Barracuda : comment les distinguer ?

Brochet de mer (Sphyraena sphyraena): 2 deux nageoires dorsales, des barres sombres peu ou pas visibles sur le dos et des écailles sur tout le préopercule. (Taille max : 1,65 m / Profondeur : 0-50 m)

Bécune à  bouche jaune (Sphyraena viridensis) : 20 à  23 barres sombres bien visibles sur le haut du dos et le bord postérieur du préopercule lisse, sans écailles.

Par différenciation, l’orphie (3ème dessin) et le balaou n’ont qu’une seule nageoire dorsale près de la queue et un museau en forme de bec long et pointu.

Cf. Patrick Louisy Guide d’identification des poissons marins. Europe et Méditerranée. Ulmer 2005

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« Tout fond fait son poisson »

 Les mots de Clairin* : «Je n’ai jamais fait de la plongée. Le fond, ça se voit pas à  l’œil mais on sent ce qu’on fait, on sent où on est. La bronde, ça vient de « bronder » : sauter… C’est à  dire que d’une certaine hauteur, tu sautes beaucoup plus bas, d’un coup. C’est le saut entre 18 et 20 brasses. Le fond de la mer change. La posidonie s’arrête. Tu as une autre végétation, tu as des coraux. Les couleurs changent, tout devient plus rouge, moins vert. Alors, les poissons changent. Les girelles d’un coup de noir, jaune, verte, elles deviennent plus rouges. Evidemment, on pêche beaucoup au « tomber de bronde ». Là , tu as des pierres, tu as des cavités, c’est un petit ravin. Alors, le poisson il aime ça. Y a du vivre et de la défense sur une pierre. Les pierres sont recherchées. C’est là  que se tient le beau poisson, et même s’ils naviguent les poissons de roche ont leur nid dans la roche, ils ont leur cave dans la roche. Quand je suis sur l’eau, sur le matelas, là  où la posidonie est la plus belle, n’importe quel poisson qu’il y aura dans le bateau, je te dirai s’il vient “de terre de bronde”([Entre la terre et la bronde)] ou « d’en dehors de bronde »(On dit aussi « fouare bronde ». Fouare signifie : « en dehors ». Les « pierres fouares » sont les roches au-delà  de la bronde.)à  moins que ce ne soit des poissons voyageurs

La terre, c’est un peu pareil. Si tu es en montagne, à  partir de chaque plateau tu as une végétation, des sortes de bêtes qui l’habitent ; les marmottes, les bouquetins ils sont à  une certaine hauteur Et encore il y a l’homme qui détruit ou qui façonne à  sa façon.. On dirige un peu sur la terre, c’est un peu artificiel tandis qu’à  la mer c’est chacun pour soi. A la mer chacun vit selon ses aptitudes et ses possibilités’

* Clairin Deines, ancien pêcheur du Brusc.

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Barracuda ou bécune : « La bécune aime l’eau douce ‘

Poisson du large et chasseur redoutable, comme le brochet en eau douce, il s’approche des côtes au début de l’été. Paraîtrait qu’il essaie d’avaler le poisson tête la première afin que les piquants soient couchés en arrière et deviennent inoffensifs. Le jeune barracuda évoque un petit morceau de bois flottant. On capture l’adulte toute l’année au battudon, à  la battude, au trémail ou à  l’escombrière([Le battudon a une nappe simple de grande hauteur pour la capture des rougets, le trémail a 3 nappes superposées et la battude comporte une nappe simple et un trémail à  sa base. Le battudon est parfois trémaillé à  sa base. L’escombrière est une battude dont les mailles sont adaptées à  la capture des pélamides, sérioles, bonites)]

Les mots de Clairin* : « Le brochet de mer, il aime un peu l’eau douce quand même. On le prend surtout quand il pleut à  terre. Dans le Golfe, il y a un « gour ‘ où il y a un ruisseau qui déverse. De suite, quand il pleut, l’eau est un peu plus douce. Ca finit par se mélanger mais quand ça arrive c’est là  que tu risques de marquer de bécunes. Il vivrait dans des fonds plutôt mous. ‘

* Clairin Deines, ancien pêcheur du Brusc

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Un nouvel eldorado disputé

A coups d’expéditions scientifiques, une course contre la montre s’est engagée, cet été, entre les Etats riverains de l’Arctique (Russie, Etats-Unis, Canada, Danemark et Norvège), « accélérée » par le réchauffement climatique : selon le National Snow and Ice Data Center de l’université du Colorado, la banquise n’a jamais été aussi réduite (4,24 millions de kilomètres carrés) ; elle devrait disparaître en été vers 2050.

