La mer, ce n’est pas que de la surface, elle respire… ou l’enjeu planctonique

Pierre Mollo - Photo Katell Mollo
90% de la biomasse marine, c’est du plancton !

On ne peut pas parler des poissons, des coquillages et des crustacés sans parler du plancton qui est à  la base de leur existence. On dit que le plancton serait la plus grande biomasse de la mer, mais comme elle est invisible et non palpable, mon travail c’est de la rendre visible et compréhensible Quand on regarde de près, on s’aperçoit que ça peut être très joli, avec des formes incroyables, parfois très simples comme des petits points ronds, parfois des palettes natatoires, des cils C’est la plus grande diversité sur la planète qui comprend des centaines de milliers d’espèces, pour ne pas dire des millions d’espèces.

Il produit plus de 50% de l’oxygène quand même !

La prolifération de certaines micro-algues peut contribuer à  l’accélération de l’évaporation de l’eau, jouant ainsi un rôle important dans la formation des nuages, des turbulences, des climats

Le plancton végétal apporte les éléments nécessaires au bon équilibre des écosystèmes

Les gens ne le savent pas mais dans le plancton végétal, tu as des protéines végétales, des oligoéléments, des acides aminés, des omégas 3 et des bactéricides, tous les médicaments de la mer. Parce que c’est comme sur la terre, il y a des plantes qui produisent des substances pour empêcher les agents pathogènes de se développer. La nature, depuis la nuit des temps, a eu à  lutter contre ça aussi. Elle a fabriqué des espèces comme le plancton végétal (ou phytoplancton) spécialisé dans la lutte contre les agents pathogènes qui transmettent des maladies. Si ces planctons-là  venaient à  disparaître, ce serait un risque de développement de nombreuses maladies pour les espèces marines. C’est pour ça qu’il est très important de bien connaître le fonctionnement de ces micro-organismes.

Méduse - Photo Maurice Loir

{La méduse erre au gré
des courants et prolifère en
fonction de la température, des courants et de l’abondance zoo-planctonique (copépodes).Celle-ci
peut être engendrée par un bloom phytoplanctonique favorisé par des apports excessifs de nutriments (nitrate, phosphate) et du beau temps. }

Pour le développement du plancton végétal, j’ai l’habitude de dire que c’est la terre qui nourrit la mer

Ce sont les nutriments des sols apportés par la dégradation des végétaux. S’il y a un bon équilibre entre les nutriments de la terre et ce dont a besoin le plancton, cela se passe très bien. Ce qui est dangereux c’est quand il y a trop de nutriments qui arrivent : trop de nitrates, phosphates, silicates, oligo-éléments (métaux lourds) Quand tout cela arrive par les fleuves dans les estuaires, ou dans la mer, le plancton fait son tri. S’il y a abondance, le plancton que l’on souhaite voir se développer et que l’on appelle communément : « les diatomées ‘ va disparaître pour laisser place à  des espèces moins exigeantes en qualité. Si en plus, l’on rajoute des pesticides, l’on sait que cela inhibe et bloque la division cellulaire des diatomées. Par contre, cela ne bloque pas la prolifération des « dinoflagellés ‘, alors elles prennent la place. On a une réduction de la biodiversité planctonique. parce que la plus grande diversité du phytoplancton, c’est chez les diatomées. Et comme les dinoflagellés ont souvent une taille très grande c’est autant de nourriture en moins pour les filtreurs (notamment les coquillages). Les diatomées font une dizaine de microns et les dinoflagellés font une cinquantaine de microns. Voilà , avec les dinoflagellés on fragilise le milieu.

C’est notre travail d’expliquer aux agriculteurs qu’ils doivent changer leurs pratiques.

Autrement on va droit dans le mur. Quand ça vient des pêcheurs et des ostréiculteurs, là , d’un seul coup la concertation devient possible. En Bretagne, pendant une dizaine d’années, ça a été mon boulot de travailler en lien avec ces trois professions.

Des fois on dit que les poissons disparaissent et que c’est la faute aux pêcheurs. Quand on dit ça, on n’a rien dit

Jusqu’au jour où un pêcheur vient et dit : « Je veux bien croire que l’on participe à  la diminution de la ressource mais pourquoi certaines espèces disparaissent alors qu’elles ne sont pas pêchées ? ‘ La question était
pertinente. Alors je lui ai dit : « Apporte-moi des poissons qui sont en voie de disparition et qui ne sont pas pêchés, on va les observer ‘. Il m’a amené des lançons en période de frai, on a fait la reproduction et assez rapidement on s’est aperçu qu’à  la naissance, au lieu de manger du zooplancton (des copépodes) comme les autres espèces (le bar par exemple), la bouche est tellement petite que le lançon mange du phytoplancton, ce qui est assez rare pour les poissons. J’ai l’impression que c’est le cas de tous les poissons fourrages : sprat, anchois, sardine, lançon… Et si à  leur naissance, pendant 15 jours, 3 semaines, il n’y a pas de diatomées, mais seulement des dinoflagellés par exemple, les alevins n’ont rien à  manger. Ils meurent de faim tout simplement. Ce qui est grave c’est que ces espèces sont les poissons fourrages pour les prédateurs qui viennent après (turbots, bars) d’où l’intérêt de suivre de près l’évolution du plancton.

Diatomée - Photo Maurice Loir

Tu as compris que c’est des espèces tellement fragiles qu’à  un degré près elles vont se déplacer ou pas

Il suffit d’une variation d’un degré pour que cela change. L’huître, à  la naissance, fait partie du plancton pendant trois semaines. Au moment de la métamorphose, elle se fixe à  l’endroit où les courants l’ont amenée. En Bretagne, elle n’arrivait jamais au stade de la métamorphose. Elle s’arrêtait à  la Loire, c’était rare qu’elle franchisse le pas sauf en 1975-76, des années de canicule où l’on a été envahi d’huîtres jusqu’à  Brest. Après ça s’est calmé. Puis, avec le réchauffement climatique, l’eau est passée à  un degré supérieur, c’était assez pour que les huîtres se métamorphosent et viennent jusqu’à  Brest. C’est intéressant de suivre les coquillages car ce sont des espèces qui se fixent. Avec les poissons, c’est un peu plus difficile. En 1961, il a fait très froid, la mer était gelée, on a mis des années, des décennies à  se remettre de ça. Il n’y avait plus de poissons Les plantons, sous l’effet de la photosynthèse, sont souvent compacts dans les petits fonds où la lumière pénètre bien. Mais c’est dans ces petits fonds que les amplitudes thermiques sont les plus importantes, avec des impacts négatifs sur le développement planctonique.

Le pain de la mer

On voit que la morue est en train de monter vers le nord, et le copépode aussi. Le copépode, c’est l’animal qui est le plus répandu, en nombre, dans les océans et pour la planète. C’est un zooplancton qui peut faire entre 50 et 500 microns (0,5 mm). C’est le plancton fourrage pour le sprat, la sardine, l’anchois Les pêcheurs l’avaient remarqué : « Viens voir, c’est le pain de la mer ‘. Ils voient que l’eau est d’une certaine couleur, marron-rouge, c’est qu’il y a une masse de copépodes qui attirent les sprats, les sardines, les anchois et les thons après.

