La Méditerranée est la mer la plus menacée au monde

Les conclusions d’une étude mondiale, Census Marine Life, ont été rendues hier. Selon les 360 savants qui ont recensé la vie dans les mers et océans pendant 10 ans, « les impacts des activités humaines sont proportionnellement plus importants en Méditerranée que dans les autres mers du monde ‘. En cause, la dégradation des habitats, la surpêche, l’augmentation des espèces invasives favorisée par le réchauffement climatique Conscient de cette situation, le Languedoc- Roussillon a lancé un schéma régional de la biodiversité pour préserver les espaces naturels, y compris marins…

La faune et flore de Méditerranée, parmi les plus riches au monde ( de l’ordre de 12.000), sont aussi les plus menacées…

Parmi la liste de menaces, « la dégradation et la perte de l’habitat est la plus répandue aujourd’hui ‘…

La surpêche est la seconde menace pour la biodiversité, et devrait croître encore dans les dix prochaines années… Mais la particularité de la Méditerranée est la présence particulièrement importante d’espèces invasives… (barracudas et sérioles des côtes du Maghreb… poisson lapin de la Mer Rouge…).

Venues d’autres mers, elles sont estimées à  plus de 600, soit près de 4 % du total des espèces recensées… « La dispersion de la Mnemiopsis Leidyi (méduse américaine), depuis Israêl jusqu’à  l’Espagne en 2009, a provoqué de grandes inquiétudes en raison de son impact sur les écosystèmes et zones de pêche ‘… « De manière générale, l’établissement d’espèces exogènes d’origine tropicale pourrait entraîner la perte du caractère particulier des communautés méditerranéennes ‘…

« Dans l’ensemble, la biodiversité augmente en Méditerranée. Pour l’instant, aucune espèce n’en a chassé une autre ‘… « Dans l’étang de Thau, biotope unique de 7 500 hectares, entre Sète et Mèze (Hérault), on compte une cinquantaine d’algues dites invasives mais elles ne posent pas de problème écologique. Elles ont même enrichi la biodiversité du milieu. ‘ Certes, s’il y avait une évolution climatique, l’une d’elles pourrait prendre le pouvoir… Quelque 58 espèces ont été introduites dans l’étang de Thau sur 197 espèces répertoriées, soit un bon quart ! Ces espèces arrivent essentiellement d’Asie – comme l’envahissante sargasse – importées accidentellement depuis les années 1970, en même temps que les huîtres japonaises.

Hors étang de Thau, parmi les espèces nuisibles, il y a un remarquable ver marin qui s’est tout de suite plu dans nos contrées lagunaires depuis près d’un siècle : le cascails. Vivant en colonies, il produit un récif calcaire gênant la navigation, participant du comblement des étangs et à  l’asphyxie des eaux. On le trouve dans des lieux passablement dégradés où il aime à  proliférer (étangs de l’Or, du Méjean, du Campignol, près de Narbonne, ou à  Canet) Pour s’en débarrasser, il suffit d’améliorer la qualité des eaux…

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D’un iceberg à  l’autre, suivez Anne Quéméré dans sa dérive polaire…

Son « palmarès » :

– « La traversée de l’Atlantique par la route des alizés
à  l’aviron, en solitaire et sans assistance.

En décembre 2002, après une longue et minutieuse préparation, je m’élance des Canaries et rallie la Guadeloupe 56 jours plus tard, battant ainsi le record du monde féminin.

Mais, pas question d’en rester là  ! Un nouveau projet naît quelques mois plus tard :

– La traversée de l’Atlantique nord
à  l’aviron, en solitaire et sans assistance.

C’est en juin 2004, que je quitte les Etats-Unis pour toucher les côtes françaises le 30 aoà’t 2004, après 87 jours d’une traversée éprouvante et 6450 Kms parcourus dans des conditions météo difficiles. Nouveau record à  la clef Le pari est gagné haut la main !

Le virus semble alors inoculé, et de ces deux voyages océaniques naît alors un challenge totalement novateur :

– La traversée de l’Atlantique Nord
en kite, en solitaire et sans assistance.

En juin 2006, je m’élance une nouvelle fois de New-York pour cette première mondiale et arrive à  Ouessant (Bretagne) 55 jours plus tard et quelques 6700 Kms parcourus.

Je ne pouvais bien-sà’r pas m’arrêter en si bon chemin :


– Tentative de traversée du Pacifique
en Kite, en solitaire et sans assistance

En
novembre 2008, je quitte San Francisco avec pour but de rallier Tahiti. Mais après 40 jours de mer et malgré un parcours sans faute jusqu’à  l’équateur, je me retrouve engluée dans le « pot au noir ‘ et finalement contrainte à  l’abandon suite à  une avarie.

