Les mâchoires cachées de la murène

Si vous voulez comprendre et voir comment la murène compense sa faible capacité à  « aspirer » ses proies, par la remontée d’une deuxième paire de mâchoire qui se propulse du larynx dans la cavité buccale pour bloquer et avaler sa proie, regardez cet article d’Agoravox

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Le « capital » s’en prend aux ados

Bref passage à  Paris. Dans la queue pour la « Géode », une mère de famille pète les plombs. Il est vrai qu’une visite à  La Villette, même programmée depuis belle lurette, entame sérieusement le porte-monnaie. Nous avons « parcouru » les expos avec le sentiment de « zapper » d’une expérience à  l’autre, les enfants un peu « blasés » de ces boutons pressoirs.

Que reste t-il in fine de ce parcours éclair ? L’immensité Pacifique de cette mappemonde grandiose et suspendue, le charme d’une aventure humaine au travers des déserts, contée par les images enveloppantes de la Géode, celle de Ibn Battuta…

Etait-ce un documentaire – peut-être de Karembolage d’Arte le dimanche soir – qui expliquait comment en quelques années le « capital » s’en était pris aux ados, déclinant jour après jour leur identité et leur différenciation sous la gamme de marques et de produits sans cesse innovants ? Dans ce mouvement financier bien calculé, c’est une lutte quotidienne autour du porte-monnaie qui se joue aujourd’hui dans les familles, ainsi que la volonté, face à  la boucle jeux vidéos – ipod – face book – télé – téléphone, de plaider l’ennui et le retour sur soi comme le départ de notre créativité et de notre humanité…

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Si l’on n’y prend garde, il nous faudra bientôt faire de l’économie politique dès la maternelle pour expliquer à  nos chers bambins comment ils se font manipuler…

Inexorablement, l’Union Européenne, censée préserver notre environnement physique, social, familial, continue à  « déréglementer »

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Deux petites ombres bondissantes

Deux petites ombres bondissantes, panache ébouriffé, animent la silhouette évasée du grand pin.
Trait noir sur l’azur palissant, visite importune d’une volée d’étourneaux, la mer en-deçà  roule à  pas feutrés comme si de rien n’était.
Le premier rayon atteint la branche du haut qui prend matière, dessinant les méandres d’une peau rugueuse et brune.
Le deuxième réveille l’éclat verdoyant de l’aeonium et autres plantes alignées derrière la vitre.
Dans un silence à  peine voilé par le pépiement des canaris, l’envolée des tourterelles et la toilette du chat, la lumière envahit la baie qui se découvre sous l’arcade, un cadre magique pour les allers-venues de nos deux oiseaux, familiers des ramures épanouies à  l’orée des cieux.

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A propos de la plainte déposée par la Prud’homie de La Ciotat : une nouvelle pêche « navrante »

Suite à  la plainte déposée par la Prud’homie de La Ciotat pour pollution, une toute nouvelle pêche de ce jour au sud des Calanques de Cassis – Marseille :

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Résultats d’une enquête sur les intereactions entre pêcheurs professionnels et plaisanciers – initiative saluée et commentée

Sur le site du Comité Local des pêches de Paimpol :

« Le comité local des pêches a mené entre février et aout 2009 une enquête visant à  caractériser les interactions entre les pêcheurs plaisanciers et les pêcheurs professionnels.

L’objectif de cette enquête était de comprendre comment les pêcheurs perçoivent leur activité et celle des autres pêcheurs, ainsi que leurs relations, afin d’être en mesure de proposer des solutions pour aller au devant des conflits.

Le comité local des pêches organise désormais un cycle de réunions avec les associations de pêcheurs plaisancier pour présenter les résultats de cette étude et discuter de ses enseignements.

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L’augmentation des gaz à  effet de serre dans l’atmosphère pourrait avoir de lourdes conséquences sur la culture des huîtres d’Arcachon et de Marennes-Oléron

La vie des ostréiculteurs n’est pas un estuaire tranquille ! En témoignent les épisodiques interdictions, pour raisons sanitaires, de vente de leur récolte auxquelles ils sont confrontés. Et il se pourrait bien que les conséquences de l’augmentation, dans l’atmosphère, du volume des gaz à  effet de serre, responsables du dérèglement climatique, n’arrangent pas leurs affaires au fil du siècle.