Diatomées - Photo Maurice Loir

{Le phytoplancton, et les diatomées en particulier, inhibent le développement de bactéries pathogènes, certaines maladies La nature est capable de réguler. La science par ce petit bout de la lorgnette, ça me passionne !}

Le plancton s’est formé il y a 3,5 milliards d’années dans des conditions extrêmes

La température était très chaude, plus de 100°C. C’était un milieu riche en éléments minéraux dus aux éruptions volcaniques. L’eau était chargée de métaux lourds et tout ce qu’on peut trouver à  la sortie d’un volcan. Il fallait une espèce costaud ! Et là  s’est développée une petite algue bleue que l’on connaît bien et qui s’appelle la cyanobactérie, un plancton végétal qui a eu comme mission pendant presque 2 milliards d’années de consommer tous les excès en C0², en sels minéraux, en métaux lourds, de transformer tout cela, d’épurer, de rendre les eaux plus « propres ‘

Ensuite, il y a eu l’évolution des espèces avec une succession de cataclysmes : des périodes froides, des périodes chaudes et les espèces se sont adaptées au milieu qui leur était proposé. Les cyanobactéries ont quasiment disparu. Elles avaient fait le premier boulot, c’était les fantassins ! Ensuite, elles se sont enfouies dans les vases, elles se sont faites oublier pour laisser place à  d’autres: les diatomées qui ont proliféré dans un milieu « propre ‘, équilibré. La grande diversité a démarré… L’endroit où il y a le plus de plancton sur la planète c’est sous la calotte glaciaire à  0°C, une diversité extraordinaire
On trouve du plancton dans tous les milieux (eaux douces et eaux de mer) et à  toutes les températures entre 0°C et 40°C. A chaque milieu un plancton particulier, mais le remplacement d’un plancton par un autre prend des dizaines, des centaines, voie des milliers d’années. Nous n’avons pas de prises sur cette adaptation « naturelle ‘ et sur le temps nécessaire ; par contre, sur la diminution des nitrates, phosphates, pesticides là  on a la main. Sur les métaux lourds, oui.

Etang à  Palavas - Photo Sophie Hourdin Marty

{Les lagunes sont de véritables viviers à  plancton. J’ai travaillé pendant 5 ans
dans les lagunes languedociennes et aussi l’Etang de Berre. Je faisais des
animations dans les villages, les mairies, les écoles pour essayer d’expliquer ce
qu’est un écosystème, à  quoi sert le plancton, pourquoi c’est si fragile, pourquoi c’est si important de protéger nos lagunes qui sont le garde-manger
de la Méditerranée.
}

Les cyanobactéries, un indicateur de dégradation des écosystèmes

Aujourd’hui, ici ou là , on voit ces cyanobactéries réapparaître. C’est un indicateur de dégradation, de pollution des milieux. Ce sont vraiment des espèces indésirables. On les voit dans les cours d’eau, les lacs, les retenues Il arrive parfois que l’eau des réservoirs soit interdite à  la consommation du fait de la présence de cyanobactéries. Quand les eaux de ruissellement sont trop chargées, ne peuvent se développer que des espèces de plancton qui vivent dans des milieux extrêmes, comme les cyanobactéries.

A côté de cela, y a une cyanobactérie, la spiruline, qui peut sauver l’humanité de la malnutrition

Une cuillère à  café matin et soir de spiruline apporte les protéines (70%) et compléments alimentaires nécessaires à  l’homme, et peut donc apporter des solutions aux problèmes de malnutrition. Il y a un danger réel que la culture de la spiruline donne lieu à  des procédés technologiques sophistiqués et brevetables qui deviendraient inaccessibles pour les pays pauvres

Construction de marais salant au Bénin - Photo Univers-selFaire du sel solaire avec le soleil et le vent

Produire du sel en Afrique en coupant et brà’lant les palétuviers pour faire évaporer l’eau, c’était la méthode de base. Depuis 20 ans, l’action des paludiers de Guérande a été d’accompagner les africains dans un échange de savoir-faire pour produire du sel sans détruire la mangrove ; Aujourd’hui, le programme est de combiner la production de sel et de riz(Cf. www.universsel.org). Si l’on détruit la mangrove et les palétuviers, on détruit les niches écologiques du plancton et des poissons : les tilapias qui sont riches en diversité et qui constituent une ressource importante pour les locaux. Aujourd’hui des milliers d’hectares sont replantés en palétuviers

Le plancton devrait être déclaré « bien commun de l’humanité ‘

A qui profite le planton ? En Afrique de l’ouest ou aux Seychelles, les pêcheurs industriels vont pêcher le thon au large mais la bande côtière est remplie de lagunes, de mangroves, de milieux incroyablement riches, en production primaire et secondaire (phytoplancton et zooplancton) qui constitue un réseau alimentaire pour le large. C’est-à -dire que les Africains du littoral ont une richesse sous la lagune, inconnue ou non-comprise. Ce plancton profite aux pêcheries industrielles du large. De plus, cela oblige les gens de la bande côtière à  se reporter sur la capture des espèces fourrages, ce qui est injuste. Le phytoplancton d’un pays va profiter au zooplancton d’un autre pays, etc. C’est un bien commun. On est tous liés à  ce phytoplancton. On devrait dédommager les africains pour l’entretien de leurs lagunes

Les eaux du nord sont celles où il y a la plus grande quantité de plancton

Les photos satellites montrent, avec les couleurs, la tendance du plancton. Il y en a pas mal sur les franges côtières en Europe, au Canada mais plus bas, dans l’Antarctique sud, les couleurs s’appauvrissent. Plus il y a de continents, plus il y a de plancton puisque ce sont les apports terrigènes qui nourrissent la mer.

Diatomée - Photo Maurice LoirLes changements dans les courants sous-marins peuvent réduire la richesse planctonique

Quand les courants sont perturbés, changent de direction, ils peuvent faire remonter des eaux froides, pauvres en minéraux qui sont des facteurs de développement planctonique. C’est le cas de certains upwellings qui étaient avant sur des composts sous-marins où il y a eu e la vie et de la mort ; certains composts remontent à  la nuit des temps Il suffit qu’ils se déplacent sur des espaces moins riches

Les extractions de granulats marins, c’est comme ouvrir la boîte de Pandore

Il y a un projet d’extraction d’un million de tonnes par an de sable entre Belle Ile et Groix. Les extractions de sable ou de maêrl, ce sont des catastrophes écologiques annoncés. Il y a des centaines de millions d’années, des couches sédimentaires successives se sont accumulées piégeant des éléments minéraux et des métaux lourds incompatibles avec une bonne production de plancton. Et ces sédiments, il ne vaut mieux pas les revoir à  la surface. La nature a bien fait les choses, elle a recouvert tout cela de sable. En surface, les sables sont corrects car ils datent de l’érosion d’il y a quelques milliers d’années seulement. Ils abritent tout un cortège de plancton végétal et animal, des fouisseurs, des vers, des coquillages, une vie vraiment intense.