Au-delà  de ces 4 odyssées , c’est avant tout l’océan que je salue, car « aussi puissante soit notre détermination, aussi inusable soit notre énergie, c’est bien lui et lui seul qui au final, décide ou non de nous laisser passer ‘.


A propos de la signalisation :

Rencontrée en Bretagne, Anne a raconté qu’elle disposait à  bord de son canot d’un appareil puissant renvoyant les échos radars afin d’éviter d’éventuelles collisions. Mais un jour, un énorme bateau faisait invariablement route sur elle. Alors qu’elle s’apprêtait à  brancher sa caméra qui pourrait peut-être témoigner de l’accident…, elle réussit à  joindre par radio le commandant du navire :
– Je vous vois bien, lui dit-il, vous avez telle position
– Non, pas du tout, il s’agit d’un voilier, lui répond Anne en lui donnant sa propre position
– Je ne vois rien, si ce n’est un bidon…
– Je suis dans le bidon !

Bien-sà’r, le commandant dévia sa route immédiatement mais il se fit très insistant pour recueillir à  son bord cette surprenante aventurière, lui assurant qu’elle arriverait saine et sauve à  bon port.

Finalement, Anne préféra couper la radio et son appareil de signalement car son embarcation n’étant pas suffisamment identifiable, les navigants s’approchaient de près pour voir de quoi il s’agissait…

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Une charte pour encadrer la pêche de plaisance

… Jusqu’à  présent, contrairement aux chasseurs et aux pêcheurs en eau douce, titulaires d’un permis, la pêche de plaisance n’était pratiquement soumise à  aucun contrôle. La « charte d’engagements et d’objectifs pour une pêche maritime de loisir écoresponsable », signée, en juillet, entre les représentants des pêcheurs et les ministères de l’agriculture et de l’écologie, vise, pour la première fois, à  mieux encadrer cette activité, dont l’impact sur les ressources marines est loin d’être négligeable…

« Chaque plaisancier prélève en moyenne 10 kg de poissons par an… Individuellement, chacun pense que ce n’est pas grand-chose, mais quand on multiplie par le nombre de pêcheurs, on arrive parfois au même niveau que ce qu’attrapent les professionnels. » C’est le cas pour le bar (5 600 tonnes par an, contre 5 300 pêchées par les professionnels), le lieu jaune, et dans une moindre mesure, la dorade…

En outre, les pêcheurs plaisanciers prélèvent souvent des spécimens trop petits, par méconnaissance… Les retournements de pierres effectués par les pêcheurs à  pied aboutissent à  une baisse de biodiversité…

Le vide réglementaire favorise en outre le braconnage, dont l’impact n’est pas chiffré. La seule limite quantitative fixée à  la pêche de plaisance est la notion d’alimentation de la « table familiale ». Elle autorise des interprétations à  géométrie variable…

Des mesures ont finalement été négociées, dont le marquage du poisson pêché par les plaisanciers, afin d’éviter sa revente au noir, et le renforcement des contrôles. Les pêcheurs seront aussi tenus de se déclarer auprès de l’administration, ce qui permettra de mieux leur faire connaître la réglementation… Le permis de pêche, comme il en existe aux Etats-Unis, en Espagne, ou en Irlande, a, en revanche, été combattu par les représentants des pêcheurs amateurs, pour qui il est synonyme d’encadrement excessif et de taxation. Un bilan au bout de deux ans est prévu, au terme duquel le permis pourrait refaire surface si l’application de la charte ne donne pas satisfaction….

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<em>En pratique. 2,5 millions de personnes pratiquent la pêche de plaisance en mer : 71 % à  pied, 33 % du rivage, et 25 % à  bord d’un bateau, beaucoup cumulant les plaisirs. Les dépenses liées à  l’activité sont estimées entre 1,2 et 1,8 milliard d’euros par an.

Prises : environ 30 000 tonnes de poissons, coquillages et crustacés sont prélevés chaque année par les plaisanciers, contre 550 000 tonnes par les professionnels, selon la première enquête réalisée sur le sujet par l’Institut français pour l’exploitation de la mer et BVA, parue en 2009.

