Cinq épaves de bateaux de l’époque romaine découvertes en Italie

Des archéologues ont découvert par plus de 100 mètres de fond un cimetière de bateaux de l’époque romaine, au large de l’île italienne de Ventotene. Ces cinq épaves de vaisseaux marchands (…) repérées grâce à  un sonar (…) datent du premier siècle avant Jésus Christ au cinquième siècle de notre ère…

L’île de Ventotene fait partie d’un archipel à  mi-chemin entre Rome et Naples, en mer Tyrrhénienne. Connue dans l’Antiquité sous le nom de Pandataria, elle servait d’abri aux navires durant les tempêtes et de lieu d’exil pour les nobles romains en disgrâce…

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Un faux parallèle entre l’élevage terrestre et l’élevage maritime

L’idée que l’élevage terrestre ait permis d’accroître considérablement la production animale sans risque d’extinction des espèces sauvages est parfois appliquée au monde maritime. Encore faut-il savoir de quel élevage parle t-on. Les poissons marins sont pour la plupart des carnivores qui requièrent actuellement entre 3 à  5 fois leur poids en farine de poissons sauvages. L’aquaculture de poissons marins reste entièrement tributaire de la population de poissons sauvages dont on sait depuis longtemps – et avec plus d’acuité depuis l’ère de la pêche industrielle  » que les conditions de renouvellement sont limitées. Question d’allocation des ressources puisque l’on pêche industriellement, au large, des espèces dites pléthoriques pour produire, en quantités, des espèces marines valorisées (saumons, loups, dorades, turbots) et des poulets. Jusqu’à  quand la nature supportera ces prélèvements massifs d’espèces fourrages, c’est à  dire celles qui servent de nourriture aux poissons, oiseaux et mammifères sauvages ?

A ces questions de biologie et de chaîne alimentaire s’ajoutent d’autres problèmes : éthiques (la capture massive dans les eaux des pays du sud d’espèces consommées par les populations locales), de qualité des produits aquacoles (la concentration de la dioxine et des métaux lourds dans la farine de poissons, l’usage parfois abusif d’antibiotiques dans les élevages), de pollutions (impact des rejets liés à  l’élevage dans le milieu marin) et des risques sur la biodiversité (échappement des espèces d’élevage, croisement, diffusion de maladies)

La Chine, quant à  elle, nourrit une partie de sa population grâce à  l’élevage de poissons d’eau douce (carpes) alimentés par des déchets végétaux. Pour les espèces marines, le remplacement d’une part de farine animale par des céréales n’améliore pas forcément l’équation des moyens de subsistance. La panacée n’a pas encore été trouvée.

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« Ne tirons pas sur le chasseur ‘ ou ce que l’on doit à  la chasse et la pêche

A propos de la chasse, Raymond Dumay écrit ([« Le Rat et l’Abeille  » Court traité de gastronomie préhistorique ‘ Phébus libretto)]. : « Notre raison de tous les jours nous incite à  juger la chasse odieuse et bouffonne, en tous cas injustifiable. Si l’on prend le risque intellectuel de franchir la confortable frontière des millénaires, on tombe soudain dans une fosse avec un épieu bien aiguisé tout au fond : et si tous ces millions de rêveurs dénaturés n’étaient que des héritiers lucides et reconnaissants, assez généreux pour célébrer en y laissant leur temps et leur argent le culte de l’activité à  laquelle l’humanité doit le meilleur d’elle-même ? Les vagues hominiens qu’il nous plaît de nous donner pour ancêtres auraient encore pu parcourir le globe pendant des millions d’années sans s’améliorer, s’ils ne s’étaient décidés un jour à  devenir chasseurs ; ils seraient restés des rats  » des rats à  peine perfectionnés. En jetant son arme dans le marais stagnant de l’évolution, la chasse a fait l’homme en quelques milliers d’années. Un record absolu de vitesse

Ne tirons pas sur le chasseur.
Il est le dernier en date, le plus jeune de nos pères
‘.

Si dans la préhistoire, l’homme s’est extrait, par la chasse, du monde des animaux, la condition humaine peut être reconnaissante au monde des animaux de toutes les richesses qu’elle en retire, sans parler des préjudices que nous causons involontairement à  d’innombrables êtres vivants tels les quantités d’insectes décimés par les labourages, les récoltes et les transports, ou encore les bactéries détruites par notre respiration. Si nous ne pouvons faire l’économie de notre condition humaine et de son impact sur le vivant, tout ou moins pouvons-nous être conscients, reconnaissants et mesurés dans nos actions.