Les extractions vont mettre en suspension des vases que l’on ne voudrait pas voir, c’est comme ouvrir la boîte de Pandore. Et quand tu extraies, tu crées un panache sédimentaire très fin qui va se répandre sur une très grande surface. Ces sédiments fins, ou argiles, vont colmater les sables grossiers constituant une sorte de ciment sur lequel la vie ne pourra plus se développer. S’il n’y a plus de nourriture dans cette baie de Quiberon, les poissons iront ailleurs. C’est donc une catastrophe pour la pêche. Les métaux lourds vont favoriser la production planctonique de dinoflagellés et on aura tout gagné. Comme la ria d’Etel est juste-là , avec un potentiel ostréicole très important et un label de qualité, par les courants, ce secteur-là  sera également touché

Collecteur d'huîtres - Photo Pierre MolloUn protocole d’observation de la qualité des eaux planctoniques

C’est un travail que nous avons expérimenté collectivement avec des ostréiculteurs, des associations et des gens du pays qui font les prélèvements eux-mêmes. Nous avons créé un observatoire informel avec 90 adhérents. Nous suivons la qualité des eaux planctoniques, de la rivière (sur l’Odet et l’Etel) jusqu’à  la mer, et nous faisons un état des lieux tous les 15 jours. Au départ, ça parait un peu fastidieux mais au bout de plusieurs années les professionnels ont gardé les courbes de tel type de plancton, ils déchiffrent les fiches, font des rapprochements avec leur travail, ça les passionne ! Ils peuvent comprendre leur milieu de production comme un agriculteur comprendrait ce qu’est son sol avec les vers de terre, les acariens, les micro-organismes, etc. On voudrait que le plancton ne soit pas réservé aux seuls spécialistes mais qu’il soit une affaire citoyenne, une affaire des professionnels de la mer et de la terre, une affaire partagée

Sous le bateau de plaisance, une vie intense lilliputienne

Port de Sanary - Photo Alain Ponchon

{Sur les ports de plaisance, l’été, quand les bateaux sont mal réglés, tu as des nappes de pétrole à  la surface. Tous les jours je vais à  Beg-meil, dans la baie de Concarneau, et c’est seulement en juillet-aoà’t que je vois ces irisations en permanence. à‡a c’est catastrophique}

Construits sur des zones humides, de petites embouchures, les ports de plaisance sont, de par leur situation (faible profondeur laissant passer la lumière, mélange d’eaux douces et marines), de véritables garde-manger et nurseries des eaux littorales. Un petit peuple existe sous la quille des bateaux, si fragile et pourtant porteur de l’édifice pyramidal de la chaîne alimentaire. D’une taille microscopique (quelques microns), il erre au gré du vent et des courants.

Nos gestes au quotidien peuvent avoir un impact destructeur auprès de ce petit monde de la mer : bidons, sacs plastiques ou filet de pêche à  la dérive, peintures anti-salissures répulsives pour les algues mais encore plus pour le phytoplancton, chlores et détergents utilisés pour le lavage du pont, des coques et des et des cales, déchets, huiles usagées, solvants et hydrocarbures des aires de carénage qui répandent des métaux lourds qui vont s’accumuler dans les sédiments portuaires et perturber la reproduction et le développement du zooplancton

———————————–
Pour en savoir plus sur le plancton :

[Quand l’infini petit rime avec nos choix de développement

Site planctons du monde

Site Observatoire du plancton

Publié dans Plancton | Commentaires fermés sur La mer, ce n’est pas que de la surface, elle respire… ou l’enjeu planctonique

La réforme des pêches dans l’Union européenne : La pêche à  petite échelle comme solution la plus sage vers la durabilité du secteur

« La pêche à  petite échelle a un rôle vital à  jouer dans la réforme de la Politique Commune de la Pêche européenne et dans l’évolution vers des pêcheries et des communautés de pêche durables ‘, souligne Brian O’Riordan, Secrétaire du bureau de Belgique du Collectif International d’Appui à  la Pêche Artisanale (ICSF-CIAPA).

La semaine passée l’ICSF a lancé un nouveau site internet destiné à  informer et à  influencer la réforme de la Politique Commune de la Pêche, en faveur de la pêche à  petite échelle. Le lancement du site internet est la première étape d’une série d’événements qui seront organisés et coordonnés les prochains mois par l’ICSF et ses partenaires. Ceux-ci sont le Comité Economique et Social Européen (CESE), la Federacià³n Galega de Confrarà­as de Pescadores, la Fundacià³n Lonxanet, et Pêche & Développement.

La semaine prochaine, lundi le 28 Septembre 2009, l’ICSF et ses partenaires organisent un atelier à  Bruxelles intitulé « La réforme de la Politique Commune de la Pêche et les pêcheries à  petite échelle : paver le chemin vers des modes de vie durables et des communautés de pêche dynamiques ‘. L’atelier donnera l’occasion aux représentants de la pêche à  petite échelle et des communautés de pêcheurs, ainsi qu’à  d’autres personnes liées au secteur, d’échanger des informations et des expériences, et d’identifier les domaines clés de la réforme pouvant faire l’objet de propositions communes.

Ces activités s’intégreront au processus européen de consultation impulsé par la Commission Européenne et sa publication du Livre vert sur la révision et la réforme de la politique commune de la pêche. Elles viseront principalement à  placer les questions relatives à  la pêche à  petite échelle à  l’agenda de la réforme de la PCP. Jusqu’à  présent, malgré son rôle crucial, la pêche à  petite échelle n’a en effet bénéficié que de peu de considération de la part de la PCP, et ses enjeux sociaux furent ignorés.

La réforme de la Politique Commune de la Pêche de l’Union Européenne est un événement se déroulant tous les dix ans. Le processus actuel de révision et de réforme est le troisième de l’histoire de la PCP, créée en 1983 et révisée en 1992 et 2002.

« En Europe la pêche artisanale et la collecte de coquillages et crustacés, bien que représentant plus de 80% de l’ensemble des activités de pêche, n’occupent que la seconde place aux yeux de l’administration des pêches dans plusieurs pays ‘, souligne Xoà¡n Lopez, Secrétaire Général de la Fédération Galicienne des Confrarias de Pêcheurs. « Par exemple, l’absence totale de délégation européenne à  la Conférence FAO « 4SSF ‘ de Bangkok en octobre 2008 montre bien l’ambivalence de l’Union Européenne : elle veut se concentrer sur les problèmes globaux des pêcheries à  petite échelle tout en ignorant le fait que les petits pêcheurs de nombreux pays côtiers européens font face aux mêmes difficultés que les communautés de pêcheurs dans le reste du monde. Le débat public ouvert par le processus de réforme donne une opportunité unique pour le secteur artisanal de la pêche de créer sa propre synergie ‘.

Pour plus d’informations : Brian O’Riordan, Secrétaire ICSF-Bureau de Belgique, Sentier des Rossignols 2, 1330 Rixensart, Belgique. Tel: 02 6525201. E mail: briano@scarlet.be

L’ICSF est une organisation non-gouvernementale internationale œuvrant pour l’établissement de pêcheries équitable, autonomes, durables et en toute égalité de genre, particulièrement dans le secteur artisanal ou à  petite échelle de la pêche.

Pour plus d’informations

Publié dans Analyses | Commentaires fermés sur La réforme des pêches dans l’Union européenne : La pêche à  petite échelle comme solution la plus sage vers la durabilité du secteur

Thon rouge: pas de majorité en Europe pour l’interdiction du commerce

Le principe d’une interdiction mondiale du commerce du thon rouge, qui en aurait suspendu de facto la pêche, n’a pas trouvé lundi une majorité requise parmi les pays européens, a regretté la Commission européenne à  l’origine de la proposition…

Bruxelles proposait de co-parrainer une proposition de Monaco d’inscrire le thon rouge, pêché surtout en Méditerranée, sur l’Annexe I de la Convention de l’Onu sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), à  titre provisoire, en attendant les prochaines évaluations scientifiques de l’état des stocks de thon.

