Pêche : l’Europe s’attaque au gaspillage du poisson en mer

Les pays européens vont commencer à  s’attaquer au problème des rejets de poissons en mer par les pêcheurs, qui atteignent 50% en moyenne des prises et sont depuis longtemps dénoncés comme étant un « gaspillage » inacceptable par les ONG.

Au cours d’une réunion à  Bruxelles, les ministres de la Pêche de l’UE ont trouvé un accord sur les quotas de captures pour l’année 2009, mais aussi annoncé en parallèle des mesures contraignantes pour réduire ces rejets dans plusieurs zones maritimes.

« Ce paquet de mesures devrait avoir un réel impact sur la mortalité » des espèces, a assuré le commissaire européen à  la Pêche, le Maltais Joe Borg.

Les ONG estiment que la moitié des poissons capturés en mer en moyenne y sont immédiatement rejetés, parce qu’ils ne sont pas assez grands, qu’ils ne correspondent pas aux espèces recherchées ou que les pêcheurs ne disposent pas de quotas.

Concernant le cabillaud, cette proportion de déchets est même beaucoup plus importante. « Pour chaque poisson pêché, un autre est rejeté », accuse Karoline Schacht, du Fonds mondial pour la Nature (WWF) en Allemagne.

« Nous assistons à  un gaspillage scandaleux de millions de tonnes de poissons chaque année en mer du Nord, cela doit prendre fin », ajoute-t-elle.

Les défenseurs de l’environnement marin font valoir du coup que les quotas que se répartissent les pays européens sont trompeurs car il ne portent que sur les cargaisons effectivement déchargées dans les ports, pas sur les quantités, beaucoup plus importantes, pêchées en mer.

Une situation qui contribue à  appauvrir encore un peu plus les réserves déjà  maigres de poissons.

Pour y faire face, les ministres de la Pêche ont entériné vendredi un accord déjà  conclu début décembre sur le principe avec la Norvège en mer du Nord.

En échange d’une hausse inhabituellement élevée de 30% du quota de pêche au cabillaud, du fait de signes encourageants de reconstitution des stocks, la pratique dite de la « grande sélectivité » sera interdite : elle consiste pour les pêcheurs, une fois le contenu de leurs filets vidés sur le pont, à  trier en rejetant tout ce dont ils ne veulent pas.

Tous les poissons pris devront être débarqués au port, avec déduction sur les quotas de l’année d’après.

Les pêcheurs devront surtout s’équiper de filets et engins de pêche beaucoup plus sélectifs, lorsqu’ils s’approcheront des limites de leurs quotas. Et enfin, ils auront obligation de quitter les zones où ils détectent des bancs d’alevins de cabillaud, pour éviter de les prendre en pêchant d’autres espèces.

Ces nouvelles pratiques ne concerneront pas seulement la mer du Nord mais seront aussi pour partie étendues aux zones de Manche-Est, Ouest de l’Ecosse, ainsi que Skagerrak et Kategatt (eaux du Danemark), en vertu du compromis de vendredi. Et elles pourraient créer un précédent pour toutes les eaux européennes à  l’avenir.

Pour le reste, les ministres se sont mis d’accord sur la répartition globale des quotas, à  l’issue de négociations beaucoup plus apaisées que ces dernières années.

Hors mer du Nord, dans la plupart des autres zones maritimes de l’Atlantique les quotas de cabillaud seront de nouveau en forte baisse en 2009 (-25% en moyenne) conformément à  ce que demandait la Commission européenne. En 2008, ils avaient reculé de 8% à  19%.

Le cabillaud est une espèce peu migrante, ce qui fait que l’état des réserves peut fortement différer d’une zone à  l’autre.

Dans le golfe de Gascogne, la France a obtenu de ramener la réduction de quota de langoustines à  5%, contre 15% proposé au départ. En revanche, dans cette zone, la fermeture de la pêche à  l’anchois, en vigueur depuis quatre ans, reste en vigueur jusqu’à  nouvel ordre.

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Détails de la chasse sous-marine

Photo Philippe Joachim

A Marseille, on avait l’habitude de partir au lever du soleil. – quand je me mets à  l’eau, il faudrait que tu me voies, je rampe sur le rocher comme ça – des fois tu as de beaux poissons à  1 m mais que l’été. Parce qu’il passe une période où tu vois pas de poissons, puis vers 10h hop ! tu vois plein de poissons. A midi et demi c’est bon. A une heure jusqu’à  trois heures, on voit plus rien, on se dit : ils font la sieste ou quoi ! Le soir, alors là  on peut y aller jusqu’à  la tombée du soleil, là  c’est bon.

Au démarrage, quand tu prends ta respiration tu lèves ton tuba. C’est des habitudes de chasseur pour pas que le poisson entende : bloup, bloup, bloup.

Pour avoir un poisson, il faut tirer à  3 m, 2 m. La ficelle qui tient la flèche fait 3 m, la flèche fait 1 m, ton harpon fait 5 mais si tu tires un poisson à  5 m tu es sà’r de le louper hein ? la flèche sera pas arrivée qu’il aura disparu. Pour l’avoir, il faut qu’il parte pas avec la peur, il faut qu’il parte doucement, alors là , nous on vise. Parce qu’en général on tire d’instinct, on n’a pas le temps de viser.