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Pêche, aquaculture durables : le choix de nos outils de production

Le Grenelle de la mer est l’occasion d’un grand melting-pot sur les conditions d’avenir de nos océans. Il est une question sur laquelle nous aimerions voir plancher nos environnementalistes, si présents lors de ces débats.

L’aquaculture industrielle, et la pêche minotière dont elle dépend, sont-elles « durables » ? Pour nourrir les saumons qui remplissent quotidiennement nos assiettes, de grands bateaux ciblent les espèces fourrages (sardines, anchois, sprats…), base de la chaine alimentaire de nos mers et océans. 1/4 des captures mondiales sont ainsi transformées en farine et huile de poissons… Quel est l’impact de ces prélèvements sur la biomasse marine de notre planète ?

Les pollutions et maladies diffusées dans un élément liquide, par les élevages industriels, sont-elles de nature à  mettre en péril les écosystèmes et les espèces sauvages ?

La pêche industrielle, en période de raréfaction des stocks, exerce un lobby puissant pour privatiser la ressource sous forme de quota individuel transférable. L’argument présenté par le Livre vert de l’Union Européenne serait une meilleure gestion des ressources. Il ne semble pourtant pas que la privatisation de l’agriculture industrielle (voire des semences) soit le garant d’une bonne gestion environnementale…

Indépendamment de l’aspect environnemental, qu’en est-il des problèmes sociaux et éthiques soulevés par ces choix de production ? Par le jeu d’accords de pêche, ces flottilles exercent régulièrement dans les eaux des pays du sud.([En effet, la farine de poissons concentre les métaux lourds, dioxine et autres présents dans les milieux marins. La baltique étant passablement polluée, les aquaculteurs recherchent la farine des eaux du Chili…)] Quel est leur impact sur les prélèvements des captures artisanales de ces populations ?

Si la pêche artisanale et l’élevage de coquillages ont les moyens de développer des techniques qui ne mettent pas en danger les écosystèmes marins, les mesures concernant la pêche et l’aquaculture sont-elles adaptées à  ces outils de production artisanale ? Quelles sont les conditions propres à  assurer l’avenir et l’essor de ces entreprises ?

Et dans ces conditions, ne faut-il pas passer d’une réglementation sectorielle à  des réglementations territoriales décidées avec les acteurs de terrain, en fonction des caractéristiques environnementales, sociales et culturelles propres à  chaque territoire ? Ainsi par exemple, la création de réserves ou aires marines protégées n’a de sens qu’au cas par cas. Cette vision des choses oblige à  réexaminer toutes les mesures sous un nouvel angle puisqu’issues de 40 années de productivisme… Un défi qui intègre l’homme et son environnement.

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Des pros font découvrir la pêche en mer en conditions réelles

Saint-Raphaêl :première sortie française de « pescatourisme ‘ aura lieu mercredi… Tout l’été, les curieux pourront embarquer du vieux port pour une expérience unique (…) grâce à  la Centrale de réservation Estérel…
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Fisheries in 2020 : an environmental approach at the global level an economic and social organisation on the human scale

Environmental interactions from the viewpoint of biodiversity, centred on plankton…

It is now almost 10 years since we ceased to reason in terms of fish stocks in order to fully take into account environmental interactions on a global scale:
– the food chain of our oceans and seas is understood from regular observation of plankton and of its diversity, in particular close to the shore. The recruitment of ‘forage’ fish depends on the state of the plankton, and these fish in turn feed those that later find themselves on our menus.
– biodiversity based on the diversity of the fauna and flora constitutes the wealth of our marine territories. The emphasis is on the observation of this diversity and the understanding of marine and coastal ecosystems. Artisanal fishers and shellfish farmers, through their knowledge and regular presence on the water, feed into the daily monitoring process carried out by scientists.