« Tous les pays riverains de la Méditerranée se sont prononcés contre », a précisé à  l’AFP une source européenne proche du dossier. En conséquence, la proposition n’a pas obtenu la majorité qualifiée qui était requise…

Une fois l’avis des scientifiques publié en novembre, la Commission aura encore le loisir de faire une nouvelle proposition aux gouvernements européens…

Les ministres européens de l’Environnement pourraient parvenir à  une position commune d’ici la fin de l’année. La décision finale doit être prise à  une réunion de la CITES prévue en mars 2010…

———————————————————————-

Note de L’encre de mer : La question de la pêche artisanale sera t-elle prise en compte ? Son impact sur le stock du thon rouge est négligeable, par contre elle a besoin d’une diversité des techniques et des espèces ciblées – dont le thon rouge – pour assurer sa rentabilité et gérer territoires de pêche et marchés locaux…

Publié dans Dans la presse | Commentaires fermés sur Thon rouge: pas de majorité en Europe pour l’interdiction du commerce

Echo…pepode

« 1 kg de poisson (une truite par exemple) nécessite la consommation de plus de 100 kg de plancton animal et 1000 kg de plancton végétal !

Contrairement à  une idée reçue, ce n’est pas la forêt mais le plancton végétal qui est le premier producteur d’oxygène sur Terre (plus de 65 % !) ».

Pour vous familiariser avec le grand monde invisible du plancton, plongez dans les bulletins de l’observatoire du plancton et autres documents figurant sur leur site.

Echo pepode n°6

Echo pepode n°7

Echo pepode n°8

Fiche pédagogique

Publié dans Plancton | Commentaires fermés sur Echo…pepode

Préservation des étangs palavasiens : la victoire de longue lutte des prud’hommes et des associations environnementalistes

Après 13 ans d’affrontement juridique, les anciens prud’hommes pêcheurs de Palavas  » Serge Pellat et Jean-Pierre Molle  » engagés à  faire appliquer la loi Littoral avec les associations de protection de l’environnement (ADEP et CLiVEM) sont enfin libérés de l’accusation portée par le Maire .

Photo Sophie Hourdin Marty

{« Les étangs, c'est bon pour la pêche, les oiseaux, le plancton, l'attrait touristique mais aussi l'étalement des eaux en période de crue '}


Le 9 avril 2009, la Cour de Cassation a débouté la Commune de Palavas qui avait assigné en justice ces 2 associations et 6 de leurs administrateurs pour « abus d’ester en justice ‘. Les juges ont ainsi confirmé l’action de « veille environnementale ‘ de ces associations en reconnaissant leurs résultats : retrait non contesté du projet de ZAC du Levant (1400 logements), annulation des permis de construire de la Tour de la Redoute, et pas moins de 40 ha de zones humides, voués à  être comblés et urbanisées, reclassés en zone naturelle. Par leur travail, l’ADEP et le CliVEM ont contribué à  la mise en place de mesures de protection telles que l’arrêté préfectoral de biotope de l’Etang du Grec. Aujourd’hui, les étangs palavasiens, comme l’étang de l’Or, sont engagés dans une démarche Natura 2000 et reconnus comme des sites « Ramsar ‘ (zones humides d’importance internationale), signe que ces milieux naturels ne doivent plus être considérés comme des espaces voués aux aménageurs et promoteurs immobiliers, mais des écosystèmes riches qu’il faut préserver.

Texte du communiqué de presse

Publié dans Territoire | Commentaires fermés sur Préservation des étangs palavasiens : la victoire de longue lutte des prud’hommes et des associations environnementalistes

La bouillabaisse : en paroles et en images

Bouillabaisse - Photo Sophie Hourdin Marty Pour 8 personnes :

La bouillabaisse, chacun la fait à  sa manière, ses habitudes. Y a qu’une chose à  laquelle il faut pas déroger, il faut du poisson de bouillabaisse  » rascasses, rouquiers (labres et crénilabres), galinette (grondin), chapon (grande rascasse rouge, seire (labre vert ou labrus viridis), tourdereau (merle ou labrus merula), vive, congre, seiche  » du poisson de roche qui donne du goà’t au bouillon. Du poisson noble, il faut impérativement un saint-pierre par tradition. Après, un sar, une dorade, une oblade, voire même un sévereau (chinchard), tu peux les mettre si tu as des gosses parce que c’est plus facile à  trier.

Auparavant, je fais 3 litres de fond de soupe, du bouillon avec des poissons de roche. Ce sont les mêmes poissons mais en plus petits, des rouquiers, des rascasses tu restes dans le même contexte de goà’t. Avec ce bouillon, ça augmente les saveurs, les gens y trouvent un maximum de goà’ts.

Pour le bouillon de poissons de roche : je fais revenir 2 oignons dans de l’huile. Quand ils commencent à  peine à  dorer, j’envoie les poissons  » un kilo et demi de poissons de roche  » je remue ; il faut que ça reste un peu huileux, que ça accroche pas. Quand le poisson blanchit un peu, qu’il se casse, je rajoute du sel, du poivre  » pas d’aromates, ni concentré de tomates, même pas de safran puisqu’il y en aura dans la bouillabaisse  » un bouquet garni, un peu de pastis léger et je couvre d’eau. Après vingt minutes de cuisson, je broie, je presse tout. Si je fais le bouillon à  l’avance, je le congèle dans des bouteilles en plastique remplies au ¾. Je le sortirai la veille de la bouillabaisse.

Et maintenant la bouillabaisse : Tu mets un verre d’huile au fond, y en a qui en mettent un demi-litre, moi j’en mets pas beaucoup, j’aime pas quand c’est gras, 2 kgs de pommes de terre coupées grossiers, en cubes, 2 gros oignons émincés, 2 à  3 tomates coupées grossièrement, ça lie bien le bouillon mais s’il fait très chaud, ça fait tourner vite le bouillon, une petite boîte de concentré de tomates, une grosse tête d’ail, ¼ de verre de pastis si tu aimes l’anis  » l’alcool s’évapore et il reste le goà’t, tu peux aussi mettre du fenouil mais dès fois le bâton part en morceaux  » 2 à  3 doses de safran, un bouquet garni, sel, poivre, 5 à  6 tranches de congre, 1 kilo de seiches nettoyées, tu enlèves l’os, la peau et tu les coupes en morceaux, les grosses têtes tu les coupes en 2 ou 4, tu rajoutes un demi-kilo de crabes et cigales pour faire joli, tu remues tout ça. Tu verses le bouillon dans le chaudron, il faut que cela dépasse d’un pan (25 cm) environ, que tu aies de la place pour faire cuire tes poissons. Tu mets à  bouillir sur le feu de bois  » ou sur un brà’leur qui va fort. A partir du moment où ça bout fortement, tu comptes 20 mn pour cuire tous les poissons. En premier, tu rajoutes les moules. Cinq minutes après tu rajoutes les gros poissons (chapons, grosses rascasses, grosses seires, tourdereaux, galinettes ou vives). De 10 à  15 mn après, tu rajoutes toutes les rascasses et rouquiers plus tendres. Dans les 5 dernières minutes, tu rajoutes un petit sar, un peicoi si tu en as, et le saint-pierre. Tout dépend de la grosseur du saint-pierre, s’il est petit, tu le mets dans les 2 dernières minutes, qu’il soit à  peine poché. Entre temps, il faut goà’ter car les moules, elles ont craché. Au départ, il faut pas trop saler et poivrer, et ajuster ensuite. Si tu mets les moules trop tôt, tu retrouves que les coquilles. Tu sors le chaudron et il faut sortir le poisson le plus rapidement possible de là -dedans, le réserver, sinon ça continue à  cuire. Tu le mets sur le faouque ou sur des plats, et tu vides le bouillon dans des récipients. Tu sers le bouillon avec des croutons frottés à  l’ail ou de la rouille.
Photo Sophie Hourdin Marty

Certains servent le poisson avec le jus, d’autres commencent par le bouillon, d’autres par le poisson. Il faut conserver ses habitudes.