Les loups, l’hiver ils fraient donc ils sont plus faciles à  prendre. Dès qu’un poisson fraye En ce moment pourquoi je tire des vieilles, des labres verts, des queues bleus ? Parce qu’ils frayent. Tu les vois, ils poursuivent la femelle, et là  tu as le temps de descendre et quant ils te voient, peut-être c’est trop tard. Et là , plus il est gros, plus il domine tous les autres, alors tu le cherches lui ! Pour la vieille, on tire plutôt les mâles, la femelle est trop petite par rapport au mâle.

Quand on tire un poisson, on sait bien le tirer. On tire au niveau de l’ouïe, à  peine derrière pour bien l’attraper. Et puis en haut on a toujours la dague on n’aime pas voir souffrir les poissons.

Ici c’est très rare que je rentre bredouille, des fois, tu en as 3, 4, c’est juste des poissons pour la soupe, c’est pas des beaux poissons. Alors qu’en règle générale, je cherche des gros poissons. Mais enfin, les poissons que je ramène sont pas plus petits que ça 300 g quoi. Les soles, j’en vois tout plein mais elles font 10-12 cm, c’est des bébés ! Tu peux que les regarder, les laisser faire En moyenne, je reste 4 h dans l’eau, j’ai 3, 4, 5 poissons. Oui, l’été, un jour, tu en tue une dizaine, des fois 15, mais un jour ! Tu vois, avec ma femme, on pourrait pas vivre en mangeant ce que je pêche !

Les barracudas, j’en attrape de temps en temps, mais c’est plutôt l’été ça, l’hiver on les voit pas. Je les vois là  où il y a des rejets d’eau douce. Au Parc de la Cride, là  où il y a la falaise, tu as une source mais elle s’est tarie, hein… Avant quand tu passais, tu te mettais à  côté, presque ça te poussait. Maintenant, tu sens presque plus rien. Avec le masque tu as plus le trouble, tu sais, quand l’eau douce se mélange à  l’eau de mer

Tu pêches mieux quand l’eau est trouble. Le poisson voit pas. Des fois, dans l’eau, je vois un filet à  2 m ! Chaque fois c’est le coup au cœur ! Y a eu des plongeurs en bouteilles qui y sont restés Si jamais tu te fais attraper là  oh il te faut sortir la dague et commencer à  couper, mais quand tu va couper, ça va bouger tout ça Au plus tu te débats, comme le poisson, au plus tu t’emmailles, et vas-y Les signaux ? On regarde au départ mais après on est tellement absorbé

Quand tu as une zone à  côté d’une réserve, tu as du poisson – moi j’aimerais habiter à  Porquerolles ! à  côté du Parc de Port-Cros – et ça tous les pêcheurs l’ont remarqué.

Le mérou : cette année, j’en ai pas encore vu. Ils montent avec les eaux chaudes hein, donc on va les voir. On en voit beaucoup plus, mais ce sont des petits mérous : 1 kg, 2 kg maximum, tu vois des 500 g, même 200 g. Tout le temps, l’été, tu en vois tout plein, le long de la Cride. Et naturellement à  la Cride, tu en vois des costauds, mais qui te connaissent. Le mérou, c’est protégé, moi j’en prends pas mais celui qui vend Tu as deux sortes de pêcheurs sous-marins : il y a ceux qui font ça pour le loisir, pour la maison – tu vois, le poisson d’un kilo, ma belle-sœur va venir, on va manger à  trois. Si j’en avais eu deux ou trois, on les gardait, avec les cousins de mon frère on est 7 ou 8. C’est toujours pour la famille. J’ai jamais vendu un poisson – et puis tu as les braconniers. Tu te rencontres qu’aux Alpes Maritimes – j’irai jamais habiter là -bas ! – la pêche sous-marine est interdite l’hiver. Tu sais pourquoi ? Y avait tellement de braconniers qui vendaient aux restaurants que les pêcheurs ont fait l’interdiction l’hiver. Tu peux y aller que le samedi-dimanche et en étant inscrit dans un club. Ils ont laissé le week-end pour qu’ils puissent s’entraîner pour les compétitions.

A un moment donné les braconniers ils pêchaient à  la corde, tu te mets à  30- 40 m du bord. le poisson il voit la corde, il croit que c’est un filet, alors il reste à  trou. Le poisson, il passe pas sur la corde, il croit que c’est un filet donc tous les poissons vont rester à  trou A mon époque, tu te mettais à  5 m, tu tapais et tu faisais un cercle, le poisson était effrayé et il se mettait à  trou. Après, il a compris la tactique !

La compétition c’est pas question de se mesurer mais on fait une progression astronomique. En compétition tu es toujours 2. Faut descendre, tu descends, il y a pas de soucis, tu as un collègue qui est en haut. Qu’est-ce qu’on risque ? Une syncope à  la remontée, c’est tout. Bon, s’il y a quelqu’un qui te tientQuand on plonge un peu profond on n’a pas de plombs, on part plutôt léger de façon à  forcer pour descendre mais, à  la remontée, remonter doucement. Si c’est le contraire, tu peux avoir une syncope si tu continues à  palmer fort pour remonter. à‡a fait que, quand tu es déjà  à  7 -8 m de la surface, c’est la surface qui t’attire, tu es comme un bouchon ; et la syncope, elle arrive là , entre les 9 m et 7 m. Donc toi, tu montes comme un bouchon, tu es dans les vapes  » ça m’est jamais arrivé  » tu es dans les vapes et là  tu es au contact de l’air. Automatiquement tu as un réflexe respiratoire qui t’attrape, qui te fait respirer. Bien si t’as pas quelqu’un qui te tient à  ce moment-là  : hhhhha, quand tu vas respirer tu te noies puisque tu avales de l’eau, et ça tu le maîtrises pas. Voilà  pourquoi en compétition on était toujours à  2. Après quand tu es seul, tu fais moins, moins le fada !