… Leading to the concept of a global resource and focus on coastal management

We have understood that the deep sea marine resource, previously harvested essentially by industrial fishing vessels, depended on the state of our shores, which were most often maintained by artisanal fishers ; and that as a result the old sectoral divide had no basis in independent stocks. We have also understood the strategic interest in reducing pollution coming
from the land, and even from the air in areas of serious atmospheric pollution, since the latter impoverishes planktonic diversity and as a result future sources of marine production. Great vigilance is therefore brought to the problem of discharges and effluents from adjoining coasts, and to atmospheric emissions which, by the action of the waves, end up in our waters, as a result of various maritime activities such as transport, and extraction… The lagoon and coastal environments, which are the source of great wealth, are closely monitored. In view of the ever increasing practice of recreational fishing and underwater hunting, these activities are now severely restricted (each angler having to limit his catch, with gear restrictions, and prohibition of mechanical hauling in recreational fisheries…). Everyone is surprised at the natural productivity of coastal zones since they have been restored and well-managed.

Fisheries and aquaculture production choices adapted to environmental interaction

Industrial fisheries and culture of carnivorous species have become marginal since they have been obliged to integrate environmental issues (diesel, CO2 emissions, percentage of discards and ‘trash-fish’, protein wastage, pollution…) and social costs ; and since consumers have become very watchful with regard to the quality of products (loss of quality of frozen products, concentration of pollutants in fishmeal…). In fact fishing with a view to the production of fishmeal, which used to account for almost one quarter of world catches , has been stopped for several years now as a precautionary measure while the impact on the food chain of large-scale capture of ‘forage’ fish has not been demonstrated.

with high priority being given to artisanal fisheries because of its ability to adapt to ecosystems.

Artisanal fisheries, thanks to its territorial aspect, is fully integrated in the environmental, social, economic and cultural management of marine territories Artisanal fishing practices are no longer considered one by one, but with respect to their impacts on the richness and biodiversity of marine territories. Artisanal fishers and scientists work closely together to refine techniques, improve their distribution in time and space on the basis of indicators that reveal the biodiversity of the plankton, fauna and flora, and of the observation of fish sizes. Not only is the analysis of living creatures done well upstream (unlike biological models for the estimation of stocks which were used as the basis for the former management of fisheries), but research is focused on the best combinations of selective gear, according to the potential of the territories.

The instruments of an artisanal fishing policy that is an integral part of territorial management…

The training of fishers includes learning various local artisanal techniques and the promotion of various catching methods, thanks to the participation of fishers themselves and much ‘learning-by-doing’ on the high seas. Apprentices and confirmed fishermen take lessons on the functioning of marine ecosystems, on how to observe, preserve, restore and repopulate them (artificial reefs, stocking of juvenile fish from cooperative hatcheries).

Fishers are allocated space in each territory according to the frequency and intensity of their customary use. General objectives are set on a large scale but their application at local level is the subject of consultations between representatives of different activities. Given the strategic importance of artisanal fisheries, the fishing positions are given priority and protected, as are mooring places at quayside and required port facilities. The creation of marine protected areas is no longer a goal defended for its own sake, but an instrument available to stakeholders, taking into account the specific situations of each marine territory. Each coastal municipality must, depending on its original situation, keep a certain area in its natural state, especially in the coastal fringe, which has reduced the latter’s urbanisation, as well as its impact on the coastal fauna and flora.

Encouraged by cultural programs and information campaigns, consumers have discovered the seasonal species at local level, which has reduced the massive imports of both wild and cultured fish products. In each region, in countries in both North and South, artisanal fishing contributes fully to economic and social development of the marine territory.

… With a decentralized management system and strong cooperation of European institutions.

The Directorate General of Fisheries of the European Union no longer seeks to manage and monitor the activity in a top-down fashion but strives to advance knowledge about ecosystems and plankton, to circulate information and results of experiments from one territory to another, to organize exchanges in order to promote good management of territories and to maintain environmental, social and economic consistency between territories.

The actual management of marine territories is therefore at the local level ; it is delegated to the fishers who collectively decide the rules and customs, and benefit from the help of scientists in order to achieve this. Fisheries management by the quota system is replaced by management according to fishing effort, the fisheries management units collectively deciding which are the best practices for their respective territories (in terms of gear, spatial and temporal allocation, adjustment measures …). Innovation of an artisanal nature is encouraged in order to develop the versatility of the fishers. Any new practice whose impact could be significant in relation to the stability of the fishery leads to collective decisions (testing, precautionary rules…). Aquaculture of non-carnivorous species (mussels, oysters, scallops, algae …) has been developed (especially out at sea) either as a complementary or a full time activity. Each fisher undertakes to use all means to preserve the marine territory and respect the work of others. The fishing community identifies monitoring methods and disciplinary measures.