Espèces : les plaisanciers font jeu égal avec les professionnels pour le bar (5 600 tonnes par an, contre 5 300 pour les professionnels), le lieu jaune (3 500 tonnes pour chaque) et dans une moindre mesure la daurade (respectivement 2 000 et 3 500 tonnes).</em>

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Le déclin du phytoplancton met en péril la chaîne alimentaire

… Depuis un siècle, celui-ci s’est dramatiquement raréfié, selon toute vraisemblance, en raison du réchauffement climatique. C’est ce que révèle une étude canadienne publiée dans la revue Nature du 29 juillet. Le constat est d’autant plus inquiétant qu’une seconde publication, canado-américaine, montre que la température océanique joue un rôle-clé dans la diversité des espèces animales marines…

les chercheurs ont calculé qu’au cours du siècle passé la biomasse planctonique a régressé, à  l’échelle du globe, de 1 % par an en moyenne. Le recul est particulièrement bien documenté dans l’hémisphère nord et à  partir de 1950, avec, depuis cette date, une perte d’environ 40 %. La tendance vaut pour tous les océans, à  l’exception de l’océan Indien, où est observée une progression. Elle est plus marquée dans les régions polaires et tropicales…

Au niveau économique, l’industrie de la pêche est directement concernée.

Ce n’est pas le seul risque. Le plancton végétal marin, formé d’algues et d’organismes microscopiques en suspension dans l’eau, absorbe en effet une forte proportion du dioxyde de carbone (CO2) émis par l’homme, en même temps qu’il produit la moitié de l’oxygène que nous respirons. En outre, il joue un rôle central dans la régulation de la machine climatique…

Pour se développer, le plancton marin a besoin de lumière, mais aussi de nutriments présents dans les eaux profondes. Or, en se réchauffant, les océans ont tendance à  se stratifier en couches qui freinent la remontée de ces aliments vers la surface. D’autres phénomènes, comme l’oscillation australe El Nià±o, influent aussi sur la production végétale, mais sur des échelles de temps courtes et sans infléchir la tendance à  long terme. ..

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Des QIT comme droits d’usage et non comme droits de propriété…

Information d’ICSF

Mme Damanaki rencontrait des représentants de la pêche artisanale et de la pêche à  petite échelle ainsi que des ONG afin de discuter des enjeux d’intérêt commun soulevés par la réforme de la Politique Commune de la Pêche de l’Europe (PCP). Cette rencontre avait été sollicitée par le bureau de Belgique du Collectif International d’Appui à  la Pêche Artisanale (ICSF-CIAPA) et la NUTFA (New Under Ten Fishermen’s Association) du Royaume-Uni.

Les problèmes à  aborder concernaient :
– la représentation de la pêche artisanale et à  petite échelle dans les consultations et processus de prise de décision relatifs à  la PCP ;
– l’adoption d’une approche différenciée pour la pêche à  petite et à  grande échelle ;
– les mesures de sauvegarde pour les flottes de pêche à  petite échelle vis-à -vis de l’introduction des droits individuels échangeables ;
– les critères à  retenir pour définir les pratiques de pêche durables ;
– la discrimination positive pour promouvoir la pêche artisanale et à  petite échelle durable.

Participaient à  cette réunion des représentants venus d’Espagne (de Galice et de Catalogne), de France (Bretagne et Var), du Royaume-Uni (NUTFA) et des membres de la Coalition OCEAN2012.

Xoan Lopez, Secrétaire de la Fédération Galicienne des Cofradias de Pêcheurs souligna que la représentation était l’un des plus importants problèmes auxquels sont confrontées les pêcheries à  petite échelle. « Nous voulons nous assurer que notre message parvienne à  son destinataire sans intermédiaire ‘, dit-il. « C’est un problème complexe qui doit être résolu ‘.

Danièle Le Sauce, présidente de l’ONG française « Pêche et Développement ‘ fit part de ses craintes vis-à -vis des QIT. « Nous avons peur que les QIT soient le début d’une privatisation de l’accès à  une ressource commune et ouvrent la voie à  une complète libéralisation des pêcheries européennes, amenant son lot d’effets pervers tels que la spéculation, l’échange de quotas, le leasing des droits, et ainsi de suite. Cela mettrait la pêche artisanale dans une situation désavantageuse. Nous pensons que les expériences de QIT dans d’autres pays tels que l’Islande, le Danemark ou le Chili, devraient nous mettre en garde contre leur introduction en Europe ‘.

Paul Joy, coprésident de la NUTFA, affirma quant à  lui que le seul moyen de poursuivre la réforme de la PCP passait par l’adoption de mesures techniques, basées sur la réduction de l’empreinte carbone et l’utilisation d’engins plus sélectifs et moins destructeurs, auxquelles la pêche artisanale côtière se conforme déjà . Il souligna le fait que, bien qu’ayant une politique « anti-rejets ‘, les membres de la NUTFA se voient contraints de rejeter certaines prises à  la mer parce qu’ils ne se sont pas vus allouer de quotas pour plusieurs espèces commerciales.