– Tu vas moins profond, tu restes moins longtemps ?

– Je reste surtout moins longtemps Avant mon co-équipier, il pleurait : Jean, Jean tu déconnes

– Ouais mais je dormais un peu en bas !

On devait dépasser les 3 mn facile. Oui mais c’est un entraînement, c’est pas un exploit

Les saupes, les muges, je les tire pas, ma femme les aime pas, mais je les chasse ! Au dernier moment j’appuie pas. à‡a m’embête de tuer puis de le jeter, ou alors de donner aux goélands. Tu sais pas qu’à  un moment donné j’avais un goéland à  moi. Dagobert, je l’avais appelé. Quand je sors de l’eau le poisson, je l’écaille, je le vide. Je voyais un goéland, je me dis : tiens je vais lui mettre sur les rochers comme ça. Mais oh ! c’est qu’il s’y est habitué. Après, il m’attendait, le zèbre ! Un jour, il a du mourir parce qu’il est plus jamais revenu. C’était tout le temps, tout le temps le même qui venait, ça je l’avais repéré. Au début, il se mettait à  5-6 m, après à  4 m, tout ça, et il s’approchait de plus en plus, à  la fin il était sur un rocher, il était à  1m50 là , je lui tendais, il voulait pas, il fallait que je lui pose sur le rocher pour qu’il le prenne. à‡a reste sauvage quand même.

Y en a un en ce moment, je suis en train de l’apprivoiser. Je pense qu’il ira plus près que l’autre. Il m’attend pas encore. Quand j’arrive le matin bonne heure, il vient : Vvvvou il me regarde me mettre à  l’eau et puis – je sais pas où il va, tu sais, il doit être sur la falaise ; pour te voir, ils sont sur la falaise – et quand je sors : Vvouf ! Ah, j’ai le temps quand même de plier la bouée, et quand je commence à  attaquer le poisson, Vvviuf tu le vois arriver Pof ! Lui, je l’appelle Etienne.

Photo Philippe Joachim

Un chapon, à  50 cm de toi, si ton œil se porte pas dessus, tu le vois pas Un jour j’ai vu un chapon, il dépassait le kilo, comme ça pas profond hein, 6 m autour, contre la roche. J’étais là , je dis : mais qu’est-ce que c’est ? qu’est-ce que c’est ça ? – et toi tu as le harpon à  30 cm je veux dire – qu’est-ce que c’est ? qu’est-ce que c’est ? et puis à  un moment donné, je vois à  la fin 5 petits traits comme ça, des petits traits, oh ! c’est la queue du chapon. Alors j’ai visé, pan ! J’ai tiré dans le rocher ! Il dépassait le kilo. Je me disais : mais comment on peut pas voir un poisson énorme comme ça ? Vraiment, c’est sa queue qui m’a fait dire, comme il y a les stries, qu’il est devant. Boum ! tiré dans le rocher

Jean Marty, chasseur sous-marin à  Sanary

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La chasse sous-marine

Photo Philippe Joachim

 » Je chasse tant que je vois : 15 m  » 16 m. Je vais à  20 m mais pas plus Sous l’eau, tu oublies le temps, tu oublies que tu respires plus, c’est ça qui fait ta force et c’est là  que tu chasses bien. Un poisson, si tu as de la crainte, il le sent lui, donc il faut que tu sois en osmose avec la mer, tu fais qu’un avec la mer, tu es comme la mer. On oublie de respirer, on oublie Mais quand même il y a un petit truc qui te dit que par moment je sais pas, y a quelque chose, c’est de toi-même. Il te dit : « Il faut remonter parce que ‘ . Des fois, c’est les dorades qui plusieurs fois les dorades, elles ont failli me noyer hein. Une dorade, c’est un poisson il est énervant ! Un denti, s’il t’a vu, il s’en va. Mais la dorade, elle t’a vu, elle fait comme si elle partait, et elle revient, tu vois, et puis elle repart, elle revient et toi, tu es là , tu es là , tu te dis – parce que tu as toujours espoir qu’elle va être à  portée  » puis, à  un moment donné il faut partir comme un fou et ça c’est pas bien, hein. Selon la profondeur où tu es, tu as la syncope. Normalement tu dois décoller du fond avant d’avoir envie de respirer. Parce que si tu attends d’avoir envie, tu auras pas le temps de remonter.

En général, c’est préférable d’aller dans les endroits que tu connais parce qu’après tu appelles ça ton jardin, tu sais où il va y avoir un poisson. Là  dans la semaine, j’ai tapé une vieille, qu’ils appellent ici… – un kilo quand même, mais un kilo pesé, les gros, on les pèse – et bien si tu connais pas c’te pierre tu auras pas de beau poisson. Là  je sais que de 15 jours tu auras rien, mais ça reviendra. J’ai des pierres à  chapons

– Tu cultives tes pierres ?

– Tout le temps Ma technique à  moi, c’est de repérer d’abord le poisson. Tu va traverser la zone, tu verras rien ; des jours, ce sera rempli Tu vois pas de poissons qui nagent, il faut quand même aller d’un endroit à  l’autre. Nous, on est des palmeurs… L’hiver dans l’eau froide Oh ! j’ai eu passé 7 h sans voir un poisson.Photo Alain Ponchon

Le passionnant c’est le fait de chercher du poisson. C’est ça le plus passionnant. On tomberait dans un aquarium, je serais dégoutté, j’irai plus. Et puis chaque fois, tu inventes tu apprends. On tombe jamais sur un poisson. Faut tomber à  côté, tu vois ? un peu plus loin, faut pas lui faire peur.

