fulvio mitraille avec son appareil une quinzaine de Grands Dauphins (Tursiops truncatus), « des femelles et leurs petits »…

« Les femelles sont très protectrices, quand un bateau s’approche, elles se mettent en bouclier devant leur progéniture »…

« A l’âge adulte, les dauphins peuvent atteindre 3 à  3,5 mètres pour un poids de 300 kg, et leur espérance de vie est de 45 ans en captivité et dix de moins à  l’état sauvage »…

Les études internationales ont permis de découvrir que le dauphin ne dort que d’un oeil, les deux hémisphères de leur cerveau se reposant en alternance.

En conséquence, pendant ses périodes de sommeil, « le dauphin continue à  nager en faisant des mouvements réguliers et circulaires, l’oeil correspondant à  l’hémisphère endormi restant fermé »…

Le plus grand ennemi du dauphin est l’homme, responsable de la dégradation de son environnement (pollution sonore ou chimique) et de l’appauvrissement des ressources halieutiques.

Le dauphin n’est « pas apprécié des pêcheurs parce qu’ils recherchent les mêmes proies »: seiches, rougets, merlans, daurades, maquereaux, ombrines… « En plus il arrive que les dauphins pillent les filets des pêcheurs…

Le <a href= »http : www.cetusresearch.org »>Centre d’observation des cétacés (CETUS)</a> de Viareggio, ville toscane située à  quelques encablures au sud de Gênes, propose des sorties en mer pour les observer avec des chercheurs…

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Découverte d’un vaste panache de pétrole provenant de la marée noire de BP

Des océanographes ont scientifiquement établi l’existence dans les profondeurs du golfe du Mexique d’un vaste panache d’hydrocarbures provenant du puits exploité par BP, dont la lente biodégration peut présenter un risque pour l’écosystème, selon des travaux publiés jeudi…

Les analyses chromatographiques d’échantillons faites en juin ont relevé la présence de benzène, de toluène (un dissolvant), d’éthylbenzène et de xylène, des substances toxiques…

La fuite du puits, à  1.500 mètres de fond, a été arrêtée mi-juillet après que 4,9 millions de barils de brut se furent déversés dans l’océan, mais la plus grande partie du pétrole reste aujourd’hui introuvable.

Le panache s’étend sur au moins 35 km à  plus de 900 mètres de profondeur et mesure 1,9 km de largeur sur près de 200 mètres de hauteur, ont estimé ces océanographes…

« Nombre d’experts ont tablé sur une biodégradation rapide des hydrocarbures (mais) ce n’est pas ce que nous avons observé »…

Des océanographes de l’Université de Géorgie (sud) ont estimé dans un rapport que près de 80% du pétrole serait encore dans l’océan.

Ils ont ainsi remis en question les évaluations très optimistes du gouvernement américain début aoà’t selon lesquelles 74% du brut déversé avaient été éliminés par évaporation, biodégradation, récupération et autres moyens…

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Polynésie : les scientifiques sceptiques sur une attaque de calmars

Le récit de cinq pêcheurs naufragés qui affirment avoir été attaqués par des calmars au large de l’île de Moorea (Polynésie) suscitait mardi un certain scepticisme chez les experts de la pêche et les scientifiques interrogés par l’AFP.

Selon le quotidien La Dépêche de Tahiti daté du 6 aoà’t, des pêcheurs, dont le bateau avait sombré après avoir heurté un objet en surface, avaient vu leur canot de survie gonflable attaqué par des calmars de « 50 centimètres ». Le canot avait partiellement coulé et l’un des calmars avait même, selon le journal, mordu l’un des marins, Ernest Hamblin.

L’équipage n’avait été secouru que plusieurs heures plus tard, après avoir été repéré grâce à  une fusée de détresse…

« Les seuls calmars connus pour être agressifs – et encore, entre eux – ce sont les calmars de Humboldt, qu’on trouve dans la mer de Cortez (Basse Californie) qui sont beaucoup plus gros, environ 1,50 m »…

A l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer à  Papeete, on juge cependant plausible le récit des pêcheurs, estimant que « de nuit, ça ne me semble pas impossible, d’autant plus que le canot gonflable peut ressembler à  un cadavre de mammifère marin ».