Mme Damanaki assura à  l’assemblée que ces problèmes étaient au cœur de la réforme de la PCP, mais qu’ils étaient également très controversés. « Le processus de réforme actuel ne peut aucunement s’apparenter à  celui de 2002 ‘, dit-elle. « Nous avons besoin d’une réforme radicale. C’est un travail difficile, mais nous ne pouvons rien accepter de moins qu’une réelle réforme ‘.

Elle reconnut que la représentation était une question clé, et qu’il était important d’assurer à  chacun une meilleure représentation, y compris aux pêcheurs artisans et aux ONG. « C’est notre devoir de parvenir à  une meilleure structure de représentation de la pêche à  petite échelle. Ses structures sont faibles et nous devons la placer sur un pied d’égalité avec les plus gros acteurs’, souligna-t-elle.

Quant à  un régime différencié, Mme Damanaki confirma son soutien à  une telle approche, mais avertit que bon nombre d’états membres étaient contre l’adoption d’un traitement différencié pour la pêche à  petite échelle. « Nous devons les convaincre pour trois raisons ‘, commença-t-elle. « Nous sommes persuadés, sur base d’informations scientifiques, que la pêche à  petite échelle est plus durable et a une empreinte environnementale moindre. La pêche à  petite échelle est également beaucoup plus propice à  l’emploi, et il s’agit d’une question clé. Nous reconnaissons également que la pêche à  petite échelle est importante pour la survie des communautés côtières, pour leur identité, leur culture, leur histoire et leur mode de vie ‘.

Mais pour réaliser tout ceci, Mme Damanaki affirma que « nous avons besoin d’une définition très précise de la pêche à  petite échelle au niveau communautaire ‘. Elle invoqua le fait que, si un appui spécifique devait être accordé via des fonds européens, une définition était essentielle, basée sur la longueur du navire, les engins (sélectivité), la capacité, et d’autres critères .

Sur la question des droits de pêche individuels transférables, la Commissaire européenne aux Affaires Maritimes et à  la Pêche était persuadée que les droits échangeables étaient un outil essentiel pour réduire la capacité sans employer l’argent public. « Nous n’avons pas beaucoup d’argent, et nous devons accorder des compensations aux armateurs. S’ils peuvent vendre leurs droits et navires de pêche, ils peuvent quitter le secteur tout en obtenant quelque chose en échange ‘. Elle souligna également le fait que des mesures de sauvegarde seraient appliquées pour la pêche à  petite échelle de sorte que les pêcheurs artisans ne puissent vendre leurs droits qu’au sein de leur propre secteur .

Les derniers mots de Mme Damanaki furent au sujet des rejets. « C’est un problème très grave pour lequel nous devons faire quelque chose ‘, souligna-t-elle.

Pour plus d’informations, contactez:
Brian O’Riordan, Secretary ICSF Belgium Office, Sentier des Rossignols 2, 1330 Rixensart, Belgique. Tel: 02 6525201. Email: briano@scarlet.be

ICSF est une organisation non-gouvernementale internationale œuvrant pour l’établissement de pêcheries équitables, autonomes, durables et en toute égalité de genre, particulièrement dans le secteur artisanal ou à  petite échelle de la pêche.

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Marée noire : le silence des autorités chinoises

Les habits maculés de noir, le visage et les cheveux luisants de fioul, les mains nues recouvertes d’une épaisse couche visqueuse, les pêcheurs de Jinshatan ont des allures de mineurs de fond en ces temps funestes de marée noire : depuis l’explosion, le 16 juillet, d’un oléoduc dans une zone industrielle voisine, à  une cinquantaine de kilomètres de Dalian, en Chine du Nord, le petit port de pêche a été transformé en zone de stockage, et des milliers de bidons sont alignés sur le terre-plein…

C’est une mauvaise manoeuvre de désulfuration dans deux oléoducs, lors du déchargement d’un pétrolier, qui aurait conduit à  un incendie dans un réservoir de Xingang, le terminal du port de Dalian réservé aux hydrocarbures. Et au déversement d’au moins 1 500 tonnes de pétrole brut dans la mer…

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3 questions écrites aux Ministres pour la petite pêche méditerranéenne