Par le fait, la chasse, c’est presque – je veux pas dire que tu l’apprivoises mais tu vas titiller sa curiosité, c’est lui qui va venir sur toi. C’est pas toi qui va sur lui… Sauf à  l’apnée, quand tu tombes, que tu as un poisson comme la dorade, ça alors c’est merveilleux ! Tu vois des dorades des fois qui font 2-3 kilos, hein, bon, tu l’as vu. Tu descends sur elle  » là , quand même, on est sur les 14 m, hein ? – tu descends sur elle et tu la vois plus. Bin il faut continuer à  descendre, on descend, on descend, et quand tu arrives sur elle, et bien tu la vois plus ; parce qu’au lieu de rester à  plat, elle s’est mise sur la tête, la queue face à  toi – c’est un mimétisme – et bien tu la voies pas. Et puis, quand tu arrives sur les 4-5 m, là  elle pentole, et hop là , tu la vois. C’est ça qui te fait tu as toujours la rage de dire : « Je vais voir ça, je fais ça ‘. Et puis quand même, je tire que les poissons que je mange.

– Tu choisis ce que tu chasses ?

– Oui, oui. Bin, c’est malheureux, tu vois une compagne de loups, tu vas chercher le plus gros : c’est la femelle Un jour j’étais sur Riou. Tu connais à  Marseille la grande àŽle de Riou ? Et à  un endroit, ça fait une falaise qui descend à  30 m. Quand ça descend, tu as une rague d’à  peu près un mètre de haut sur 7-8 mètres. Un jour j’arrive, c’était l’hiver. Ouf ! Une femelle comme ça ! une trentaine de mâles autour, et ils montaient, ils montaient j’étais là  et je regardais. Et bien, tu vois, j’ai regardé, regardé – l’apnée – je suis remonté. Je me suis dit : je suis con, je tire pas, je tire pas. Ah je suis redescendu, et quand je suis descendu, tu vois, elle lâchait ses œufs, et les mâles, ils lâchaient la laitance, et bien je suis resté là , je regardais ! Alors, je suis remonté, je me suis dit : « je la tape, j’attends qu’elle ait fini ‘. Je suis redescendu : « non je peux pas, je peux pas ! ‘ Je suis parti. Tu vois, si tu hésites et que tu regardes, ça te prend « non, je peux pas tirer au moment où elle fraye, avec les petits ‘ elle pondait ses œufs quoi ! Là  des fois, si on pouvait avoir une caméra pour le graver c’était beau à  voir. Donc tu vois, même un chasseur Ce qui m’a fait mal un jour, ça remonte loin. Je vois une seiche, je la tire comme ça. Il vient une autre seiche, elle l’attrape, elle voulait la tirer de la flèche et bien ça te fait mal ho, ça te fait mal. Tu te dis : tiens ils ont des sentiments comme nous.

Les barracudas, c’est assez rare, il faut faire des bons agachons, parce qu’il est craintif hein A l’agachon, c’est quand tu descends sur la distance où tu veux au fond, et tu te caches, tu attends. Alors, ou tu attends, ou tu fais : bop, bop, tu sais une petite bulle d’air, tu vois ? ou tu grattes un peu comme ça, tu bronches plus, tu attends C’est là  où je restais 3 mn quoi, des fois plus Plus tu tiens l’agachon, mieux c’est, parce que le poisson il a entendu du bruit, et à  ce moment-là , il vient. Au bruit, il est curieux.

Photo Philippe JoachimEn Espagne, une fois, j’étais à  l’agachon, et un banc de sars venait sur moi, tu vois ? Alors naturellement, devant tu as les petits, puis les gros c’est au fond. D’un coup, je me vois un bolide ! un bolide ! C’était une dorade qui fonce, qui double le banc à  50 cm de ma flèche. Pauu ! Une dorade qui devait faire les 2 kg ; parce qu’elle avait vu que, tous, ils voyaient, il y avait plus de bruit, elle était en confiance mais comme elle était plus grosse que les autres, elle doublait tout le monde. Je l’ai tirée à  50 cm, je me demandais quand elle allait s’arrêter ! Mais chez les sars, ils envoient les plus petits d’abord, tout le temps Je pense qu’ils sont méfiants. Les gros sars, tu les vois que quand il y a beaucoup de poissons autour d’eux. Ils savent qu’il vaut mieux envoyer les petits

Les liches et les sérioles, il faut aller sur la passe de la Moulinière Alors tu vois une liche – même si tu en vois pas – quand tu es sur les hauts-fonds – comme là  que tu peux pas descendre à  23 m – tu descends sur 10 m, tu t’allonges à  l’horizontale comme ça. Dans l’eau, on fait ce qu’on veut, comme les cosmonautes ! Toi tu sais comment tu fais : ou tu vas être aspiré, ou tu vas descendre, mais il y a un endroit où tu arrives à  tenir. Le principal c’est d’être allongé à  plat comme ça, et tu mets la main sur le masque et tu laisses un peu avec deux doigts comme ça pour y voir. Et tu attendstu attends. Alors des fois tu pars vers le bas, à  un moment donné tu remontes jusqu’à  ce que s’il y a des liches, elles viennent voir ! Et là , tu tires ! On cache le regard, c’est le regard qui fait peur aux poissons.