——————————————————————-

« Boui-abaisso ‘ : quand ça bout, baisse le feu

Avant les vieux, ils coupaient les pommes de terre en morceaux, et ils les mettaient au fond. Dessus, ils mettaient les gros poissons, puis les rascasses, les crabes, les rouquiers et les moules. Ils faisaient bouillir et ils baissaient un peu pour faire cuire le tout 20 mn. Vingt minutes de cuisson, c’est pour les pommes de terre en morceaux. Ils goà’taient la pomme de terre, selon ils laissaient une ou deux minutes de plus. Cette recette, c’est un peu un carnage, tu reconnais pas toujours les poissons, ils se mélangent et tu sais plus à  qui sont les têtes ! à‡a, c’est la « vraie ‘ bouillabaisse qui vient du temps où les pêcheurs pêchaient dans les îles. Quand ils avaient du vent, qu’ils pouvaient pas rentrer, ils avaient le chaudron, du bois, de l’eau, du pain dur, des herbes, des oignons, des pommes de terre

Recette de Jean Canale, patron pêcheur et prud’homme aux Salins d’Hyères

Autres photos de Sophie Hourdin-Marty sur la préparation de cette bouillabaisse entre plusieurs Prud’hommes et les apprentis et professeurs du CFA cuisine de Giens, le 7 mai 2009

Publié dans Recettes | Commentaires fermés sur La bouillabaisse : en paroles et en images

Un rôle de sentinelle de la Méditerranée sur le Golfe de La Ciotat « Nous sommes les acteurs de terrain, des acteurs locaux ‘

La mer c’est un jardin, j’ai 22 ans de compétition de chasse sous-marine, à  peu près 30 ans de chasse sous-marine. En 1988-89, j’ai été vice champion d’Europe et vice-champion du monde. Après comme je n’avais pas gagné le championnat du monde, que la consécration suprême j’allais pas y cavaler derrière toute ma vie et que ça me perturbait trop dans mon métier de pêcheur professionnel de partir pendant des semaines, j’ai changé d’orientation. Pour l’Agence de l’eau, je fais un suivi permanent de l’état des ressources, des posidonies, des espèces invasives, des espèces en baisse (comme les gorgones qui se mettaient à  mourir dans les années quatre-vingt Sur les 40 dernières années, le golfe je l’ai battu en tant que pêcheur d’oursins, pêcheur sous-marin, par-dessus, par-dessous, en calant des palangres

Petit métier de La Ciotat - Photo Alain Ponchon

{Quand on commence à piquer des poissons avec une aiguille, on n'a plus trop envie de les piquer avec une arbalète. Aujourd'hui, je m'éclate quand je descends capturer des anthias, que je leur fais faire des paliers et que je suis au milieu des mérous que je tuais avant. Je les vois différemment. De vivre avec, c'est comme un berger avec ses brebis. Je vis au milieu de cet écosystème marin.}

On ne voit pas moins de poissons ou d’invertébrés. Des poissons, on aurait même tendance à  en voir plus pour une majorité des espèces mais les comportements ont été modifiés par la sur-fréquentation du plan d’eau. Les sars qui sont des poissons qui naviguent d’1 m à  100 m de profondeur et qui sont très polyvalents quant à  l’occupation du plan d’eau se sont habitués aux filets, aux plongeurs et aux chasseurs. Ils sont devenus capables de reconnaître quelqu’un qui chasse et quelqu’un qui ne chasse pas. On les a autour de nous en plongée bouteille, ils viennent manger dans la main, et quand on a une arbalète, ils se tiennent à  portée de longueur de l’arbalète. Comme disait un copain : « Les poissons, ils parlent 4 langues ! ‘. Les oblades, quand je jette les têtes de chinchards, elles montent comme des folles à  la surface. Vous prenez un fil avec un appât, vous en prenez une et après c’est fini. Pendant une semaine, vous n’en prenez plus Elles ont été à  l’école et c’est une bonne chose. Quand les pêcheurs ont essayé les premiers monofilaments il y a 50 ans, ils montaient des embouteillages de pageots dans les fonds de 35-40m. Des fois, ça ne passait pas dans le treuil. Après, ils ont cru qu’il n’y en avait plus. Et quand on s’est mis à  pêcher au palangre fin, ils ont vu que des pageots, il y en avait encore. Les pageots se sont habitués et je suis pratiquement persuadé qu’il y a des facteurs génétiques, que des spécimens naissent avec plus de méfiance qu’avant. En Corse, on retrouve le comportement des poissons d’il y a 50 ans ici parce que le plan d’eau est occupé, et encore pas partout, 2 mois dans l’année. Les corbs, en Corse, ils sont dehors, on les voit ; ici, ils glissent, ils se planquent Et dans les réserves et les aires marines protégées, dès que vous dépassez la limite, 10 m plus loin, c’est fini, il n’y a plus de poissons

Poisson papillon - Photo Gérard Carrodano
{La posidonie est en bon état. Moi aussi quand j’étais jeune je croyais que le gangui c’était la destruction. A La Ciotat, nous faisons le gangui avec la barre, le gangui à  partègue. Mon avis a changé le jour où je suis descendu et je me suis accroché sur un filet de gangui. Le gangui coiffe l’algue. De là  à  dire que ça fait du bien, mais ça fait pas du mal. D’ailleurs si c’était le cas, ce ne serait pas viable pendant des années.}

A propos des dégâts occasionnés par les mouillages, on a deux exemples flagrants. On a un herbier magnifique dans la baie et avec la maintenance des bateaux de haute plaisance faite par le chantier naval, il arrivait des unités de plus en plus grosses qui mouillaient parfois deux jours devant le chantier. Avec la Prud’homie  » puisque je suis prud’homme également  » on a convoqué les grandes entreprises, on a fait une cartographie de la zone avec des points de mouillage souhaités pour les grosses unités et ces points ont été communiqués à  tous les clients potentiels. Il y avait encore quelques écarts dus à  ce que les bateaux étaient sous pilotes, et que les pilotes, on avait oublié de les convoquer. On les a contactés via le CROSS et le sémaphore pour qu’ils fassent mouiller les bateaux de plus de 20 m dans au moins 30 m d’eau. Au-delà  de 30 m, il n’y a plus de posidonies. S’il n’y a pas des sentinelles comme nous pour le signaler, on vous laboure l’herbier de posidonies On a eu le même problème avec des sites fantastiques pour la plongée de loisirs, à  l’est de l’àŽle verte. Il y avait un risque d’agression par les mouillages dans cette zone où il y a plein de mérous, des gorgones rouges de plus d’1 m de long et qui peuvent atteindre 100 ans. Avec l’appui du Conseil Général des Bouches du Rhône et de l’Agence de l’eau, sur les 5 roches principales, on a mis des anneaux en inox fixés au fond et toutes les écoles de plongée descendent un bout, le passent dans l’anneau et remontent à  la surface. Depuis, le fond souffre moins. Pour les particuliers, y a un arrêté préfectoral qui interdit le mouillage ; soit ils passent un bout dans l’anneau, soit ils laissent une veille et tournent autour des plongeurs. Malgré ça, de temps en temps, les gens ne savent pas, il y a des mouillages. Quand je passe avec mon bateau, je leur donne la plaquette d’information et je les préviens. En général ça se passe bien.