A la demande de l’UIPMPM – Union Intersyndicale des Petits Métiers de la Pêche Méditerranéenne – M. Vialatte, député du Var, interpelle M. Bruno Le maire, Ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche, et M. Eric Woerth, Ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique, par le biais de 3 questions écrites : rétablir la gestion prud’homale, des règles identiques d’application et de contrôle et une répartition égalitaire du quota restant de thons rouges…

Rétablir la gestion prud’homale : une revendication formulée par les prud’hommes pêcheurs et les représentants du Collectif de Sauvegarde du littoral qui proposent une étude approfondie sur le bien-fondé de ce type de gestion spécifique à  la Méditerranée française, voire européenne,

Des règles identiques d’application et de contrôle , notamment pour les filets dérivants qui sont encore utilisés en Italie et non en France,

Une répartition égalitaire du quota restant de thons (171 t) entre les pêcheurs artisans afin de ne pas léser les 75 palangriers et ligneurs au profit des petits métiers « issus de la senne ».

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Un programme sans précédent pour élucider la surmortalité des abeilles

Quelle est la cause de la surmortalité des abeilles sauvages et domestiques qui, partout dans le monde, menacent la biodiversité et la sécurité alimentaire de l’humanité ? Pour répondre à  cette question, les autorités anglaises et écossaises viennent de lancer un programme d’une envergure sans précédent…

Un tiers de l’alimentation mondiale dépend de la pollinisation par les insectes…

Pour expliquer cette surmortalité, la communauté scientifique parle aujourd’hui de causes « multifactorielles », et d’interactions possibles entre les divers facteurs : maladies, parasites, exposition aux pesticides, raréfaction de la nourriture des insectes due à  l’uniformisation des cultures, appauvrissement génétique des reines…

Une équipe tentera de mettre en évidence les effets d’un ou de plusieurs pesticides sur l’activité cérébrale des abeilles au niveau cellulaire… Les pesticides de traitement des cultures, mais aussi ceux qui sont utilisés par les apiculteurs pour éradiquer les parasites dans les ruches, seront testés. L’évolution des capacités d’apprentissage d’abeilles exposées à  des produits chimiques sera également évaluée en laboratoire.

Enfin, volet le plus spectaculaire de la recherche, les abeilles de trois ruches en plein champ seront équipées de puce de radio-identification (RFID), qui permettront de suivre la trace de chaque insecte…

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Attention hypothermie

Emmanuel Audrain (Photo : Sophie Hourdin-Marty) Hypothermie, le mot fait froid et technique, et pourtant cueillis nous le sommes par la chaleur humaine de ces rescapés. Voileux de renom, pêcheurs de métier, passagère d’un ferry, ils sont réunis au travers de leur aventure – inimaginable – qu’ils racontent, visage ouvert sur un gros plan, simplement. Chacun à  sa façon puise en lui-même pour combattre le froid, l’angoisse de la mort, l’abandon. Qu’y a- t- il de plus fort aux confins de notre humanité ? La main tendue leur ouvre une nouvelle vie. A n’en pas douter, pour eux comme pour nous qui regardons, il y a un avant, il y a un après.

L’art d’Emmanuel Audrain est de nous restituer ces récits, au plus près des auteurs qui, par séquences entremêlées, envahissent tout l’espace. Si tant est qu’il y avait un message dans ce film de commande, il est emporté par ce rapport direct avec ce qui nous tient aux tripes : la lutte contre notre propre finitude. Le génie d’Emmanuel Audrain est de recourir au dessin pour faire comprendre d’un trait de feutre la position précaire et mouvante de ces corps perdus au milieu de l’hostile. En quelques traits sobres, les mains retracent l’intensité de la situation. Au-delà  de la pensée reconstructrice, réalisateur et voyageurs de l’extrême font naître l’art sous nos yeux.

Récit d’un tournage

C’est un projet qui a été long, c’est bien quand les projets sont longs, tu mà’ris dedans. L’idée était de donner des informations sur l’hypothermie, transmettre des gestes qui sauvent

Dans un film, il faut la rencontre de 2 désirs : celui du réalisateur qui rencontre quelqu’un et qui désire l’écouter, et celui de la personne qui raconte : « J’ai envie de transmettre ce que j’ai vécu, c’est tellement fort, c’est important, cela peut servir ‘. II y a quelque chose qui se noue. Après, ça prend du temps : trouver le moment où l’on va filmer, les conditions où l’on va se mettre Ensuite, je leur ai demandé de dessiner, c’était encore autre chose. Et là , on avance ensemble et quand le film est presque fini, je viens leur montrer, je leur demande si ils s’y retrouvent.