The end result is that …

… The change brought about in the space of ten years is instructive. Nature, and its constraints, have taught us the risks of the mathematical notion of infinity when applied to financial, economic and social development and the need to work in harmony with all living beings. This new target, which is essential for the future of our planet, is gradually mobilizing minds rather than the basic quest for the accumulation of goods and capital, together with social and political « representation » through the media. These changed objectives are being reached gradually, by fostering competitiveness on the basis of know-how rather than the accumulation of capital. Moreover, any idea of saleable individual rights to the resource or to the plankton has been abandoned : this was never a good idea for effective management of resources but, more importantly, presented a clear risk of undue appropriation of worldwide living resources. Increased awareness of the constraints and wealth of living resources, as well as the efforts deployed to establish places of consultation and decision-making on a human scale, give each stakeholder opportunities for political , social, economic, and cultural involvement, and a sense of individual and collective responsibility. Within this new framework for thought and concerted action aimed at preserving the environment for the future of our planet, women have gradually taken their place.

Instead of our previous system where individual initiative had to be authorised by the market, by social networks or by the media, which tended to isolate each individual, we now adhere to the idea of a need for cooperation to build our economic and social organisation on the basis of know-how and capacity for thought. It is a new direction for man to take in order to preserve his world for the future.

The text

Voir également :

« Le merlu à  la farine, le hoki à  la cantine et les pêcheurs à  la ruine »,

texte du Collectif Pêche et Développement

Commentaires de Jean-Michel Le Ry sur le Livre Vert

Texte du livre vert

La commission invite toutes les structures professionnelles de la pêche et les pêcheurs eux-mêmes à  donner leurs avis sur la future politique commune de la pêche, jusqu’au 31 décembre 2009. Les commentaires sont à  envoyer à  l’adresse postale suivante : « Réforme de la PCP, B-1049 Bruxelles, Belgique »
ou par courrier électronique à  l’adresse suivante : « mare-cfp-consultation@ec.europa.eu »

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Le RAC Méditerranée s’est réuni à  Marseille les 3 et 4 juin 2009

Plusieurs thèmes ont été abordés et discutés lors de la première réunion du Comité consultatif régional Méditerranée (CCR OU RAC Méditerranée) :

I. Présentation de la Journée maritime européenne 18-20 mai 2009

II. Projet GAP (Good Practice Guide) sur la recherche scientifique

III. Présentation du dossier « Stratégie marine ‘

Directive 2008/56/EC du Parlement et du Conseil 17/06/08 = pilier de la Politique Maritime Intégrée pour un statut environnemental valable et bon en 2020.

IV. Pêche illégale

La pêche illégale représente 10 millions d’euros par an, 19% des captures mondiales. et 1,1 millions d’euros d’importation en Europe. D’où des mesures basées sur le projet de la FAO qui devraient être applicable au 1/1/2010 :

V. Fond Européen pour la Pêche (FEP) et la crise dans le secteur de la pêche méditerranéenne

VI. Projet de contrôle

Présentation : Projet suite à  un rapport de la Cour des Comptes, adopté le 21/4/2009 avec 89 amendements sur 290. En 2ème lecture au Conseil. Règlement d’application en préparation pour oct. 2009. Le RAC peut intervenir tant que le règlement n’est pas adopté. Il devrait entrer en application au 1/1/2010, comme celui contre la pêche illégale. Il est important de commencer le processus.

VII. Livre Vert sur la réforme de la Politique Commune des Pêches

VIII. Plans de gestion nationaux concernant les mesures techniques de conservation des ressources

IX. Information sur la première rencontre euro-méditerranéenne des coopératives de pêche à  Tanger les 12 et 13 nov 2009

Vous pourrez suivre les débats, concernant des sujets parfois brà’lants – comme le projet sur les contrôles ou encore le Livre Vert sur la pêche – sur le compte-rendu ci-après rédigé d’après les notes de Elisabeth Tempier (Collectif Pêche et Développement) et Clotilde Guyot (CRPMEM Languedoc-Roussillon). Ce compte-rendu n’a aucune valeur officielle.

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Texte du projet sur les contrôles

Texte révisé

Réaction du RAC Méditerranée

– Réaction du RAC Méditerranée en d’autres langues :

* anglais

* espagnol

* italien

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Qu’y a t-il derrière nos belles tranches rosées de saumon ?