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Des éponges marines partagent pratiquement 70% des gènes humains

Le séquençage génétique d’éponges marines de la Grande Barrière de Corail a montré que cet animal ancien partageait beaucoup de ses gènes avec les humains, y compris un grand nombre associé à  la maladie et au cancer, précise l’étude publiée cette semaine par la revue spécialisée Nature…

… Cette découverte pourrait permettre des avancées notables dans la recherche sur le cancer et les cellules souche…

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2 films d’archives sur la construction du complexe de Fos sur mer

Suite à  la parution d’un article sur les problèmes de santé rencontrés par la population locale dans la commune la plus polluée de France, Rue89 a mis en ligne 2 vidéos d’archives sur ce qui était le plus grand chantier de France de l’époque mais dont les habitants paient aujourd’hui, de leur santé, les incidences polluantes.

L’article renvoie à  un entretien de René Dumont lors de la campagne électorale de 1974. Ce dernier s’exprime sur l’industrialisation de la zone de Fos-Berre et les dangers de la pollution qui en résulte. Il milite pour une autre croissance, une autre production d’énergie, une autre répartition des revenus et une décentralisation… Il parle des anciennes éoliennes jugées « démodées », de l’énergie solaire et autres énergies renouvelables qui sont négligées sous l’impact des monopoles et des trust pétroliers. Il s’étend sur les risques du nucléaire dont notamment l’impact des déchets sur la chaîne alimentaire marine. C’est un pari stupide et irresponsable pour nos petits-enfants….

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Changements climatiques et biosphère océanique

(Cette présentation est retransmise, en vidéo, sur le site de Planctons du monde)

« Je travaille sur l’impact de l’évolution climatique sur le système biologique à  grande échelle et les conséquences au niveau planctonique et au niveau trophique supérieur.

Rappelons que la terre peut être considérée comme un système avec un ensemble d’unités fonctionnelles : l’atmosphère, l’océan, la biosphère, les continents et la cryosphère (la glace sous toutes ses formes). Toutes ses sphères échangent des matières et de l’énergie par des processus physiques, chimiques et biologiques.

Evolution des températures globales

Depuis 1880, l’augmentation des températures globales s’est faite en 2 phases (fin des années 1920 et fin des années 1970) avec une différence de 0,8°C. Mais ces anomalies globales cachent des disparités régionales importantes qui peuvent augmenter de 2°C dans les hautes latitudes (péninsule antarctique). Depuis l’an 200, les températures ont changé radicalement dans une période très récente. Ce qui est inquiétant c’est la vitesse avec laquelle ce changement quasi-vertical s’opère. Les scénarios d’évolution des températures pour la fin du siècle montrent des évolutions importantes, de l’ordre de 2 ou même 5°C. Une différence de 5°C équivaut à  une différence entre une période glaciaire et une période interglaciaire. Durant le dernier maximum glaciaire, la différence de température globale n’était que de 5°C et pourtant le paysage était complètement différent. Les étendues glaciaires ou inlandsis arrivaient au nord de Londres et la steppe ou toundra arctique arrivait à  Brest. Vous imaginez une augmentation de 5°C dans l’autre sens et la forte réaction des systèmes biologiques que cela va entraîner…

Pourquoi étudier l’océan ?

– 71% de la surface terrestre,
– a absorbé 84% du réchauffement,
– a absorbé 1/3 de l’émission de dioxyde de carbone,
– l’océan régule le climat.

Pourquoi étudier le plancton ?

Le plancton est à  la base de la chaine alimentaire, il contribue à  la régulation de l’oxygène et du dioxyde de carbone, et il est peu influencé par les activités humaines. Ses fluctuations sont fortement corrélées avec celles de la température. C’est un intégrateur, voire un amplificateur, des conditions hydro-climatiques car il prend la température de son environnement. Avec les poissons, il est difficile d’évaluer la part liée à  la surexploitation et celle liée au climat.