La femme, elle est étonnante car elle avait beaucoup de raisons de paniquer. Ce n’est pas une grande sportive, elle se retrouve tout à  coup au milieu des déferlantes, et d’entendre qu’elle a une voix en elle : « Ne panique pas, plonge dans les vagues ‘, c’est remarquable !

Catherine Collet projetée d'un navire à  passagers dans les vagues du raz de Sein (Dessin : Catherine Collet)

– C’est un parti-pris d’avoir peu de mouvement ?

Oui, c’est assez épuré. Le cadre de tournage est le même de bout en bout. Quand on voit la combinaison rouge : c’est Thierry, quand le fond est noir : ce sont les 2 pêcheurs, et Catherine est sur un fond plus neutre, chez elle. L’idée était de trouver 3 lieux, 3 endroits où ils puissent revivre et à  ce moment-là  tu ne peux pas leur demander de faire des mouvements. L’émotion, ça passe sur leur visage et un visage, pour moi, y a pas plus beau. Mais on peut pas faire un film uniquement sur les visages

L’idée des dessins était là  dès le début, c’est tellement compliqué si on veut expliquer tout ce qui se passe, et en dessin c’est tout simple. L’autre parti pris c’est la musique et c’est venu en cours de tournage. En travaillant chez moi, j’entends un saxo qui joue tout l’après-midi dans la rue, et je me dis : « C’est proche de la respiration ‘. Je vais le voir mais il partait 6 mois en Egypte. Nous nous sommes revus après. Entre temps, j’avais entendu une phrase de Rachmaninov qui me parlait aussi. Je lui ai dit : « On va partir de là , ce serait bien d’avoir aussi une contrebasse, je vous laisse improviser, je vais vous parler du film ‘. On a fait une journée entière avec le mixeur. Je leur ai montré le début de la maquette et leur ai parlé des moments du film : la mort ou la vie qui est si fragile, si ténue Dans cette phrase de Rachmaninov il y avait la fragilité, la solidarité, la force apportée par les autres j’entendais tout ça, et on est parti de là . Il y a une très belle phrase musicale dans le film qui part de Rachmaninov et dans laquelle Florent Cornillet développe quelque chose de très personnel, qui relève de son univers. On dit aux musiciens : « Faut pas vous offusquer mais on prendra des petits bouts de phrases ‘. Et là , quand les 2 pêcheurs sortent de l’eau, on a gardé une phrase très longue, c’est magnifique ! La musique va toucher un endroit qui n’est pas l’intellect, un endroit qui est plus sensible, elle nous ouvre des portes, on entend différemment, on sent différemment…

Au montage, on va chercher ce qui marche, comment ça marche. Tu vois vraiment quelque chose naître que tu as pressenti mais si peu ! Tu peux être ébloui, y a une espèce de joie quand, au montage, tu sens que ça vient. Tu es le premier spectateur et tu es heureux à  ce moment-là  ! Ce moment-là  de joie, t’as des ailes, tu danses. Tu rentres et le film est là  : « Il me surprend mais c’est exactement ça que je voulais faire mais je ne pensais pas que je pourrais y arriver.. ‘.

Thierry Dubois dans un canot de survie au large de l'Antarctique lors d'une course de Vendée-Globe (Dessin : Thierry Dubois)

Au tournage, Thierry Dubois me disait : « Je veux pas que ce soit dramatique parce que, bon, ça fait partie de la vie d’un gars qui va en mer ‘. Dans le premier montage que je lui montre, les autres racontent qu’ils ont approché la mort, ils ont cru que c’était fini… Thierry Dubois qui reste 3 jours dans un radeau de survie en Antarctique, il lui arrive les pires catastrophes, c’est jamais fini, et il dit : « Bon, il me reste encore mon radeau, il me reste encore ma balise ‘. Thierry voit la maquette et dit : « Emmanuel, ça va pas, ce que les autres ont vécu, l’approche de la mort et ce que ça change après, je l’ai vécu aussi ‘. On a refait un petit tournage qui n’était pas bon et je me suis rendu compte qu’il y avait déjà  tout ça dans le premier tournage, mais c’était tout petit. On est allé chercher ce passage : « Je vais peut-être faire mon trou dans l’eau, c’est arrivé à  mes copains, c’est peut-être mon tour aujourd’hui ‘ et, là , il avale sa salive, c’est pas facile à  dire et avec ce passage, il se met au diapason des autres.