Océans plus acides

Si les études sur la question restent encore à  approfondir, l’acidification des eaux océaniques risque de bouleverser les pratiques ostréicoles. Jean-Pierre Gattuso, chercheur au CNRS de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes) s’est penché, avec son confrère Frédéric Gazeau, sur ce problème.

« L’acidification des océans résulte de l’accroissement, par l’homme, des rejets en gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère, explique-t-il. On constate que les océans sont 30 % plus acides qu’en 1800. Et on estime que cette acidité aura triplé en 2100 par rapport à  1800. Chaque jour, plus de 25 millions de tonnes de gaz carbonique se combinent avec l’eau de mer, la rendant plus acide. ‘ Du coup, le métabolisme de l’huître s’en trouve affecté. « Les mollusques ont besoin, pour leur équilibre, de calcaire et de carbonate, poursuit le scientifique. Le premier est présent en grande quantité dans la mer, ce qui n’est pas le cas du second. Or, l’excès de gaz carbonique, responsable de l’acidité, s’attaque au carbonate. En conséquence, les huîtres cultivées en France deviennent plus fragiles ; elles deviennent donc plus petites et plus vulnérables, à  cause des micro-organismes susceptibles de percer leur coquille. ‘

De là  à  conclure que la mortalité importante des huîtres, constatée récemment par les ostréiculteurs, est liée à  ce phénomène, il n’y a qu’un pas, que se garde de franchir Jean-Pierre Gattuso. « Les expériences que j’ai effectuées l’ont été en laboratoire. Nous ne disposons toujours pas d’études faites sur le terrain. Donc, nous n’avons pas la certitude que nos résultats peuvent être transposés dans le milieu océanique. ‘ Son confrère de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) Stéphane Pouvreau demeure lui aussi très prudent. « Il faudrait avoir du recul et des statistiques sur trente ans au niveau du suivi de l’acidification, mais ce sont des études qui sont longues et très coà’teuses. ‘

Toutefois, « si les prévisions les plus alarmistes du Groupe intergouvernemental de l’étude du climat (Giec) se vérifient, il y a un véritable risque, concède-t-il. Mais il y a d’autres problèmes concernant les huîtres, bien plus préoccupants. ‘

Des bassins plus chauds

De fait, l’acidification des eaux d’Arcachon et de Marennes-Oléron, dans lesquelles se reproduisent naturellement les huîtres, n’inquiète pas, pour l’heure, les ostréiculteurs. Ceux-ci s’interrogent davantage sur l’élévation de la température des eaux.

« L’eau se réchauffe sous l’effet des hivers moins rigoureux. Donc, la température baisse de moins en moins, ce qui accroît les phénomènes de mortalité ‘, interprète François Patsouris, président de la Section conchylicole Poitou-Charentes.

La hausse de la température des eaux est en effet sensible : ces vingt dernières années, les eaux du bassin de Marennes-Oléron se sont réchauffées de 1,5°. Et il est rare, désormais, que celles du bassin d’Arcachon, en hiver, soient inférieures à  9 degrés. « Les variations climatiques tendent à  déséquilibrer un peu plus l’écosystème estuarien ‘, constate dans son étude Patrick Soletchnik, chercheur à  l’Ifremer. « Les mortalités d’huîtres creuses apparaissent ces deux dernières décennies, alors que cette espèce a été importée sur le littoral français depuis la fin des années 60. ‘

D’autre part, si la hausse des températures marines a un impact sur le cycle de reproduction de l’huître et son développement, est-il possible que cela accroisse la prolifération de micro-algues qui rendent ces mollusques impropres à  la consommation ? « De nouvelles familles de toxines se sont développées au fil du temps ‘, note Marc Mortureux, directeur de l’Agence française pour la surveillance sanitaire des aliments (Afssa). « Elles viennent de micro-algues qui se multiplient lors de périodes dites d’efflorescence, entre avril et aoà’t. L’évolution des écosystèmes marins, liée à  l’activité humaine et au réchauffement climatique, joue un rôle. ‘ (1)