La saumon est devenu tellement basique dans notre alimentation que rares sont les buffets – y compris dans les réunions du Grenelles de la mer – qui n’en proposent pas. Qu’y a t-il derrière ces élevages industriels intensifs ?

Regardez cet extrait de film concernant l’élevage intensif au Chili et ses conséquences économiques, environnementales, sanitaires, sociales, culturelles, humaines…

Les réflexions de plusieurs ONG présentes sur le terrain nous interpellent sur les choix de production qui transforment radicalement nos modes de vie en mettant en péril notre environnement. Elles proposent d’agir, notamment par la communication et par nos choix de consommation.

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Pour en savoir plus :

Rubrique « Saumon » dans Aquablog, Regard sur la pêche et l’aquaculture

Le poisson d’élevage fait des remous en Norvège

« Dans certains domaines, les problèmes sont si graves qu’on ne peut pas certifier que l’activité est viable écologiquement », affirme Geir Lasse Taranger, scientifique à  l’Institut de recherche marine de Bergen (ouest).

« Nous devrions ralentir l’expansion du secteur et nous assurer que tous les problèmes sont sous contrôle », ajoute-t-il.

De telles concentrations de poissons favorisent la diffusion de maladies et de parasites aux effets dévastateurs, tel le Lepeophtheirus salmonis, un pou qui s’attaque à  la peau et aux muqueuses.

Au Chili, l’autre grand pays du saumon d’élevage, un virus a fait chuter la production de moitié cette année et mis plus de 20.000 travailleurs au chômage, selon l’ONG Campagne internationale pour un saumon pur.

Le problème n’est pas circonscrit aux seules fermes. Affichant une furieuse tendance à  se faire la belle, les poissons d’élevage contaminent leurs cousins sauvages, dont ils appauvrissent par ailleurs le patrimoine génétique.

« Le génotype sauvage finira par disparaître s’il y a trop de fugues », estime M. Taranger.

Un temps dépassés par les fuites massives de saumons qui ont culminé en 2006 avec 920.000 évasions, les professionnels ont pris le problème à  bras-le-corps. Inspections des filets par des plongeurs et contrôles par caméras ont permis de ramener ce nombre à  100.000 l’an dernier.

Mais leurs ennuis ne s’arrêtent pas là . Leurs pratiques concernant l’alimentation des poissons les placent aussi dans le collimateur.

Un récent documentaire suédois a fait des remous en Scandinavie en accusant les pisciculteurs norvégiens de vider les océans. Pour produire un kilo de poisson d’élevage, il faut en effet l’équivalent de 2,5 kilos de poisson sauvage en nutriments (farine et huile).

Les éleveurs, qui ont produit un peu plus de 800.000 tonnes de poisson l’an dernier, ont ainsi consommé 2 millions de tonnes de poisson sauvage…

Sous les pavés de saumon, une ville chilienne au chômage

« Depuis 2007, les élevages chiliens ont été touchés par des épidémies du virus AIS (anémie infectieuse du saumon) comme l’ont été la Norvège, l’Ecosse et le Canada auparavant. Ce virus, fatal et contagieux pour le saumon Atlantique, a décimé les élevages et fait baisser brutalement le rendement des fermes. En parallèle, le Chili n’a pas dérogé au débarquement médiatique de l’effrayante crise économique mondiale. C’est dans ce contexte que les multinationales salmonicoles se sont permis de licencier sans préavis près de 2000 Chiliens dans la région de Quellon depuis mars dernier.

Dans la ville déprimée, bars pleins mais poches vides, le moral n’y est pas. C’est alors qu’arrive la « marée rouge », cette bactérie qui rend les fruits de mers impropres à  la consommation, à  la fin du mois de mars. Les pêcheurs traditionnels se retrouvent donc également au chômage et la frustration des habitants monte. Mais d’où vient cette « marée rouge » ? Les fermes à  saumons controversées sont pointées du doigt et le doute se renforce sur la pollution qu’elles peuvent engendrer. L’injustice de la situation provoque des réactions de plus en plus violentes dans la région et le 3 mai, les bureaux d’une des usines qui a licencié (SalmonChile) sont incendiés volontairement par un « comité autonome ». C’est lorsque qu’une étude établit, mi mai, que la bactérie de la marée rouge a bien été introduite dans les fjords de Quellon par les bateaux en transit des entreprises salmonicoles que la goutte fait déborder le port. Une semaine plus tard, une marche extraordinaire des citoyens se met en branle et bloque la panaméricaine… »