Les deux pêcheurs, on est allé les filmer de nuit. Le matelot, le premier que l’on rencontre, nous parle beaucoup. Le patron arrive finalement. à‡a ne devait pas être facile de revenir sur tout cela : il a cassé sa voiture en venant, il est pressé, il est en retard On arrive sur cette plage, on entend le ressac derrière, on met un peu de lumière, le preneur de son, moi derrière la caméra ça dure même pas 10 mn d’enregistrement. Je relance sur ce qui était majeur pour moi : Régis, le matelot, ce moment où le bateau n’est pas encore coulé, il se dit : « Je retourne chercher la bouée couronne  pour Florian, il ne sait pas nager‘. A nouveau l’histoire se déroule avec d’autres détails, et au bout de 10 autres minutes ça s’arrête, et je sens qu’ils ne peuvent plus rien en dire. On rentre, dans la nuit, de St Brieux à  Lorient et dans la voiture je suis un peu inquiet, je me dis : « Est-ce que tout y est ? ‘ J’en parle avec l’ingénieur du son : «  Tu crois que ça y est ? ‘ « C’est fort, toujours, c’est court mais c’est fort ‘.

On se retrouve quelque temps plus tard avec la monteuse, on met tout ça bout à  bout sur la table de montage. Je me dis : « Est-ce qu’avec 3 récits : une femme en une demi-heure qui manque de perdre sa vie en passant à  l’eau d’un bateau de passagers dans les déferlantes du raz de Sein, les marins 5h dans l’eau, dans la nuit et dans le froid de l’eau, et Thierry Dubois 3 jours, 3 nuits dans un radeau de survie une demi-heure, 5 heures, 3 jours-3 nuits, va-t-on arriver à  passer de l’un à  l’autre ? J’ai l’impression qu’ils ont tous vécu la même chose : le froid qui mord, l’approche de la mort, et pour les 2 pêcheurs : « Il faut qu’on se soutienne l’un, l’autre ‘. Chacun se raccroche à  ce qui tient sa vie, tenir et sortir de ce moment-là  différemment. Et au montage, j’ai la certitude que ça marche. Tu engages des options, des paris, mais tu ne le vois que sur la table de montage.

Florien Morin et Régis Bougeard accrochés à  une caisse flottante suite au naufrage de leur chalutier en pleine nuit (Dessin : Florian Morin)

– Qu’est-ce que tu en retiens de ce film ?

Collectivement ils portent quelque chose qui me touche, et le jeune matelot qui parle si peu incarne bien ce que j’appelle l’intelligence du cœur : « Mon patron sait pas nager ‘. Intuitivement il trouve quelque chose, il repart chercher la bouée couronne  C’est le sentiment d’une fragilité collective qui est si forte chez les marins ! Ils seront plus forts à  plusieurs. Tu tombes en panne sur la route, ce n’est pas dramatique ; en mer c’est ta peau qui est en jeu.

– Le tournage des récits se fait en une seule fois ?

Oui, t’as pas droit à  l’erreur. Ils vont raconter une fois et il faut être bon tout de suite, il faut pas que le son, ou la lumière, soient à  la traine Les 2 pêcheurs, je les ai lancés : « Vous êtes la nuit, dans le raz de Sein, fatigués, qu’est- ce qu’il s’est passé ? ‘ J’essaie de commencer par une question un peu anodine pour que la caméra tourne, qu’on fasse nos réglages. Après, je sais qu’on va arriver dans le tournage vraiment et il faut que tout soit carré, qu’on soit bon quoi ! Dans le documentaire, on sait bien que les choses très profondes, on les donne la première fois.

Remettre les gens dans l’eau dans des conditions dramatiques, ce n’est pas possible, alors le documentaire construit sur un récit ça me convient bien !

– Comment es-tu venu au cinéma ?

Le cinéma est mon mode d’expression. J’ai été photographe et quand j’ai proposé mes 2 premiers reportages, on m’a dit : « Vous faites les textes ? ‘ et pendant 10 ans j’ai vécu en faisant des reportages photos et textes. Mon goà’t était à  la fois les sujets à  résonance écologique, et la mer, et la Bretagne Quand au début des années 80, je vois un film de Raymond Depardon qui tourne tout seul, qui est photographe Je me dis : « Si on peut faire du cinéma comme ça, aussi léger qu’un photographe, qui reste longtemps, qui bosse avec les gens, qui se fait oublier c’est ça qui m’intéresse ‘. Cinq ans plus tard, je suis sur un bateau de l’ile d’Yeu avec une caméra et on part filmer la pêche du thon blanc à  la traîne. C’est une marée d’un mois, puis une autre marée… Tu bosses presqu’un an, en travaillant à  toutes les étapes : convaincre, écrire, trouver les moyens, monter, accompagner cette durée sur un projet c’est magnifique ! C’est le documentaire qui le permet, je vis avec les films que je fais,
je vis dedans, je mà’ris dedans, y a des moments où t’es embarqué, t’es tout seul, au tournage comme au montage. Tu penses, tu manges, tu dors avec le film que tu as en chantier C’est aussi une vraie responsabilité vis-à -vis des gens que tu as filmés.