un drôle de saint pierre ! - Photo Alain PonchonIl faudrait aussi faire des enrochements dans le milieu naturel pour pouvoir augmenter les zones de pêche, c’est tellement évident La baie, c’est de la posidonie avec quelques roches dans les fonds de 60 m. Dans la zone des 40-50 m où il y a moins de chasseurs sous-marins, on mettrait des roches de carrière pour durcir le fond Au bout d’un an, c’est opérationnel, vous augmentez la biomasse de poissons et le nombre de sites de pêche. Les récifs, ça coute cher, et la différence avec l’éboulis c’est qu’en tombant les roches font leurs trous. Les poissons vont choisir où ils vont faire leur nid, dans un endroit où ils sont à  l’abri des prédateurs et où eux-mêmes sont des prédateurs. Ils voient avec les courants. Nous les chasseurs sous-marins, on comprend un peu. A un moment donné, on a mis des tubes en fibrociment ou en ferraille pour pêcher des congres et on s’est rendu compte que seuls les tubes exposés du côté du courant leur convenaient. A certaines périodes, vous aurez des concentrations de poissons, à  d’autres non. Dès que les algues calcaires commencent à  se fixer dessus, ça démarre, vous avez les invertébrés et toute la chaîne se met et puis voilà . Les japonais sont les rois. Nous, on a 500 ans de retard Vous regardez la télé, on vous montre les merveilles de la mer. Quels que soient l’océan et la zone, on vous montre chaque fois des épaves. Mais des épaves, c’est interdit d’en mettre

Gérard Carrodano, prud’homme pêcheur à  La Ciotat, spécialisé dans la capture d’espèces vivantes
Bateau « Barbe d’or ‘ (9m60, 200 cv)

Publié dans Territoire | Commentaires fermés sur Un rôle de sentinelle de la Méditerranée sur le Golfe de La Ciotat « Nous sommes les acteurs de terrain, des acteurs locaux ‘

Un petit métier à  la pointe de la valorisation – la capture de spécimens pour les aquariums

Gérard Carrodano - Photo Sophie Hourdin Marty

Le petit métier s’incorpore dans la chaîne alimentaire. Le petit métier, c’est un gros poisson !  Je ne défends que les pêcheurs qui parlent en kilos pas en tonnes L’idée est de pêcher moins et vendre mieux. Je pêche pour les aquariums, un peu partout en Europe. Le poulpe se vend 100 €. Un labre de 500 g qui vaut 8 à  10 € pour l’alimentation est vendu 50 à  60 € à  un aquarium. Pour 1 kg de poissons, j’arrive à  faire le même chiffre d’affaires qu’avec au moins 100 kg. Sans fausse modestie, je connais peu d’exemple de diversification où l’effort de pêche est si petit. D’un autre côté, si on était 10 à  faire cela, ça ne marcherait plus vraiment. La valeur ajoutée, c’est que je le pêche intact, je l’acclimate pour qu’il se nourrisse en captivité, je le garde dans de bonnes conditions et je le livre à  bon port… Il m’a fallu passer un certificat de capacité en aquariophilie qui n’est pas évident mais avec cette formation je peux conseiller les clients. Continuer la lecture

Publié dans Techniques de pêche... | Commentaires fermés sur Un petit métier à  la pointe de la valorisation – la capture de spécimens pour les aquariums

Quand l’infiniment petit rime avec nos choix de développement

I. Ecloserie de homards : « Les pêcheurs m’ont offert les moyens de les aider ‘

En 1972 quand des marins pêcheurs m’ont demandé de travailler avec eux dans la gestion de la ressource pour comprendre un peu ce qui se passait dans la disparition de certaines espèces et la diminution des stocks, je leur ai expliqué qu’il fallait monter un laboratoire dans lequel on produirait du plancton végétal, puis du plancton animal, ensuite on déciderait ensemble des espèces à  repeupler à‡a a été un beau parcours où les pêcheurs ont construit une écloserie, un laboratoire à  l’île de Houat, en face de Quiberon.

Construction de l'écloserie de Houat avec les pêcheurs- Photo UNICOMA

Déjà  à  cette époque, leur volonté était de réensemencer la mer pour éviter la disparition de la petite pêche artisanale. Ils pratiquaient une pêche côtière à  la journée avec des casiers, des lignes, le bao (palangre), et le filet pour quelques-uns. Il y avait 80 pêcheurs sur une île de 350 habitants ! C’est pas mal

Ils étaient organisés en coopérative à  l’époque. Celle-ci regroupait plusieurs centaines de marins pêcheurs sur le littoral, du Croisic à  Lorient. Avec mon collègue Jean Le Dorven, nous étions rémunérés par la coopérative en tant que biologistes de service. On essayait d’apporter des réponses à  leur question sur la ressource, la biologie, l’écologie, l’aquaculture Nous, une aquaculture sans les pêcheurs ne nous intéressait pas, c’était eux qui devaient décider quelle sorte d’aquaculture l’on pourrait développer sur le littoral.

L’écloserie s’est arrêtée en 1990, elle a été rachetée par une grande firme de cosmétiques, intéressée par le plancton. Au départ, il était prévu que l’on continue à  faire du homard mais le bâtiment et les bassins ont été détruits pour faire place à  un laboratoire sophistiqué avec une vitrine à  l’entrée C’est devenu un outil moderne, ça c’est sà’r, mais qui ne fait plus de bébés homards.

Des années après nos repeuplements, les pêcheurs de Houat reconnaissent que le stock de homards n’a pas diminué. Non seulement, on n’a pas fait que stagner mais les captures sont passées de 2000 t à  3000 t en France ! Et ce n’est pas comme au Canada où les homards canadiens vivent enfouis dans la vase comme les langoustines.