Montée des eaux

Autre conséquence possible, et non des moindres, du dérèglement climatique sur l’ostréiculture : la montée des eaux. Une perspective qui, selon Jean-Charles Mauviot, le directeur de la Section régionale conchylicole Aquitaine, est déjà  perceptible. « Nous avons eu une alerte à  Lanton (33), dernièrement. Si ça monte, cela va poser des problèmes considérables au niveau des infrastructures de travail. Avec une élévation de 50 centimètres, ce sera la catastrophe. ‘

Dans son rapport livré en septembre, l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique notait que l’élévation des eaux sur le littoral français, au cours du siècle, serait comprise entre 50 centimètres et 1 mètre, « son ampleur dépendant du rythme de la fonte de la calotte glacière ‘.

(1) Pour plus de détails, lire « Sud Ouest ‘ du 17 septembre.
Auteur : Sébastien darsy

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Biodiversité : le grand retour des naturalistes

Les grandes expéditions naturalistes sont de retour. En 2006, le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et l’organisation non gouvernementale Pro-Natura international avaient fait une première tentative avec la mission Santo, au Vanuatu, dans le Pacifique. Ils récidivent en lançant le programme « La planète revisitée », qui permettra d’explorer les forêts sèches du nord du Mozambique et les eaux froides de l’extrême sud de Madagascar…

J’appartiens à  la première génération de scientifiques qui savent qu’approximativement 80 % des espèces restent à  découvrir et que, dans le même temps, beaucoup sont en voie d’extinction. 1,6 million d’espèces sont connues et il en reste probablement entre 8 millions et 30 millions à  découvrir. Chaque année, 16 000 nouvelles espèces sont répertoriées. Parmi elles, se trouvent un oiseau, vingt mammifères – principalement des rongeurs -, 250 espèces de poissons, 2 500 coléoptères… A ce rythme, il faudra entre 500 et mille ans pour achever l’inventaire. Ce sentiment d’avoir un champ de découverte infini devant nous est récent…

Les explorateurs apportent de bonnes nouvelles dans un monde saturé de catastrophes.

« La planète revisitée » nécessite un budget opérationnel – c’est-à -dire hors les salaires des chercheurs et l’exploitation des résultats – de 1,5 million d’euros sur trois ans. Et nous avons dà’ annuler une exploration terrestre sur Madagascar, faute de financement…

Les grandes expéditions naturalistes sont de retour. En 2006, le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et l’organisation non gouvernementale Pro-Natura international avaient fait une première tentative avec la mission Santo, au Vanuatu, dans le Pacifique. Ils récidivent en lançant le programme « La planète revisitée », qui permettra d’explorer les forêts sèches du nord du Mozambique et les eaux froides de l’extrême sud de Madagascar, deux espaces jusqu’à  présent restés à  l’écart de la curiosité scientifique et dont tout laisse à  penser qu’ils renferment une biodiversité singulière.

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L’agriculture bretonne ébranlée par le phénomène des algues vertes – compléments d’information

…La diminution du fléau « ne pourra passer que par un changement profond des pratiques agricoles » sur les secteurs où les algues prolifèrent, analyse une note du Préfet ds Côtes d’Armor…

ll faut donc « révolutionner les pratiques agricoles et changer complètement le modèle économique existant »…

« Il faut quand même se rappeler d’où on est parti » au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, rappelle Jacques Jaouen, président de la chambre d’agriculture de Bretagne. Une mission avait alors été impartie à  la Bretagne: « nourrir la France et assurer son autonomie alimentaire ».

L’objectif a été largement atteint, le « modèle agricole breton », un réseau de petites et moyennes exploitations performantes, est devenu « une référence au plan européen », selon M. Jaouen.