Changement de pression atmosphérique

Les 2 centres d’action (anticyclone des Açores et basses pressions centrées sur l’Islande) vont déterminer la direction des vents, et leur intensité va déterminer l’intensité des vents. Ces vents vont dans le sens des aiguilles d’une montre autour des anticyclones dans l’hémisphère nord et dans le sens inverse autour des cellules de basse pression. Si la position de ces centres d’action, à  l’est ou à  l’ouest, bouge, cela modifie la direction des vents. Si le contraste entre basse et haute pression se renforce, cela provoque une amplification des vents. C’est le phénomène de l’oscillation Atlantique nord. Quand l’hiver le contraste de ces pressions augmente, l’on a un flux d’ouest plus fort et des hivers doux. Si ce contraste diminue, on a un flux d’est et des hivers rigoureux comme cette année. C’est donc une source de variabilité climatique naturelle.

On voit la même chose dans l’océan Pacifique. Le changement de position entre les centres de hausse et basse pression a entrainé des bouleversements importants aux niveaux du plancton et des poissons dans le Pacifique nord et en particulier en Alaska. Modification de ces centres d’action, changement de la circulation athmosphérique et donc du régime thermique, et l’on passe, en quelques années, d’un système dominé par la crevette rouge d’Alaska à  un système dominé par la morue d’Alaska . Donc forte sensibilité des sytèmes biologiques au climat avec des répercussions socio-économiques importantes.

Le climat peut aussi moduler les interactions entre proie et prédateur

Exemple d’un copépode qui essaie d’échapper à  une larve de morue. Si on augmente les conditions de turbulence de la colonne d’eau, la larve a du mal à  ajuster sa position et n’arrive pas à  attraper sa proie. Avec l’augmentation des turbulences de la colonne d’eau, le déséquilibre énergétique est accentué.

Impact d’El Nino notamment sur les coraux

El Nino : arrivée massive d’eau chaude dans le Pacifique Est et en particulier dans la zone équatoriale et tropicale. Il change radicalement le climat de la ceinture tropicale. En 1998, suite à  l’impact d’un super El Nino, 16% des coraux du monde sont morts, en particulier dans l’océan Pacifique et l’océan Indien. Le blanchiment du corail a lieu avec une hausse des températures maximales de seulement 0,8-1°C pendant 4 semaines. Cela illustre bien la sensibilité du système biologique au climat.

Interactions entre température et plancton

– Synchronisme entre l’évolution globale des températures et celle du plancton végétal, animal et des poissons (saumon)

– Synchronisme entre le changement de composition en plancton dans la Mer du Nord et les changements de température

Donc le plancton est un fort indicateur des masses d’eau.
Exemple de présence d’espèces planctoniques en fonction des zones marines et de leur température.

– Comportement du plancton animal, dont les copépodes, qui font des migrations verticales entre le jour et la nuit pour éviter la prédation. Ils sont en surface la nuit.

Réorganisation de la diversité en plancton et en poissons

Répartition des différents systèmes biologiques dans l’Atlantique nord. On assiste à  une réorganisation de la diversité avec le réchauffement : migration du plancton caractéristique des eaux chaudes associée à  une diminution du nombre des espèces caractérisant des eaux plus froides. Les espèces subtropicales présentes autrefois dans le Golfe du Gascogne sont maintenant dans la partie ouest des côtes norvégiennes, soit une migration de plus de 20 km par an en 40 ans. Idem pour des espèces tempérées chaudes de la Mer Celtique qui apparaissent dans la Mer du Nord : 19 km par an en moyenne. On assiste dans le même temps à  une diminution du nombre des espèces dans les eaux froides. Quelles conséquences pour les niveaux trophiques supérieurs ? Dans le même temps, on observe une augmentation des espèces subtropicales de poissons qui remontent de l’Espagne vers les côtes de l’Irlande.

Impact des changements de composition en plancton sur la morue de l’Atlantique

Larve de morue : stade critique quand sa bouche se forme, elle doit disposer de nourriture correcte en termes de taille et de contenu énergétique. Corrélation entre la composition en plancton et présence de la morue en mer du Nord. Dans les années soixante, 80% des copépodes étaient subarctiques. Actuellement, ce sont des copépodes tempérés. et leur pic d’apparition ne sont pas au même moment. Elles arrivent à  la fin de l’été et au début de l’automne, et non plus en mai. Cela provoque un découplage qui diminue la probabilité de survie de la morue. On observe dans le même temps une diminution de la taille moyenne des proies (années 80). Le contenu énergétique des proies diminue et la larve passe plus longtemps pour ingérer la même quantité d’énergie. Cela se traduit dans le milieu naturel par une plus grande mortalité.