II. Etang de Thau : « La crevette, on l’élèvera dans son milieu, il suffit de mettre quelques enclos ‘

J’ai démarré la crevette dans l’étang de Palavas et dans l’étang de Thau avec les prud’hommes. C’était super, c’est un bonheur avec eux. L’idée était de voir comment on pouvait élever de la crevette pénéide, mais de façon extensive, sans apport de nourriture. On avait réussi ! On faisait des enclos sur les tocs de l’étang de Thau, du côté de Sète. Tu as de l’eau peu profonde, tu as des grandes surfaces avec une productivité de plancton incroyable Les tocs, on peut dire que ce sont de « petits ‘ plateaux continentaux avec une forte diversité de plancton animal et végétal qui permet d’alimenter l’étang de Thau. A la différence du bouquet des côtes atlantiques qui est détritivore, qui mange des cadavres de poissons, etc. les pénéides sont des gros consommateurs de zooplancton ; dans les zones tropicales elles sont très grandes. La pénéide, c’est du haut de gamme dans la chaîne alimentaire ! On s’est dit : « à‡a doit pousser tout seul ‘. On faisait des enclos de 1000 m² et on mettait des crevettes : dix-mille, pas beaucoup ; on les suivait et on avait de belles croissances, sans apport de nourriture. On a fait ça pendant deux, trois ans mais il y avait de grands projets immobiliers entre Sète et le Cap d’Agde. Sur le cordon lunaire de 17 km, des promoteurs voulaient bétonner. On parlait de dizaines de milliers de lits On a monté une association à  l’époque pour dénoncer cela. C’était impossible c’était dans les années 1980-85. Avec les pêcheurs, on a montré que c’était des zones à  préserver pour la nature, et aussi que l’aquaculture n’était pas incompatible avec le respect de l’environnement. Au lien de bétonner le cordon lunaire, les marais salants, nous on disait : « La crevette, on l’élèvera dans son milieu, il suffit de mettre quelques enclos ‘. Bien-sà’r, ça n’a pas plu à  tout le monde, et à  chaque fois, trois semaines à  un mois avant la pêche, t’avais des commandos qui arrivaient et qui déchiraient tout. Ils détruisaient tous les parcs On voyait bien de quel bord ils venaient. A la fin, les derniers enclos, on avait mis des miradors. On avait une cabane et un pêcheur avec un fusil et un projeteur : l’horreur C’était pas possible de faire cette aquaculture comme ça, On a arrêté. C’était pas dans la philosophie des pêcheurs de faire des choses pareilles Bien sà’r que les pêcheurs, par la couleur, par l’odeur de l’eau, par tous les indices qu’ils remarquent peuvent apporter des informations formidables.

Alevin de homardJ’ai bossé au Japon pendant 3 mois, au début des années 70. Là -bas, y avait des écloseries où ils mettaient des centaines de millions de poissons-larves à  l’eau, et ils les récupéraient

III. Bétonnage littoral : « Plus y a de flamands roses, plus le milieu est pauvre ‘

Y avait une publicité à  côté de Carnon qui disait en gros : « Nos constructions sont compatibles avec l’écologie puisque les flamands roses prolifèrent ‘. Plus les constructions de la Grande Motte, Carnon, Palavas se développaient, plus les flamands roses venaient ! Je me dis : « Si les flamands roses deviennent des auxiliaires du bétonnage du littoral ‘. Je vais voir un pêcheur et j’lui dis : « Les flamands roses, ils sont en train de nous mettre la pagaille ! ‘ Il m’a raconté : « Je vais t’expliquer : avant, quand y avait pas de bétonnage, quand l’eau circulait bien, quand les eaux douces rentraient dans l’Etang de l’Or ou de Carnon, y avait des échanges avec la mer, c’était formidable. D’abord on avait 1m50 de hauteur d’eau, c’était super, on avait du plancton, des crabes, des coquillages, des poissons une diversité incroyable ! Et quand ils se sont mis à  bétonner, au début, y avait pas de flamands parce qu’à  1m50, ils se mouillent le ventre ! Il leur faut de l’eau jusqu’aux genoux, il ne faut pas que ça dépasse. Depuis qu’ils ont bétonné, ils ont fermé des vannes, éviter des changements d’eau entre la lagune et les eaux douces. Les niveaux ont diminué, on est arrivé à  50 cm d’eau. Aujourd’hui les crabes, les coquillages, les poissons ont disparu, il n’a survécu que le plancton animal et le plancton végétal, et ça tombe bien parce que les flamands roses, c’est ça qu’ils veulent ‘. Il était fou le pêcheur C’est une catastrophe les flamands roses ! Ils sont un indicateur de déséquilibre du milieu.

IV. L’incidence dramatique d’un projet touristique pharaonique

  1. une eutrophisation à  50 m de profondeur

« Pierrot viens-voir au large de Belle-Ile, on comprend pas, l’eau elle est noire ; quand on relève les filets, les poissons, ça sent l’œuf pourri ‘. C’est le barrage d’Arzal sur la Vilaine qui avait été ouvert 3 semaines auparavant, provoquant un apport de nutriments excessifs. Avant le barrage, la mer, elle gérait tout cela en 12 mois, là  on lui demande de gérer tout cela en 15 jours. Face à  une pollution organique en grande quantité, elle répond par un développement anarchique très mono-spécifique de plancton qui occupe tout le terrain, s’écroule sur le fond, et accélère le développement bactérien. Au fond, il. y a donc une couche de boues planctoniques qui sont digérées par des bactéries fortement consommatrices d’oxygène. Alors les vers, les fouisseurs, les coquillages disparaissent On trouvait les coquillages pincés sur les filets, ils cherchaient à  sortir de là , c’était une stratégie, un réflexe. Ils s’accrochent à  ce qu’ils trouvent, une épave, une algue, un filet C’est un indicateur d’eutrophisation sur le fond. Au microscope, on voyait que la boue au fond était composée de millions de diatomées en décomposition et à  l’intérieur des espèces comme des dinoflagellés qui, elles, peuvent résister aux déséquilibres du milieu.

Quand je suis revenu à  Beg meil, j’ai raconté cela aux pêcheurs. Ils m’ont dit : « T’avais pas besoin d’aller à  Belle-àŽle, on a la même chose aux Glénan ‘ A cause du barrage toujours.

Dinoflagellé Dinophysis - Photo Maurice LoirOn a eu l’expérience des marées noires en Bretagne qui sont violentes car elles polluent d’un seul coup, et 10 à  15 ans après, c’est étonnant comme la nature a repris le dessus. Le problème, c’est la pollution diffuse  » 20 fois le prestige chaque année avec les dégazages, rejets licites ou illicites – qui peut avoir un impact à  long terme et qui est assez inaperçue.

2°) Un projet de marina, les pieds dans l’eau dans les marais de Guérande

Marais salant de Guérande Le barrage avait été fait dans les années 70, pour réguler la montée des eaux des grandes marées dans le pays de Redon qui avait les pieds dans l’eau une fois par siècle environ. Au départ, le barrage était là  pour n’être fermé qu’aux grandes marées problématiques, ce qui est très rare. Mais on a bloqué les vannes. Conclusion : la marée s’est retirée et l’eau douce est restée derrière le barrage, faisant un grand lac. A partir de ce lac, a été montée une station de traitement des eaux pour alimenter la presqu’île guérandaise. On ne pouvait pas développer du tourisme industriel à  La Baule s’il n’y avait pas d’eau douce au robinet On a fait croire à  tout le monde que c’était pour le pays de Redon mais c’était en fait pour développer un tourisme industriel à  La Baule. Derrière ça, étaient programmées la destruction de tous les marais salants de Guérande et la construction du plus grand port européen de plaisance On s’est battu : « Guichard, t’auras pas nos marais ! ‘ On a gagné, le projet de marina, les pieds dans l’eau dans les marais de Guérande, a été abandonné. On l’a échappé belle, toutes les autoroutes avaient été programmées. C’était le même type d’aménagement qu’à  la Grande Motte, on gardait un ou deux paludiers pour les cartes postales. A l’époque, 50% des marais étaient à  l’abandon, on en comptait 180 à  200. Aujourd’hui une grande partie a été remise en état, on en dénombre 280 à  300. A un moment donné, le barrage il faut bien faire une chasse d’eau mais tu ne sais pas si l’année va être sèche ou pas, alors tu attends le dernier moment aux mois d’avril-mai, au printemps. Tu lâches un peu car, s’il pleut, tu vas avoir des problèmes ; c’est juste l’époque où il ne faudrait pas car la productivité primaire est en train de se réveiller. Tu balances dans la mer des milliers de tonnes d’eau chargée en matière organique et tu déséquilibres tout l’écosystème.