Chaque pays a pour but d’étendre sa souveraineté dans le no man’s land polaire, en tentant d’établir devant l’ONU les preuves géologiques qu’il peut y prétendre. L’un des grands enjeux est d’obtenir des droits d’exploitation sur des fonds quasiment inexplorés, dont on soupçonne qu’ils recèlent d’immenses ressources pétrolières, gazières et minérales.

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Schéma de la couche d’ozone

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La Protection des peuplements de poissons dans la réserve naturelle de Scandola (Corse) influence-t-elle les performances de l’écosystème ?

P. Francour et P. Bodilis

E.A. 3156 « Gestion de la Biodiversité » Université Nice-Sophia Antipolis, Parc Valrose. F-06108 Nice cédex 2

Une étude l’ichtyofaune de la Réserve Naturelle de Scandola réalisée de 1989 à  1999, avec la technique d’échantillonage non-destructive de comptage visuel en plongée sous-marine, confirme les dimensions spatiales (effet refuge ) et temporelles (effet tampon) de l’effet réserve  :
– présence d’individus de plus grande taille, particulièrement pour les espèces ciblées par la pêche,
– présence d’espèces rares, particulièrement sur substrat rocheux,
– atténuation sensible des fluctuations saisonnières des densités moyennes,
– plus grande vitesse de récupération en cas de perturbation du peuplement…

La Protection des peuplements de poissons dans la réserve naturelle de Scandola (Corse) influence-t-elle les performances de l’écosystème ?

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Les aires marines protégées : un nouvel outil de recherche pour analyser les liens entre performances des écosystèmes et biodiversité

International Workshop on « Marine & Coastoal Protected Areas » 23-25 March 2005, Meknes-Morocco

Le lien entre performances des écosystèmes et biodiversité a été principalement étudié à  l’aide d’expérimentation en mésocosmes. L’analyse des données recueillies lors d’un suivi à  long terme du peuplement de poissons d’une aire marine protégée permet également d’étudier ce lien.
La production secondaire est un paramètre important dans la compréhension de la dynamique d’un peuplement de poissons et permet d’apprécier ses performances. Les méthodes de comptage visuel en plongée sous-marine de poissons sont fréquemment utilisées pour échantillonner les peuplements de poissons en zone littorale. Si la densité et la biomasse sont des paramètres toujours calculés, la production secondaire ne l’a par contre jamais été. La méthode de Hynes semble être la seule applicable pour calculer la production secondaire de peuplements de poissons échantillongés par comptages visuels. Cette méthode a donc été utilisée pour calculer la production secondaire des peuplements de poissons de la Réserve naturelle de Scandola (Corse). Les données de production secondaire montrent que la production secondaire est plus importante dans la réserve intégrale qu’à  l’extérieur, surtout pour les espèces recherchées habituellement par les pêcheurs professionnels. Ces données confirment donc la notion d’effet réserve initialement décrite mais permettent également de mettre en évidence une relation entre richesse spécifique et performances du peuplement.

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Soupe de méduses au menu

Soupe de méduses au menu

Vous préparez déjà  vos vacances au bord de la mer de l’été 2020 ? C’est prudent. Dans quelques années, il faudra réserver très tôt dans les complexes hôteliers ou les stations balnéaires qui auront les moyens de protéger leurs plages par de grands filets. Côté sable, il y aura les touristes qui barbotent, espèce apparue il y a moins d’un siècle avec les loisirs de masse. Côté large, la masse gélatineuse et souvent venimeuse des méduses, animaux vieux de 600 millions d’années, dont les proliférations cycliques menacent, à  très court terme, de devenir permanentes.