Ce qu’il y a un congre tu tires un congre, c’est facile à  tirer. Tes gants-là  quand tu vas le tenir tout ça, pendant un mois ça sent ils ont l’humus, ils ont pas d’écailles, et cette peau ça te fait des gants une infection !

Un jour, y a une rague, une pierre que je connais bien. Je vois un beau corb, je descends sur lui, je dis : il va pour rentrer là -dedans. Au lieu de rentrer, il hésite puis il va pour partir, il a eu tort Paf ! Il était sur la flèche. Bizarre qu’il soit pas rentré dans cette rague Je redescends Elle est épaisse comme ça ! elle devait faire je sais pas, 1 m 50, 2 m, la murène ! Ouh là , là  ! On n’attaque pas, on regarde J’aurais été en compétition, j’aurais pris le temps de bien l’ajuster parce qu’il faut pas les louper celles-là  ! C’est très facile à  prendre. J’ai jamais vu une murène t’attaquer, ni mordre. Elle sort à  peu près de 30 cm de son trou. Toujours, elle ouvre et elle ferme la gueule, elle respire ! Elle veut pas mordre. Les gens qui n’ont pas l’habitude : « Ouais, elle va m’attaquer, elle va m’attaquer ‘ Non, elle respire. Et comme on voit les dents, on se dit En général, tu la tues ici, au harpon. Après c’est une autre histoire. Comme tu as pas visé la tête, tu l’as pas foudroyé. Alors il faut vite la sortir, mettre la main contre la flèche pour pas qu’elle morde. Et alors là , elle commence à  tourner, à  tourner, et vas-y Après elle fait un nœud, elle est tranquille. Tu remontes, mais ça glisse une murène. Il te faut aller à  la côte, ou en bas. Comme tu es trop profond, tu y arrives pas, alors il te faut aller à  la côte, tu la tues mais après tu passes une demi-heure à  démêler ton fil de la flèche, une demi-heure ! Tu es démoralisé Le congre, c’est à  peu près pareil. Par contre, si tu l’as mal tirée, là  elle peut te mordre. C’est pas venimeux mais ta plaie elle va mettre 2 mois avant de guérir, c’est ça l’embêtant Alors si tu la manges pas, c’est pas la peine.Photo Philippe Joachim

Les sars, avant c’était facile. Tu faisais peur à  un sar, il se mettait à  trou. Tu arrivais, bang dans le trou ! Des fois, j’ai connu des ragues, tu avais une centaine de sars dans un trou, tu tirais, il m’est arrivé d’en avoir 3 sur la flèche tellement c’était compact ! C’est fini maintenant, si tu as un sar à  trou, il sort et il s’en va dans le bleu. Les sars maintenant, je les tire quand la mer frappe sur le bord. Le poisson, quand il voit qu’il y a un bâton, il se méfie Si tu prends un sar, tu es pas seul dans l’eau hein, tous les autres ont vu qu’il gigote sur la flèche, tous les autres le voient Ils enregistrent. Dans une zone où il y a beaucoup de chasseurs, le poisson est plus difficile à  prendre, beaucoup plus, il est averti Déjà  même à  mon époque, on disait : les mérous, ils sont allés à  l’école, ils ont compris Le mérou est curieux. Quand tu le regardes, tu le vois pas hein, tu vois que ses ouïes parce qu’il il est sur la queue et il te regarde. Et, comme tu vois battre 2 ouïes, tu dis : c’est le mérou ! Tu descends sur lui mais tu as pas fait 3-4 m que déjà  Pffuit ! Il démarre et tu le vois partir avec la peur, donc Vvouu !… tu sais qu’il y a pas besoin de le suivre ou de rentrer dans le trou, ça va se cacher. Parce que dans le trou, il faut pas croire que c’est un trou fermé, c’est un labyrinthe. Si je vois une dorade, je vois qu’elle hésite un peu, de suite je tape, tape, tape ma foi, tu espères toujours qu’elle va s’envoyer à  trou ! Une dorade c’est couillon ! Elle te voit, elle te regarde ! Elle a pas compris encore. Pour elle, comme tu es trop gros, tu rentres pas dans le trou ! Elle s’en va pas au fond, elle reste à  1 m, tu as plus qu’à  appuyer sur la gâchette !

Une fois, j’étais sur Riou, j’étais en train de chasser naturellement. Oh ! je vois passer un banc d’aiguilles de mer, mais un banc ! j’sais pas, il devait y en avoir une centaine ! Parce que, d’habitude, des aiguilles de mer, tu en as une ou deux, en surface. Là  y en avait comme une centaine qui passe comme ça. Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que c’est ? Alors je regarde. D’un coup le banc fait un angle à  90° et part un démarrage ! De suite je dis : ça y est, y a une liche. Hhha une respiration  » parce qu’on est toujours en train de se ventiler hein, il faut partir toujours les poumons pleins  » je respire un grand coup, je descends, hop sur 6m je m’allonge, je mets la main devant les yeux et j’attends je me vois arriver une tête comme ça ! J’ai levé la main du masque, j’ai regardé un thon comme ça ! Il s’est mis plein travers, à  2 m de moi ! J’étais là  : non, non Jean, il faut pas déconner ! Il avait la taille j’peux pas te dire J’ai pas tiré parce queun thon, il t’entraîne, il t’arrache le harpon, tout… Quand on chasse le thon, il faut avoir un fusil adéquat, il te faut du fil nylon très épais, ton harpon attaché à  une bouée en surface, la bouée au bateau, parce qu’un thon c’est rare de foudroyer On te dit bien : c’est là  qu’il faut tirer, mais tu tires à  1 mm, tu manques son cerveau Là , il était trop gros, 6 m de fond, tu pars avec ! Quand tu attrapes des gros, toi, tu as pas de points d’appui pour te tenir.