C’est à  l’initiative de Janick Moriceau, vice-présidente de la Région Bretagne, chargée de la mer et de Georges Le Lec, de la Fédération Bretonne de la Coopération Maritime, que m’est confiée la réalisation de ce film sur l’hypothermie : « Ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire ‘. Marqué par la perte de deux amis marins-pêcheurs, c’est en 2004 que je me suis engagé sur ce thème de la sécurité en mer avec « VFi La vie continue ». Vingt et une minutes, pour inciter les futurs marins pêcheurs à  porter les nouveaux Vêtements à  Flottabilité Intégrée. . Le DVD de ces 2 films est vendu avec l’Almanach du Marin Breton (Maison de la Presse, 21€) ou sur commande : amb@marinbreton.com, 24 Quai de la Douane, 29200 Brest. T. 02 98 44 06 00.

Autres films  : Boléro pour le Thon Blanc , Sauveteurs, Mémoire des Iles, PARTIR accompagné ‘ (Soins palliatifs), Je suis resté vivant ! ( Enfants de Sarajevo), Le vent d’été est léger, Rue des Thoniers, La Rochelle – port breton, Victor Tonnerre, Les enfants de l’Erika, Alerte sur la ressource , Le testament de Tibhirine .

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Des espèces de la Mer Rouge arrivent sur nos rivages

Poisson flà'te

Une colonisation pas si évidente

A moins que l’espèce lessepsienne([Appelées ainsi en référence à  Ferdinand de Lesseps)], initiateur du canal de Suez ne transite dans les eaux de ballast de navires ou ne se fixe sur la coque des navires, il lui faut franchir un canal étroit, fortement salé et risqué (manque de substrats rocheux pour se cacher). L’espèce « exotique ‘ doit pouvoir se reproduire avant de s’étendre progressivement en sa nouvelle mer. La reproduction dépend de la salinité et de la température de l’eau (cette dernière a augmenté en surface depuis la fin des années 90). Elle dépend également du degré de biodiversité du milieu en raison de la compétition pour l’habitat et la nourriture.

mais réelle

Le taux moyen de migration est passé de 2,3 espèces par an, entre 1928 et 1997, à  6,4 espèces par an, après 1998 (+173%). Depuis la construction du Canal de Suez en 1869, plus de 500 espèces (dont les poissons) se sont introduites en Méditerranée orientale.

Poisson coffre à  toxine mortelle

Un impact préoccupant pour l’environnement et la pêche

Par la présence de fleuves et leur apport en sédiment et matière organique, les eaux qui baignent nos côtes sont plus riches et la biodiversité plus grande que dans le cas de la Méditerranée orientale. De ce fait, le peuplement par de nouvelles recrues peut prendre plus de temps mais il n’en modifiera par moins les écosystèmes, réduisant la part des espèces natives et renforçant l’uniformisation des milieux. Les espèces invasives représentent actuellement 43% des ressources halieutiques en Turquie.

Poisson lapin

3 volets pour préserver nos milieux :

– Prendre en compte les risques d’accélération de l’envahissement : agrandissement ou approfondissement du canal de Suez([A son ouverture en 1869, le canal avait une profondeur de 8m et une largeur variant entre 65 et 98m. Aujourd’hui, sa profondeur est de 25m et sa largeur de 400m. A chaque augmentation de volume, les fluctuations de température à  l’intérieur du canal se réduisent tandis que l’augmentation de la profondeur facilite le passage d’espèces infralittorales.)], déversement des eaux de ballaste des navires

– Développer un réseau d’observation avec les pêcheurs et usagers maritimes et un suivi international par les organismes scientifiques de recherche.

– Préserver la biodiversité actuelle est encore le meilleur moyen de limiter ces invasions : par la mise en place d’aires marines protégées avec la coopération des pêcheurs, par la réduction des effets polluants et des atteintes aux zones de frayères littorales, par le suivi de la diversité planctonique

Voir les trois principales espèces invasives :

Voir le rapport des élèves ingénieurs : « La faune lessepsienne : quels impacts, quel avenir ? de l’Association Méditerr’Agro

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