Un degré d’élevation des températures en Mer du Nord entraine une modification du métabolisme larvaire et donc de la demande énergétique mais elle provoque dans le même temps une diminution du nombre et de la taille des proies et donc du gain énergétique. Il en résulte un déséquilibre énergétique, une baisse de la croissance et de la survie larvaires et finalement, couplée à  la surexploitation halieutique, une diminution des stocks.

La probabilité de présence de la morue diminue en Mer du Nord et augmente en Mer de Barents. Si le réchauffement continue, la morue risque de disparaître de la Mer du Nord …  »

Résumé de l’intervention de Grégory Beaugrand, chercheur au CNRS

Pour en savoir plus :

– Changement climatique et biodiversité du plancton marin en Atlantique Nord : quelles conséquences sur le cycle du carbone ? Site du CNRS


– Les morues en mer du Nord sensible à  la composition au plancton.
Actu-Environnement.com – 11/12/2003

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Pêcher et acheter autrement

Associant les responsables et personnes fortement impliqués dans les convivium de Slow Food France, cette Université d’été avait pour thème : « Manger autrement pour promouvoir la biodiversité alimentaire et une nourriture bonne, propre et juste ‘. Un programme passionnant qui réunissait des acteurs divers et très mobilisés. De par la coopération entre le Collectif Pêche et Développement et Slow Food Provence, la pêche, les produits de la mer et le plancton ont eu leur place dans les débats. Que les consommateurs deviennent attentifs aux modes de production et à  la façon dont ils s’intègrent dans les économies régionales est de bonne augure…

Une ambiance joyeuse à  Millau pour ce festival écocitoyen « Les pieds sur terre ‘ avec pour thème « manger autrement ‘ et la défense du bien commun. Photo Midi Libre du 4 juillet 2019

Si la mer nous apparaît vaste, sans barrières et sans limites, le pêcheur artisan tient compte de la météo, des courants qui peuvent être plus ou moins favorables, du relief, de la végétation sous-marine et des mouvements saisonniers des espèces.

L’art du petit métier c’est la polyvalence : disposer des engins et des savoir-faire les plus appropriés pour prendre les espèces qui abordent ou se concentrent, au fur et à  mesure des saisons, dans la bordure littorale ; cumuler les opportunités plutôt que d’investir et se spécialiser dans une technologie coà’teuse.

Les Prud’homies de pêche de Méditerranée française – une forme des gestion collective et territoriale héritée du Moyen-âge – ont favorisé, jusque dans les années soixante, cette forme de développement par une interdiction de techniques à  grande capacité de capture et une répartition des droits d’usage. Cette dynamique était favorisée par la valorisation des apports sur les marchés locaux. Le productivisme initié par les pouvoirs publics a misé sur la compétitivité des unités les plus technologiques sur des marchés ouverts, et sur la liberté individuelle d’innover et d’investir compte tenu de ressources et de zones de pêche potentielles.

Avec la construction européenne et la raréfaction des ressources et zones de pêche, trois formes de développement sont discernables : le renforcement productiviste qui concentre les droits de pêche pour des armements de dimension internationale, la priorité donnée à  un groupe d’acteurs comme de grandes ONG environnementales dont les principes généralistes, faciles à  médiatiser (protection de certaines espèces, interdiction d’engins…), sont rarement compatibles avec les cohérences de terrain et les conditions de la pêche artisanale polyvalente, l’intégration des pêches dans des économies régionales multi-sectorielles et plus ou moins spécialisées au sein de l’UE.

Bien que balbutiante, la 3ème voie apparaît la plus avantageuse pour la collectivité. Ainsi, l’on peut voir comment la petite pêche varoise tente de s’adapter au développement touristique et résidentiel de son littoral en s’impliquant dans de multiples actions (aires marines protégées, gestion de zones de plongée, mise en place de mouillages écologiques, Pescatourisme, groupe FEP pour concilier les acteurs littoraux, marchés de vente directe, démarche qualité sur les savoir-faire, formation des jeunes…).