Sur ces plages artificiellement préservées, au bord de la Méditerranée par exemple, il faudra aussi apprendre à  se serrer davantage, pour faire un peu de place aux baigneurs qui avaient leurs habitudes sur les côtes des mers les plus fermées. « Les eaux de la mer Noire et de la Baltique sont d’ores et déjà  devenues des soupes de méduses », constate Jacqueline Goy, grande spécialiste française de ces espèces, associée à  l’Institut océanographique de Paris. Chercher refuge au bord des océans ou de mers lointaines, moins enclavées, ne sera pas forcément d’un grand secours. Déjà , des chercheurs ont montré en 2006 que, le long des côtes namibiennes, dans l’Atlantique sud, les méduses pesaient plus lourd dans la biomasse locale que tous les poissons. Dans le golfe du Mexique, des méduses géantes inquiètent, de plus en plus souvent, les pêcheries de crevettes. En mer du Japon, des monstres venimeux de 200 kilos, aux tentacules s’allongeant jusqu’à  35 mètres, se sont signalés par des proliférations de plus en plus marquées (Le Monde du 5 janvier 2006).

Vous pensez aux eaux de Californie ? Là -bas, il faudra peut-être s’habituer à  des compagnons de baignades encombrants, des calmars de 2 mètres qui semblent, d’après une étude publiée en juillet, commencer à  élire domicile bien plus près des côtes que dans le passé.

Partout dans le monde, les phénomènes de ce type se multiplient pour esquisser une tendance de fond, un avenir qui ressemblerait à  la vision de Jules Verne qui prédisait, dans Vingt Mille Lieues sous les mers, des océans vidés de leurs poissons et de leurs mammifères, et « encombrés de méduses ». Les causes de cette domination de plus en plus affirmée des invertébrés sont multiples, et parfois encore mal connues. Certaines semblent toutefois directement liées à  l’action des hommes, et pourraient être contrecarrées si ceux-ci s’en donnaient les moyens.

En Méditerranée, les proliférations de Pelagia noctiluca, comme celle qui a touché massivement, cet été, les côtes espagnoles, sont attribuées de plus en plus nettement par les spécialistes aux changements climatiques. Le nombre de ces méduses mauves, aux piqà’res très urticantes, connaît, tous les douze ans environ, des pics liés à  l’évolution de la température et de la salinité des eaux. « Cette relation bien établie en fait d’excellents marqueurs des changements de l’environnement dus au climat », explique Mme Goy. « La crainte, c’est qu’au dernier hiver anormalement doux, durant lequel les températures de l’eau ne sont pas passées sous les 14°C, en succèdent d’autres. Ce qui ne favoriserait pas la diminution du nombre de Pelagia noctiluca. Nous allons maintenant savoir très vite si elles conservent leur cycle de douze ans ou si elles sont vouées à  une prolifération permanente, ce qui serait un signal fort d’un changement radical de l’écosystème. »

A ces causes climatiques s’ajoute la surpêche de certaines espèces, comme les thons ou les tortues en Méditerranée, qui mangent des méduses. Celles-ci se retrouvent ainsi sans prédateurs, ou sans concurrents pour leur nourriture. Leur surnombre ne pourra, d’année en année, qu’accentuer ce déséquilibre.  » Les méduses sont des animaux carnivores qui ne connaissent pas la satiété », dit Mme Goy. « Elles sont faites pour manger tout le temps. Or, avec leurs filaments venimeux, elles peuvent causer des ravages équivalents, à  leur échelle, à  ceux des filets des pêcheurs. Plus elles seront nombreuses, plus elles décimeront les oeufs et les larves de leurs prédateurs ou de leurs concurrents. » En Baltique ou en mer Noire, les derniers bancs de harengs ou d’anchois sont ainsi en passe de disparaître. En Méditerranée, les autorités espagnoles tentent de réintroduire des tortues à  proximité des sites touristiques, pour rétablir l’équilibre.

Il faudra toutefois tenir compte de bien d’autres facteurs liés à  l’activité humaine. Le ruissellement des eaux transporte jusqu’à  la mer les engrais qui peuvent accroître, au bout de la chaîne alimentaire, la quantité de nourriture disponible pour les méduses. Mais c’est un autre type de rejets qui inquiète particulièrement Jacqueline Goy. « Les hormones contenues dans les pilules contraceptives ou les traitements de la ménopause, une fois rejetées par les urines, ne sont pas éliminées par les stations d’épuration. Elles se retrouvent dans la mer, avec les mêmes effets : blocage de la fécondation et féminisation des poissons. Les fermes d’aquaculture ont été les premières à  constater une augmentation du nombre de femelles. Depuis, des observations ont montré que, malgré des moratoires draconiens, les stocks de certaines espèces de poissons ne se reconstituent pas. »