En Espagne, comme on chassait le gros poisson, on avait toujours le moulinet. On a un moulinet à  la ceinture, on l’accroche, au cas où. Si le poisson part, le fil part. Mon moulinet, j’avais 30 m de corde, de tresse nylon ; j’aurais pu taper une baleine, c’était le harpon qui cassait ! C’était pas le fil. Toi, ça te permet de respirer. La tactique : tu attrapes un gros poisson, il se met à  trou, tu arrives pas à  le sortir, ça te permet toi de monter en surface et de le tenir de l’empêcher qu’il s’enfonce. Arrivé en surface, à  la bouée, tu arrives à  faire un nœud pour le tenir. Et on a toujours 2 harpons…

Le corb, c’est le plus beau à  voir, il est toujours en famille, quand tu en vois 1, y en a 7 ou 8 c’est une merveille à  voir. C’est un poisson – en Provençal, c’est un Pecoi : poisson-tranquille – on croit qu’il bouge pas mais il bouge en réalité. Des fois tu le tires à  2 m, 3 m, tu penses l’avoir mais tu l’as pas ; ta flèche passe à  côté, lui il a basculé. On sait pas s’il démarre quand on appuie sur la gâchette, ou s’il se méfie, et puis des fois tu arrives à  bien l’attraper. Du temps où je faisais de la compétition, les années soixante-dix, on n’en voyait pas. Et maintenant, on en voit de partout, de partout… Alors tu as des petits, tu as des gros dès qu’il y a des zones un peu profondes, tu as a des gros.

Jean Marty, chasseur sous-marin à  Sanary

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Les moules

Nous avons 3 recettes qui plaisent bien : la traditionnelle avec crème fraîche et safran, la sauce roquefort – celle-là  beaucoup l’adore mais ça me fait manger beaucoup de pain – la provençale avec une sauce bolognaise un peu relevée.

Traditionnelle : vous faites ouvrir vos moules dans une marmite, vous laissez l’eau, vous ajoutez du vin blanc, un peu de biscotte pour épaissir, un peu de crème fraîche et du safran  » alors là  vous mettez du safran ! – et un peu d’herbes de Provence. C’est celle-là  qu’ici vous la faites bien devenir jaune. Le problème c’est qu’elle vous tache les doigts et la serviette !

Sauce Roquefort : vous faites revenir de l’oignon, quand il commence un peu à  disparaître, vous faites revenir votre roquefort d’abord, vous le faites fondre, vous mettez la crème fraîche et si vous voulez, vous la laissez blanche, sinon vous rajoutez une pointe de safran, ça fait une sauce colorée. Moi, je la laisse blanche. Vous versez la sauce sur les moules que vous avez fait ouvrir et auxquelles vous avez retiré une coquille.

La Provençale : vous faites revenir de l’oignon, vous faites ouvrir vos moules, vous videz l’eau car elle est très salée, vous ajoutez de la sauce bolognaise avec beaucoup d’herbes de Provence et un peu de piment. Vous pouvez encore prendre votre poêle, vous mettez les moules avec une seule coquille, vous versez la sauce bolognaise par-dessus et vous faites un peu réchauffer

Après bien-sà’r, vous avez les recettes plus classiques :

Au barbecue : On fait griller les moules au barbecue en rajoutant de l’huile d’olive et du poivre. Avec de l’huile et du gruyère, on appelle ça la « moule perlière ‘.

La brasoucade : une des façons les meilleurs ! Nous, on a des poêles exprès pour 100 personnes. J’ai pris une grande poêle, j’ai fait 2 trous de chaque côté et j’ai mis 2 vannes. Vous mettez un couvercle dessus, quand la vapeur sort c’est que les moules sont cuites ! Même dans une cocotte minute, il faut attendre que la vapeur sorte, alors les moules sont cuites. Dès que je vois ça, j’enlève le couvercle, j’ouvre les vannes et je fais couler. J’ai un bidon : huile d’olive, herbes de Provence et poivre. Je mélange avec des cuillères en bois, ils se mangent les doigts !

– Je la connaissais sur un lit d’épines de pin

– Oui ! mais les épines de pins maintenant c’est périmé ! Vous croyez qu’ils vont ramasser les épines de pins ?

Recettes d’Albert Castejon

Conchyliculteur et Prud’homme pêcheur de Port Saint-Louis du Rhône – Prud’homie de Martigues

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Grâce aux pêcheurs, l’eau douce et la vie reviennent dans l’Anse de Carteau


A propos de l’élevage des moules dans l’Anse de Carteau : « On a eu les années folles, de 1982 jusqu’en 95. En 95, ça a chuté, on mettait des cordes en chaussettes de 30 kg, on récupérait des cordes de 15 kg. Au lieu de récupérer 3 fois comme avant, on récupérait la moitié et la moitié de mortes. On a fait venir les services vétérinaires, l’Ifremer, les scientifiques ils nous ont dit : « Elles ont un stress, y en a qui n’ont plus à  manger et elles meurent ‘. Le taux de salinité était monté de 28 à  38. Ils nous ont dit : « A 40, la moule à  Carteau y en a plus ‘. .Au plus il monte, au plus les eaux deviennent claires, et au plus les eaux sont claires, au plus elles sont pauvres. On était tombé à  1800 t, c’est là  qu’on a tiré la sonnette d’alarme, aujourd’hui une table fait facilement 30 t, au lieu de 6 à  7 t, en faisant le même travail.