3°) Depuis 30 ans on a perdu tous les sprats, anchois, sardines dans la baie de la Vilaine

Ce n’est pas un hasard si la Turballe était un port sardinier, c’est que la Vilaine apportait tous les nutriments qui permettaient au phytoplancton de se développer, aux copépodes et aux sardines de venir. La Turballe a été développée pour la pêche de ces poissons et, depuis le jour où il y a eu un déséquilibre de cet écosystème, 30 ans en arrière, il n’y a toujours plus de sardines, d’anchois. Et en 30 ans, il y a eu 4 m de bouchon vaseux à  l’estuaire, ça a été la disparition des 2000 t de moules produites à  Tréhiguier. C’était un des grands centres producteurs de moules. Les pieux ont disparu en-dessous, parfois tu vois des têtes de pieux qui dépassent

V. « Paludier  » parqueur  » pêcheur ‘ ou comment vivre en lien avec la chaîne alimentaire ?

Rien ne sert de développer certains secteurs de l’aquaculture industrielle pour produire du poisson très cher et en trop faible quantité alors que la mer bien gérée est une source inépuisable et à  bon marché. Tel en témoigne l’exemplarité de la Presqu’île Guérandaise. Au départ, il y a les marais salants qui, malgré leur apparence, ne sont pas des « bacs à  sel’ ; le plancton végétal s’y développe grâce à  l’entretien, par les paludiers, du réseau hydraulique. Ce plancton nourrit les parcs conchylicoles qui alimentent à  leur tour, par les millions de larves pondues (plancton animal), poissons et crustacés du littoral au bénéfice des pêcheurs. L’implication de ces derniers dans la préservation de leur environnement est régulièrement relatée dans cette revue : engins sélectifs, rotation des espèces ciblées, cantonnements, actions contre la dégradation du milieu marin

VI. La conchyliculture, une activité d’intérêt général

La conchyliculture, c’est une activité qui mérite d’être protégée. Non seulement, elle participe à  l’enrichissement planctonique mais c’est aussi un super indicateur de la qualité des eaux. Le coquillage se nourrit de ce qu’il y a dans l’eau, et il est bon ou pas bon. Aujourd’hui, des entrepreneurs ferment à  cause de la mauvaise qualité des eaux. Ils paient très cher, ils font faillite parfois, et ils n’y sont pour rien. C’est injuste ! Sachant que les normes européennes sont strictes (1), quand les conchyliculteurs ne pourront plus élever les coquillages, ce sont les plages qui seront interdites à  la baignade

Collecteur d'huîtres - Photo Pierre Mollo

VII. Associer les gens du littoral aux nouveaux projets

Il va y avoir une expérience à  Lorient, pour 3 ans, sur des carrières de kaolin. Quand on arrête l’exploitation, l’eau qui stagne devient très verte et ces algues seraient intéressantes pour les agro-carburants. Comme ces carrières, on ne sait pas trop quoi en faire, l’idée serait de booster un peu. Les éléments minéraux sont là  et il suffirait juste de contrôler un peu la production de phytoplancton. Si ça ne pose pas de préjudices à  l’environnement, pourquoi pas ? D’autant plus que ces agro-carburants ne rentrent pas en concurrence avec l’alimentation comme dans le cas des végétaux. Je souhaiterais que les gens du littoral soient associés à  ce projet, plutôt que des multinationales. Ce sont des territoires qui nous concernent, ça crée des emplois, on peut faire des coopératives, les pêcheurs ont su faire du phytoplancton

(1) : Pour une bonne qualité des eaux, la norme est passée de 2000 à  500 coliformes fécaux par 100ml d’eau

—————————————————-

Pierre Mollo - Photo Katell MolloA la croisée du plancton et des artisans de la mer

Pierre Mollo a commencé sa carrière « plantonique ‘ par la construction d’une écloserie de homards avec les pêcheurs de Houat (150.000 juvéniles par an) et la mise au point de la reproduction d’huîtres plates. Avec les paludiers de Guérande, il a montré l’interdépendance « planctonique ‘ entre paludiers, conchyliculteurs et pêcheurs, et la nécessité de préserver ces métiers. Peaufiner et transmettre savoir-faire et connaissances dans les lycées agricoles, aquacoles et de la mer, auprès des professionnels et du public, assurer le suivi d’expérimentations dans d’autres pays (coopération internationale), constituent le troisième axe d’un parcours original. Et pour témoigner de ces aventures collectives, Pierre a réalisé 25 films et vidéos.

« Aujourd’hui la concertation entre les gens de la terre et de la mer pour la reconquête de la qualité des eaux et la pérennisation de nos métiers occupe tout mon temps. ‘

C’est-à -dire en pratique :
– participation à  des films (non des moindres !) : « L’océan ‘ de Jacques Perrin (sortie prévue en octobre 09) et « Planète plancton ‘, 2 films 52mn de Jean-Yves Collet pour ARTE (automne 2009)
– Création du site de plancton du monde
– rédaction d’un livre : « L’enjeu plancton ‘ avec Maêlle Thomas-Bourgneuf. Edition : Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’homme (sortie prévue oct. 2009)
– des conférences sur demande : pierre.mollo@sfr.fr

NB : Le centre « Cempama ‘ sur le site de Beg Meil où Pierre Mollo a été enseignant-chercheur se nomme aujourd’hui « Agrocampus ‘. Celui-ci démarre avec l’Université de Bretagne Sud, en septembre 2009, une licence professionnelle : « Coordination Interprofessionnelle des zones côtières ‘.
Informations sur les sites de l’université ou de agrocampus

——————————————————-

Pour en savoir plus sur le plancton :
Site de plancton du monde
Site de l’observatoire du plancton
La mer, ce n’est pas que de la surface, elle respire

Publié dans L'encre de mer, Plancton | Marqué avec , , , , , , | Commentaires fermés sur Quand l’infiniment petit rime avec nos choix de développement

L’encre de mer n° 22-23

Et vous, comment voyez-vous la pêche en 2020 ?

– Faut-il poursuivre la concentration du secteur et favoriser de grandes entreprises dont la logique financière et productive est fondée sur la mobilité (des capitaux, des facteurs de production, des marché) avec les conséquences de mondialisation, délocalisation et surcapacité des flottilles que nous connaissons ?

– Faut-il privilégier systématiquement des communautés pléthoriques de pêcheurs pour le poids économique et social qu’elles représentent dans leurs pays ?

– Ou faut-il construire des espaces régionaux spécialisés dans l’Europe,
au sein desquels les pêcheurs jouent des rôles spécifiques : partenaires d’une spécialisation touristique et résidentielle sur nos côtes méditerranéennes, acteurs d’un secteur économique diversifié de dimension régionale sur les côtes bretonnes ?

Au sommaire de ce numéro :

Continuer la lecture

Publié dans Tous les numéros publiés | Commentaires fermés sur L’encre de mer n° 22-23