Un autre axe essentiel pour la gestion des mers et océans concerne le plancton qui est à  la fois base de la chaîne alimentaire et producteur d’oxygène, outil de gestion littorale, objet de partenariat entre les secteurs, outil pédagogique et aliment très complet (spiruline, chlorelle, odontelle).

Quant à  notre consommation, il ressort que nous mangeons essentiellement les poissons des pays du sud après avoir épuisé une bonne part des ressources de nos pêcheries : un choix qui n’est ni écologique (pollution et gaspillage protéinique des élevages industriels d’espèces carnivores, transports sur longue distance…), ni éthique (ces populations ont besoin de ces protéines), et qui met en danger nos pêcheries artisanales.

Pour construire l’avenir, refusons d’ores et déjà  l’appropriation privative de la ressource et des zones marines préconisée par l’UE dans le cadre de la réforme de la PCP), favorisons les gestions collectives par les pêcheurs, redécouvrons les espèces locales de nos pêches artisanales, exigeons l’affichage sur la provenance et le mode d’exploitation des produits de la mer, et portons toute notre attention sur la diversité planctonique et les moyens de la conserver…

Intervention de Elisabeth TEMPIER, rédactrice de la revue et du site internet « L’encre de mer ‘, Philippe FAVRELIERE, rédacteur de Aquablog, regard sur la pêche et l’aquaculture, tous deux membres du Collectif Pêche et Développement, Lucien BIOLATTO, administrateur de Slow Food France

Le programme de cette université

L’article de Midi Libre :

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Pêche artisanale : discussion internationale en Inde

Les priorité d’ICSF (Collectif International d’Appui à  la Pêche Artisanale) pour les 4 ans à -venir concernent :

– 1. Aires Marines Protégées (AMPs): suivre, coopérer, affirmer les droits des pêcheurs professionnels, s’inspirer des expériences de bonne gestion (dont celles des comités des pêches et des prud’homies en France) et communiquer…

– 2. Les femmes dans la pêche : soutenir des programmes d’action pour que les femmes s’impliquent dans les organisations de gestion directe de la pêche ou les ONG…

– 3. Les droits collectifs à  la ressource : soutenir la formation des pêcheurs à  la gestion collective, développer le concept de droits collectifs des communautés de pêcheurs, examiner des alternatives de revenus (pescatourisme, aquaculture familale, agro-halio-écologie…)

– 4. Aquaculture : alerter sur les dangers de l’aquaculture industrielle (saumon, crevettes…), promouvoir l’aquaculture familiale pour la consommation domestique, la souveraineté alimentaire, et les marchés
locaux, suivre les questions de certification internationales et l’évolution du processus de privatisation de l’aquaculture mondiale…

– 5. Travail : reconnaissance du travail des femmes dans les pêcheries et les conserveries, concertation avec les syndicats concernant les travailleurs inorganisés, recherche sur le travail des enfants et les moyens de leur octroyer une formation, recherche sur l’adaptation de la Convention pêche 2007 de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) afin de préserver des territoires littoraux aux pêcheurs côtiers…

– 6. Changement climatique: rassembler les informations des pêcheurs, mieux comprendre les stratégies politiques, réduire la vulnérabilité des communautés côtières…

– 7. Commerce international : mieux comprendre la situation, faciliter le commerce des femmes de l’Afrique de l’Ouest soumis à  de très nombreux contrôles, suivre les programmes de l’UNEP et les débats de l’OMC (Organisation du Commerce Mondial) ainsi que les communications de grandes ONG environnementales…

– 8. Le 25ième anniversaire d’ICSF : il sera fêté en 2011-2012 par une réunion spéciale où seront évoqués un certain nombre de problèmes comme les forums des pêcheurs, les droits alimentaires, les droits collectifs, les institutions traditionnelles, les mouvements de pêcheurs dans le monde, la souveraineté alimentaire, les compagnies transnationales qui contrôlent la ressource, etc.
AG ICSF 2010

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