Les arbres sont tombés, ils ont bouché toutes les roubines faites par les anciens qui alimentaient Carteau en eau douce. Pour arriver à  récupérer volontairement toutes les buses qui avaient été bouchées par les maisons et par les sentiers, j’ai fait mettre des vannes. J’ai fait faire des canaux pour aller jusqu’au Rhône (à  peu près 20 km), c’est ce qui a coà’té cher. Toute la terre enlevée, je l’ai fait mettre ici pour qu’ils puissent nettoyer. Tout ce que vous voyez ici, des roseaux, ça vient de pousser. Regardez le courant qu’il y a ! L’arbre ici je l’ai pas fait enlever. On voulait tout faire pour pas que les travaux se voient. C’est nous la pêche qu’on a mis ça pour continuer à  vivre. C’était pas à  nous pêcheurs de payer ces travaux. Quand sur la route un arbre est tombé, c’est l’usager qui paie ?

C’est le Conservatoire du Littoral qui en bénéficie le premier. On a tellement fait un beau travail que ça a alimenté tout ce qui était sec ; depuis ils font le festival de l’oiseau, ils ont fait mettre des passerelles pour que les gens visitent, la chasse, y avait plus un canard car y avait plus d’eau… Donc on a fait renaître la vie. Et au départ, c’est nous qui avons fait tous ces emprunts pour un coà’t de 450.000€ subventionné à  80%, nous avons été les maîtres d’œuvre

A la coopérative, je fais des économies, j’ai un fond de roulement, ça nous permet d’emprunter pour ces aménagements, ou pour restaurer nos tables. Et si un jour un bateau arrive avec une catastrophe, si un pétrolier se casse, on a le temps de voir venir quand même. Il faut toujours laisser le temps au temps

Albert Castejon Président de la Coopérative Coopaport

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L’élevage des moules dans l’anse de Carteau à  Port Saint-Louis du Rhône

« J’attaque par les tables meilleures, celles où les moules poussent plus vite ; il faut vite les vider pour les remplir à  nouveau. Cela dépend du phytoplancton et donc de l’exposition. Regardez, l’ouverture est à  l’est, c’est l’entrée, donc toutes les tables à  l’est sont les meilleures. Les moules de terre poussent moins vite mais les clients les aiment parce qu’elles n’ont jamais de parasite. C’est le « spaghetti ‘ la ménagère elle aime pas ; ça c’est la « dent de chien ‘, la ménagère n’aime pas non plus, il faut nettoyer. A l’Etang de Thau, ils appellent ça la « moule cascaillée ‘. Elle se vend bien en Espagne où on l’appelle moule des roches ! Les moules de terre partent en dernier mais, en juillet-aoà’t, c’est celles qui grossissent le plus vite, ça dépend des courants saisonniers et du phytoplancton.

Avant, ce qu’il y avait de bon c’est que vous sortiez un bateau, vous vendiez 500 kg, et vous essayiez de travailler comme cela tout au long de l’année. En travaillant 200 jours, vous faisiez vos 200 t et vous étiez tranquille. Aujourd’hui c’est plus comme ça, la saison s’est resserrée. On nous commande en 3 mois d’été ce que l’on faisait en 8 mois. Mais on a des matelots quand même, ça se respecte un matelot, le week-end il travaille pas, nous on peut pas s’arrêter
Nous, y a que la moule qui nous intéresse et c’est comme ça que nous sommes devenus les premiers producteurs de la moule méditerranéenne française. Les huîtres, ça nous intéresse pas. Le premier qui fait rentrer des huîtres, ou des moules d’ailleurs, on le met à  la porte. Les algues japonaises, elles vous arrêtent le bateau

Les conserveurs, ils regardent pas le produit, de suite ils commencent à  la moitié du prix : « Nous la moule d’Italie on l’a à  0,60, on la veut à  0,60 ‘. A ce prix-là , en commençant le travail tous les matins, c’est nous qui sortons les billets de la poche ! Alors on leur fait le bouche-trou quand ils arrivent pas à  en avoir, on leur en donne à  1 euro.


Quand je vois qu’il y en a qui sont mangées par le poisson – parce qu’il arrive un moment que les dorades nous mangent – je lui dis à  mon matelot, donc il enlève la corde, je laisse pas
une corde libre

On a eu des jeunes qui se sont installés. Quand c’est des fils, c’est plus facile à  gérer, c’est malheureux de parler comme ça Vous avez un jeune, il vient, il prend l’affaire, il a 3000 € par mois de crédit, c’est un minimum. Au début il vend pas parce qu’il y a pas de vente et il pleure, et quand ça attaque, tout le monde pleure parce qu’on travaille trop. à‡a quand vous l’expliquez à  un jeune, il veut pas le comprendre : « Moi je prends pas de risques ‘. Il va négocier les mêmes clients qu’on a nous et au lieu de vendre au minimum – 0,76 € en poubelles – il les vend à  0,60, il est mort. Comme y a une liste d’attente comme ça, je lui fais la morale, mais on s’est jamais trompé.