Avec 37.600 exploitations en 2008, les Bretons fournissent 56% des porcs français, 34% des poulets, 40% des dindes et 20% du lait. L’agriculture emploie directement environ 6% des actifs et à  travers l’agro-alimentaire génère indirectement 30 à  40% des emplois de la région, relève Jean Ollivro, universitaire…

Cette agriculture marquée par une très forte concentration géographique des élevages a eu un coà’t environnemental, même si de gros efforts ont ensuite été faits: la pollution des cours d’eau vaut à  la France des menaces de très fortes amendes de l’Union européenne; chaque été, les algues vertes envahissent les baies peu profondes…

D’autant que le « pilier de l’économie bretonne » est fragilisé: avec les crises successives (lait, porcs, volailles, légumes), « on observe une base de plus en plus étroite d’agriculteurs menacés, qui portent un poids de plus en plus considérable pour l’ensemble de l’économie régionale »…

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Dans l’agriculture comme dans la pêche, pourquoi ne pas envisager une différenciation artisanale et régionale de nos produits de terroir, respectueux d’un environnement de qualité ?

plutôt que de laisser de petites entreprises affrontées seules, d’un côté, la libéralisation des échanges et la pression sur les prix qui en résultent, de l’autre des coà’ts croissants par rapport à  l’environnement, l’énergie… ?

Ne pas entreprendre cette spécialisation « régionale » dans l’Europe aura raison de ce maillage « artisanal » qui fait aussi le charme de nos terroirs,

et laissera toute la place à  une mondialisation « hors » territoires dominée par de grandes puissances financières, des échanges qui déstructurent les tissus régionaux, ici et ailleurs, et l’approvisionnement de « masses de consommateurs » que nous sommes par quelques grands distributeurs.

Nous paierons parfois un peu plus cher, mais pas forcément non plus, pour des produits de qualité sachant que le prix payé fait vivre agriculteurs et pêcheurs de nos régions en harmonie avec notre environnement.

J’achète !

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Réforme de la Politique Commune des Pêches : un choix de société

A propos de l’article de Philippe Favrelière : Tout droit vers la privatisation des ressources halieutiques l’on comprend quelle manne extraordinaire peut représenter, pour de grandes « entreprises », la possibilité d’acheter et capitaliser des droits de pêche pour approvisionner le marché européen : un marché en croissance et le plus grand du monde en produits de la mer…

La ressource et les zones marines font partie des rares ressources mondiales qui ne sont pas encore complètement privatisées. Est-ce en rapport avec cela que la structure de la flottille européenne est restée fortement artisanale : 81% de cette flottille mesurait moins de 12m en 2005
dans l’UE des 25 ? Pas de surprises, les pays qui ont privatisé leurs ressources marines ont constaté une très forte concentration du secteur([Ce que note d’ailleurs un rapport de l’Union européenne à  propos de la pêche du hareng..)]

Cette pépinière « artisanale » représente autant de communautés de pêcheurs qui peuvent contribuer fortement à  l’émergence de régions spécialisées dans l’Union Européenne, justement parce qu’elles s’inscrivent dans des territoires économiques, sociaux, environnementaux, culturels… En donnant aux Régions les moyens et les prérogatives de devenir compétitives dans l’Europe sur la base d’une dynamique multi-sectorielle (dont la pêche), nous pouvons construire une Europe des Régions plus proche des hommes que celle d’un territoire dirigée par des firmes multinationales et la grande distribution !

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Le carburant de l’avenir se cache peut-être dans les algues

…L’une des raisons de l’enthousiasme suscité par les algues vient de leur appétit pour le dioxyde de carbone produit par la combustion d’énergies fossiles. « Nous pourrions tirer partie des rejets des industries polluantes en capturant ces rejets pour en nourrir les algues et empêcher ainsi le CO2 de continuer à  altérer le climat »…

Les algues affectionnent par exemple les marécages infestés de moustiques, les piscines mal entretenues et même les eaux usées. Et si aucun moyen n’a encore été trouvé pour mettre au point une production de masse, la course est lancée pour y parvenir…

Des laboratoires universitaires et des entreprises innovantes se sont positionnés sur ce créneau et au cours de l’été, le géant pétrolier américain ExxonMobil les a rejoints en annonçant un investissement de 600 millions de dollars dans la recherche sur les algues en partenariat avec une entreprise californienne de biotechnologies.

Si la recherche aboutit, cela signifiera que les chercheurs auront trouvé un moyen bon marché de convertir les lipides des algues en carburant…

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