Ce mécanisme, qui doit encore être confirmé par des études en cours, donnerait encore un nouvel avantage aux méduses dont la reproduction, très complexe, est partiellement asexuée. Et pas qu’à  elles : les salpes, de petits organismes translucides, qui forment des colonies pouvant atteindre 40 mètres de long, disposent également d’une reproduction par bourgeonnement qui permet des pullulations fulgurantes. « Ces animaux, herbivores, sont en train d’envahir l’océan austral et d’y dévorer d’énormes quantités d’algues microscopiques », explique Mme Goy. « La baisse de la quantité de ce phytoplancton peut avoir des répercussions graves : elle diminue encore la capacité d’absorption du CO2 par la photosynthèse. »

Pour la biologiste, cette inégalité des espèces aquatiques face aux perturbations des processus de reproduction crée « un déséquilibre qui perturbe fondamentalement le fonctionnement de l’océan, puisqu’il dévie la production vers des espèces sans intérêt ». Sans prise de conscience rapide de ces risques, la soupe de méduses et d’invertébrés pourrait très vite se révéler indigeste pour l’espèce humaine.

Les clés

SéCURITé. Filets : Cannes puis Monaco ont été les deux premières stations balnéaires de Méditerranée à  déployer des filets en 2007 sur certaines plages pour protéger les baigneurs contre les méduses.
Brà’lures : en 2006, les autorités espagnoles ont recensé 70 000 personnes soignées pour des brà’lures et des allergies consécutives à  des contacts avec des méduses.

UTILISATION. Des chercheurs japonais ont publié, en février, leurs travaux sur un nouveau procédé d’extraction de la mucine des méduses, une protéine qui pourrait jouer un rôle important d’additif, dans les années à  venir, pour des produits alimentaires ou des protéines. Les scientifiques estiment qu’avec l’explosion du nombre de méduses ramassées par les pêcheurs, cette substance pourrait se substituer à  l’avenir, dans de plus grandes quantités, à  celle qui était prélevée sur les porcs ou les vaches. Par ailleurs le collagène est déjà  extrait des méduses pour confectionner de fausses peaux biologiques pour les grands brà’lés. Leur gêne de la bioluminescence a permis de mettre au point les techniques de génie génétique

à€ LIRE. Medusa, Guido Mocafico, Steidl Publishing 2006.
Les miroirs de méduse : Biologie et mythologie, Jacqueline Goy, Apogée 2002.

Jérôme Fenoglio

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L’impact des pesticides : « Dans l’Hexagone, des produits sur la sellette « 

LES PESTICIDES laissent des traces sur les grappes de raisin que vous achetez au marché, dans l’air que vous respirez, les fleuves, les nappes phréatiques… Mais quels sont leurs effets sur les hommes, les poissons, les abeilles en France, qui est le troisième consommateur au monde d’insecticides, herbicides et fongicides ? (…)
Des nappes souterraines et des rivières souillées
La consommation massive de pesticides entraîne une « pollution chronique ‘ des eaux jugée « préoccupante ‘ par l’Institut français de l’environnement. Selon ce dernier, 96 % des rivières et 61 % des nappes souterraines sont concernées, ce qui lui vaut les coups de semonce réguliers de la part de la Commission européenne. Cette présence conduirait à  une fragilisation des populations aquatiques : baisse des « performances de reproduction ‘ des poissons et vulnérabilité accrue à  la prédation.
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Biodiversité : le déclin continue

Extraits – LE MONDE | 12.09.07


41 415 espèces animales et végétales (sur environ 1,75 million d’espèces connues) recensées par l’Union mondiale pour la nature (UICN).

“Le débat a tendance à  se concentrer sur le nombre d’espèces, alors qu’il faudrait réfléchir en termes d’espaces… Ce qui importe, c’est de sauvegarder la diversité des milieux, pas de montrer une sorte d’acharnement thérapeutique à  conserver toutes les espèces.”

Même si elle se « contente » de répertorier les espèces et de les classer en huit catégories selon le degré de menace d’extinction, la liste rouge de l’UICN, actualisée annuellement, reste le plus complet des indicateurs de la biodiversité.

16 306 espèces menacées à  des degrés divers et 65 espèces éteintes à  l’état sauvage.
« Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70 % de toutes les plantes évaluées sont en péril… Cela concerne notamment : les coraux, dont deux espèces des îles Galapagos considérées « en danger critique d’extinction » ; le dauphin du Yangzi, ou baiji (cétacé d’eau douce)…


Pour lire l’article en entier…

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