– A propos de notre consommation « saumon d’élevage » :

Alors que nos boudons les produits de nos pêches artisanales locales, celles qui ont les meilleurs atouts pour être durables, notre consommation de saumons d’élevage, la plus importante en Europe, augmente :

Le saumon de Norvège nargue les pêcheurs français

« Alors que les pêcheurs français sont confrontés à  une mévente sans pareil depuis les fêtes de fin d’année, les poussant à  brader leurs produits ou à  se lancer dans le vente au détail comme dans certains ports, et que les frigos se remplissent de poissons congelés, la commercialisation de saumon frais de Norvège les deux premiers mois de l’année 2009 a augmenté de 6.4 % en quantité, passant de 17 481 tonnes pour la même période en 2008 à  18 599 tonnes en 2009. Le prix du saumon d’élevage a même augmenté de 0,3 euro le kilo. Par contre en criée, le prix du poisson sauvage a baissé de près de 10 à  30 % selon les espèces !

Les exportations norvégiennes de saumon toutes destinations confondues se sont élevées à  336 millions d’euros lors des deux premiers mois de l’année 2009 soit une augmentation de 38 millions par rapport à  l’année passée. La France, la Pologne et la Suède sont les trois marchés en progression alors que le Royaume-Uni et Danemark sont en diminution.

Le saumon de Norvège profite du malheur des autres

En Ecosse et surtout au Chili, le virus isa, en Colombie Britannique, l’opposition de plus en plus forte de la société civile contre la salmoniculture industrielle, vont permettre au saumon de Norvège de renforcer sa position dominante au niveau mondial. D’une part, l’augmentation des prix avec la baisse de l’offre  » la production chilienne va plonger de près de 50% en 2009 soit plus de 200 000 tonnes de saumon en moins sur le marché international  » et d’autre part, l’ouverture de nouveaux marchés laissés vacants par le deuxième producteur mondial. En ce moment, le saumon de Norvège fait sa «Promo’ dans le plus grand salon des produits de la mer nord-américain à  Boston.

Quant aux multinationales norvégiennes, Marine Harvest, Cermaq, Grieg Seafood et Leroy ASA, qui monopolisent plus de la moitié de la production salmonicole mondiale, elles jouent sur les deux tableaux ; elles tirent des profits à  partir de leurs bases arrières norvégiennes d’un côté, et elles font face à  des pertes dans leurs bases avancées du Chili et d’Ecosse de l’autre côté ! « 

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Bienvenue au nouveau site « Plancton du Monde »

Pour une approche des interactions environnementales de notre planète maritime, découvrez les informations planctoniques sur le site « Planton du monde »

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Plancton du monde du 5 au 7 juin 2009

A Océanopolis à  Brest, ce vendredi 5 juin 2009 « à  fleur d’eau… ‘ à  20H30 à  l’auditorium | Entrée gratuite |

Du vendredi au dimanche animations | conférences et projections |
rencontres avec les paludiers de guérande

Programme

vendredi 5 juin de 10h à  17h

-> Toute la journée Océanopolis et ses partenaires
proposent les animations sur le plancton pour
les classes scolaires

-> 14h conférence avec les paludiers de Guérande qui
racontent leur métier et leurs combats

vendredi A partir de 20h30

-> Nous vous invitons à  une grande Soirée du plancton
« à  fleur d’eau… ‘. Le Plancton vous entraînera aux
voyages de Guérande au Bénin en passant par le Pacifique.
Vous rencontrerez les paludiers et professionnels de la mer
solidaires pour les marais salants. Vous verrez également
comment le plancton inspire les cinéastes, peintres ou
photographes !

L e dimanche 7 juin à  15h

-> Conférence « Biodiversité, indicateur de la qualité
de vie humaine ‘ à  l’occasion des 50 ans de Bretagne
Vivante sera retransmise en direct depuis la réserve
de Séné. Elle sera également en direct sur
le site www.plancton-du-monde.org.

Tout au long de ces 3 jours les Paludiers de Guérande
seront présents sur le site pour faire découvrir une saline
Guérandaise et leur métier ancestral.

rendez-vous du 5 à  7 juin 2009
à  Océanopolis !

Accès libre

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