Au début quand ils s’installent je les garde pendant 2 ou 3 h, je leur explique tout, même la cigale et la fourmi, en parlant bien c’est ça le plus important :

– Tu vas vendre d’un coup 100 t, tu vas avoir de l’argent qui va rentrer mais quand tu vas faire les frais : les rôles, le matériel avec l’essence, les frais de la coopérative, du syndic De janvier à  juin, il te rentre pas un centime, il te faut payer ton crédit, après il faut que tu manges
– Qu’est-ce que j’ai gagné à  la fin du compte ? Je fais des crédits comme ça et je me fais 1.500 à  2000 € dans le mois ?
– C’est pas beau ? mais c’est pas beau ? Après je m’énerve : mais espèce de couillon, au bout de 7 ans, tu as payé tout et si tu t’en vas, tu récupères 100 bâtons, montre-moi une boîte que tu gagnes 1 million, 1,5 millions et qu’au bout de 7 ans, tu t’en vas avec 100 ou 150 millions dans la poche ! Montre-moi le ! Il comprend pas que ce qu’il paye, il le place.

A Carteau, l’élevage de moule a commencé dans les années 77 à  titre expérimental. Comme c’était dans le périmètre du Port Autonome de Marseille-Fos, celui-ci a dit : « On veut bien si vous vous mettez en groupement ou en coopérative ‘. On a donc monté la coopérative et on a eu 50 personnes. Beaucoup ont du arrêter pour des questions de santé. En 95, des gens sont partis et c’est nous qui avons racheté leurs parts. On a diminué le nombre de patrons mais on a augmenté le nombre de matelots, avant il y avait 49 conchyliculteurs et 49 emplois, aujourd’hui il y a 39 conchyliculteurs et 120 emplois. Avant on vendait 500 kg par jour. Maintenant, équipés comme on l’est, 500 kg c’est de la rigolade ! Quand on a commencé, on les passait à  la main  »

Albert Castejon, conchyliculteur à  Carteau, Prud’homme de Port Saint-Louis du Rhône (Prud’homie de Martigues),
Président de la Coopérative Coopaport

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L’encre de mer n° 18-19

Dans ce numéro :

Sommaire :

La pêche en étang à  Gruissan : un sens collectif pour une pêche écologique

En route vers Bang Taboon, Province de Phetchaburi (Thaïlande)

Pour une pêche artisanale durable – Conférence FAO du 13 au 17 octobre 2008 à  Bangkok

– L’onde savoureuse : bourride d’anguilles, crevettes grises et roses

– Supplément :

* Aucun lien institutionnel entre les Prud’homies qui gèrent sur le terrain et les organisations professionnelles chargées de la gestion aux niveaux régional, national et européen

* Déclaration de l’atelier préparatoire de la société civile adoptée par l’ensemble des organisations présentes à  la conférence de la FAO tenue à  Bangkok (Thaïlande) du 11 au 13 octobre 2008

* Nos outils de gestion sont les reflets de notre vision du monde et des échanges

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L’encre de mer n° 16-17

Dans ce numéro :

Sommaire :

L’élevage des moules dans l’Anse de Carteau à  Port-Saint-Louis du Rhà¶ne

Grâce aux pêcheurs, l’eau douce et la vie reviennent dans l’Anse de Carteau

– L’océan est un, la planète est une, chaque poisson compte…

Pêcheurs et scientifiques : l’observation des migrations de poissons

La chasse sous-marine

– « J’aime les éventaires étincelants d’écailles et dégoulinant d’eau de mer ». Extrait de Claire Fourier

– Port du Niel : une classe du lycée hôtelier de Toulon découvre les produits de la pêche locale et la démarche Slow Food

L’onde savoureuse : recettes de moules

– Supplément :

* Avec 3 fois plus de tonnage transporté par voir maritime qu’en 1970, l’impact environnemental des navires devient préoccupant

* Les détails de la chasse sous l’eau

* Artisanat-industrie : une segmentation conceptuelle

* Recettes de moules

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First records of Didogobius splechtnai along the French Mediterranean coast and additional comments about D. schlieweni

This paper reports new records of Didogobius splechtnai Ahnelt et Patzner, 1995 along the French Mediterranean coast. Additional comments on older underwater observations of D. schlieweni Miller, 1993 are also provided. The status of rarity of these two species is discussed. D. splechtnai is probably regularly distributed in the north-western and eastern Mediterranean where suitable habitats are available but both species are considered as rare (D. splechtnai) to very rare (D. schlieweni).

University of Nice-Sophia Antipolis, France – 2008

Article

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The Cap Roux MPA (Saint-Raphaêl, French Mediterranean): changes in fish assemblages within four years of protection

In recent decades, marine reserves have been established to protect ecosystem structure and biological diversity, or as management tools to combat the overexploitation of fish stocks. The Cap Roux Marine Protected Area (MPA) was established by professional fishers in December 2003, in the French Mediterranean between Cannes and Saint-Raphaêl. It was implemented to enhance target fish stocks for local fisheries. The objective of this 3-year study was to investigate the initial responses of fish assemblages, using complementary methods: experimental net fishing performed by a professional fisher and underwater visual census. Within 3 years, this study detected early changes in the fish assemblages. The methods also detected an increase in abundance and diversity of fish, but also a decrease of seasonal fluctuations of the assemblage structure, which was characterized by winter values close to summer values in the protected zone but not outside of the MPA. These results helped clarify the dynamic by which fish assemblages respond to fishing prohibition in a newly created protected area.

C. Seytre and P. Francour: EA 4228 ECOMERS, Universite´ de Nice-Sophia Antipolis.

Article paru en juin 2008

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